MÉDICATIONS AUXILIAIRES. — HYGIÈNE
lation, de nutrilion, d'innervation, etc. Bien plus souvent que l'homme, la femme syphilitique est exposée à ces troubles viscéraux secondaires que je vous ai décrits dans Tune de nos réunions précédentes. C'est sur elle — non pas exclusivement, mais le plus habituellement — que nous voyons la vérole aboutir à l'anémie, à l'asthénie, à la perte des forces, à l'amaigrissement, à la langueur, à la détérioration de tout l'être, voire parfois à des troubles généraux assez graves pour compromettre l'existence. Sans doute la syphilis ne revêt pas ces formes alarmantes chez toutes les femmes; mais elle les revêt dans le sexe féminin beaucoup plus souvent que dans le nôtre. Donc, la santé de la femme syphilitique demande à être surveillée par le médecin avec une attention spéciale, et donne lieu fréquemment, en dehors de la médication antidiathésique, à des indications diverses auxquelles il est urgent de satisfaire.
En conséquence je ne saurais assez insister près de vous. Messieurs, sur le conseil que voici : Donnant vos soins à une femme . syphilitique, ne vous bornez pas à la traiter en tant que syphilitique; ne croyez pas avoir tout fait quand vous lui aurez prescrit du mercure, car il y a pour vous autre chose à faire. Observez cette femme comme une malade; interrogez toutes ses fonctions; ayez l'œil sur son état général, en un mot veillez à sa santé. Cela, croyez-moi, est tout aussi important et bien plus médical que de li miter son horizon aux symptômes purement extérieurs de la diathèse.
C'est dans ce but, Messieurs, qu'il vous faudra d'abord donner toute votre attention à V hygiène de vos clientes, vous informer des détails de leur vie habituelle, de leur régime, de leurs occupations, du temps qu'elles consacrent à la marche, au sommeil, etc.; c'est dans ce but qu'il vous faudra leur faire comprendre — ce qui n'est pas toujours facile dans un certain monde — la nécessité d'unevie calme et d'habitudes régulières, leur recommander une alimentation tonique, où la viande et le vin entreront pour une large part, un exercice quotidien, un temps de sommeil suffisant, etc, etc.
C'est dans ce but aussi que vous aurez souvent à leur prescrire les divers agents de la médication tonique et reconstituante : le fer, en premier lieu, le fer qui nous est éminemment précieux pour combattre la chloro-anémie, l'asthénie syphilitique, et tous ces phénomènes de langueur, de dépression générale, qui sont si communs chez la femme pendant la période secondaire ; — le quinquina; — les amers; — l'huile de foie de morue; — les bains stimulants, révulsifs de la circulation capillaire (bains salés, sulfureux, etc.); — les eaux minérales sulfureuses (Uriage, Cauterets, Aix en Savoie, Luchon et autres) ; — les douches froides et l'hydrothérapie, qui m'ont souvent donné d'excellents résultats; — les bains de mer; — le séjour à la mer, à la campagne, etc., etc. Je vous le répète encore. Messieurs, tous ces agents reconstituants sont, dans bien des cas, les auxiliaires indispensables de la médication spécifique, et contribuent souvent autant qu'elle au succès définitif que poursuivent nos efforts.
Enfin, un dernier conseil.
Ce long programme thérapeutique ponctuellement suivi, religieusement observé, que vous restera-t-il à répondre au malade qui, après tant de traitements et d'épreuves, viendra vous rendre une dernière visite et ne manquera jamais (soyez-en sûrs) de vous poser la question suivante : « Enfin, docteur, suis-je quitte avec la vérole? Suis-je enfin délivré de ma maladie? Me croyez-vous guéri, radicalement guéri? »
Ce que vous devrez répondre en pareil cas, Messieurs, c'est ce que vous pensez, ce que la science vous donne le droit de croire ou d'espérer.
Or, ce que vous pensez, c'est que votre malade, traité suivant la rigoureuse méthode que nous venons de spécifier, a toutes chances pour être délivré de son mal dans le présent et l'avenir, pour ne plus éprouver d'accidents, pour « être quitte » avec la diathèse. — Gela, vous pouvez le dire, vous êtes moralement autorisés à le dire.
Mais ce que vous pensez aussi, c'est qu'en dépit de tous vos