‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 5 sur 263 · SYPHILIS EXPÉRIMENTALES · texte numérisé non relu

SYPHILIS EXPÉRIMENTALES

d'un genre tout différenl, qui, voulant pcnélrer le secret de certaines questions relatives à la syphilis, se sont choisis eux-mêmes pour sujets d'observation, ont porté la lancette sur eux-mêmes, se sont inoculé à eux-mêmes la vérole. Honneur à ces derniers, honneur au courage de ces véritables curieux de la science !

D'une façon ou d'une autre, l'homme servant ainsi de sujet à expérience, on lui a communiqué la vérole, et cela, Messieurs, de toutes les manières possibles, par tous les procédés imaginables. D'une part, on lui a inoculé différents liquides empruntés à des sujets vérolés, pus de chancre, de plaques muqueuses, de condylomes, de tubercules ulcérés, de pustules secondaires, d'acné; — lymphe de papules sèches; — sang de malades syphilitiques, etc. D'autre part, afin de mieux assurer l'absorption et la pénétration du virus dans l'économie, on a varié le plus ingénieusement du monde les procédés d'inoculation : piqûre à la lancette, Jncision, scarification du derme qu'on recouvrait ensuite de charpie bien imprégnée du liquide en expérience, vésicatoire, grattage, abrasion de la peau, "voire injections sous-cutanées!

De la sorte s'est trouvée constituée une véritable collection de faits qui, recueillis dans des conditions spéciales, à l'abri des incertitudes et des causes d'erreur de l'observation commune', peuventêtrc utilementet sûrementconsultés pourlasolutiondedivers problèmes. De la sorte s'est trouvé réuni, pour nous servir de guide dans les questions que nous aurons à débattre, un ensemble de données précises et positives, assez chèrement acquises pour être désormais irrécusables et servir de base à une saine doctrine de l'évolution naturelle de la syphilis.

Or, Messieurs, pour en venir au sujcl que nous avons actuellement à discuter, de par les données de ces cas de syphilis oxpérimonlalc, comme aussi de par les résultats d'une saine observation cliniqnr, ilcstacquis aujourd'hui, et cela bien définitivement, que la syphilis, chez, l'homme du moins, obéit dans son éclosion et dans son développement général à de certaines règles fixes, auxquelles on pourrait, sans trop de prétention, donner le nom de lois.

Ces lois, si vous me permettez de les appeler ainsi, je vais

essayer de VOUS les formuler, d'abord, puis de les justifier à vos yeux par une discussion mélhodique.

C'est à l'exposé de ces lois que je consacrerai notre première conférence; car, de cet exposé résultera immédiatement pour vous une idée d'ensemble sur l'évolution de la maladie, sur son allure, sa physionomie générale, ses phases diverses et successives.

Voici ces lois :

1. La syphilis n'a pas de gencsse spontanée, actuellement dn moins. Elle résulte toujours d'une contagion, d'une inoculation, de la pénétration matérielle d'une substance virulente spéciale dans l'organisme.

U. L.e premier phénomène appréciable tiui résulte de cette contagion, de cette pénétration du virus dans l'organisme, ne se manifeste jamais qu'après un laps de temps plus ou moins long, constituant une incubation véritable.

III. Le premier phénomène appréciable qui résulte de la contagion ou de l'introduction artificielle de la matière virulente dans l'organisme, se manifeste toujours au lieu même où a pénétré cette matière, en ce lieu et non ailleurs.

IV. L'accident primitif résultant iu sitU de la contagion reste tou» jours isolé, solitaire, pour un certain temps, temps pendant lequel il constitue ou parait constituer l'expression unique qui trahit la maladie.

V. Ce n'est qu'au delà de ce temps qu'à cet accident d'apparence toute locale succède une explosion d'autres symptômes multiples et variés, lesquels différent essentiellement de l'accident initial en ce ffu ils ne sont plus localisés comme lui au point même où s'est exercée la contagion, mais disséminés en divers points, et susceptibles d'afrec^cr tons les tissus, tous les organes, i

Exprimées ainsi d'une façon abstraite et magistrale, ces lois peuvent vous sembler obscures en certains points. Quelques com-

menlaires suffiront, comme vous allez le voir, à vous les rendre des plus claires.

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