‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 52 sur 263 · PLÉIADE · texte numérisé non relu

PLÉIADE

Quand il existe d'une façon bien nette, certes il a son prix. Mais quand il n'existe pas ou quand il est douteux, son absence ne suffit pas à contrc-indiquer la nature spécifique de l'adénopathie. ^^'insistons donc pas davantage et passons à un autre caractère bien autrement précieux pour le diagnostic.

2" Le bubon du chancre syphilitique « est très-habituellement poly ganglionnaire. »

C'est-à-dire qu'au lieu de trouver au voisinage de ce chancre un seul ganglion affecté de la façon que je viens de spécifier, on en trouve généralement p^îtsieurs; plusieurs, depuis deux jusqu'à quatre, cinq, six, et même davantage en certains cas.

Cette multipUcité des glandes affectées par le chancre ne s'observe, bien entendu, que dans les régions riches en ganglions (l'aine, par exemple); et, nécessairement aussi, elle fait défaut dans les régions où un seul ganglion est l'aboutissant exclusif d'un département tégumentairc. Cela va sans dire, car la syphilis ne saurait créer de toutes pièces des ganglions au sein du tissu cellulaire; elle ne fait que développer ceux qui y existent normalement.

Lorsque plusieurs ganglions voisins sont ainsi affectés simultanément sous l'influence du chancre, ils composent ce que M. Ricord a appelé d'une façon très-pi Itoresque une PLÉIADE. Dénomination heureusement trouvée et devenue classique de nos jours.

La pléiade ganglionnaire est donc un groupe de ganglions voisins engorgés spécifiquement et offrant, chacun en ce qui le concerne, l'ensemble des caractères précités.

Tous les ganglions qui composent cette pléiade ne sont pas égaux en volume. Il en est de gros, et il en est de petits relativement. Presque toujours aussi, comme l'a très-bien signalé M. Ricord, il en est un notablement plus développé que les autres. C'est celui auquel aboutissent directement la plupart des lymphatiques provenant du département cutané ou muqueux affecté par le chancre. On l'appelle le ganglion direct ou anatomique de la pléiade.

Ce qui est plus important à noter, c'est que tous les ganglions de la pléiade présentent comme caractères communs une indolence absolue, une absence absolue de phénomènes inflamma-

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toires. Ils sont indépendants les uns par rapport aux autres. Ils ne sont pas moins indépendants et de la peau et du tissu cellulaire sous-jacent. Us restent libres et mobiles, en sorte qu'avec le doigt on parvient aisément à les circonscrire, à les compter, à les faire rouler sous les téguments. Telle est, en général, leur indolence, telle est leur indépendance réciproque, telle est aussi leur mobilité singulière, qu'on a pu les comparer « à des corps étrangers sous-cutanés, à un groupe de noisettes introduites sous la peau ».

C'est à l'aine, vous le savez de reste, Messieurs, qu'on observe surtout la pléiade chancreuse. Et il est à cela une double raison : c'est, d'une part, que les chancres génitaux ou péri-génitaux sont, de tous, les plus communs, et de beaucoup; c'est, d'autre part, que l'aine est une région des plus riches en glandes lymphatiques.

J'ai eu déjà et j'aurai encore de nombreuses occasions de vous montrer, de vous faire palper la pléiade chancreuse sur le vivant. Mais je puis aussi vous la montrer anatomiquement. La voici.

Les trois pièces que je mets sous vos yeux en ce moment sont des pléiades chancreuses recueillies sur le cadavre. Trois femmes, affectées de chancres syphilitiques vulvaires, ont succombé dans cet hôpital à des maladies intercurrentes. Nous avons soigneusement disséqué sur elles les régions inguinales, de façon à bien isoler les groupes ganglionnaires que je vous présente*.

1. Ces Irois pièces sont déposées au musée de Lourcine. — Voici la description complèlc qu'en a donnée mon interne actuel, M. Clcrmont.

« Première pièce. — Celle-ci, fixée sur une planche de liège, montre les pléiades inguinales et iliaques dans leurs rapports avec les vaisseaux ilio-fémoraux. L'arcade crurale y est conservée et sépare en deux séries très distinctes les groupes gangHonnaires. Le groupe ganglionnaire inférieur, reposant sur une niasse de tissu graisseux, se coni]iose de sept ganglions. Deux de ces ganglions, plus petits que les autres, sont comparables chacun à un gros noyau de cerise; un autre représente, comme volume et comme forme, nn liaricot; trois ont la proportion d'une olive; le plus interne est gros comme uno petite noix; c'est celui-ci qui évidemment constituait le ganglion direct de la pléiade. Ces divers ganglions recouvrent les vaisseaux, qu'ils débordent latéralement, surtmii du côte interne.

» Au-dessus de l'ai cadc fémorale se trouvent quatre ganglions, étages le long des ▼aisseaux iliaques sur une hauteur de i à 5 centimètres. Ces ganglions présentent,

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