TROUBLES DE L'ÉTAT GÉNÉRAL
tenses, ont un visage superbe, les couleurs les plus fraîches et l'aspecl le plus rassurant d'une santé parfaite.
Sachons bien cela, Messieurs, et ne partageons pas le préjugé des gens du monde pour lesquels il n'est de femmes syphilitiques que les femmes étiolées, à teint blême, à faciès étique. Sachons bien que la vérole a parfois de belles couleurs, l'œil vif, le teint frais et la mine épanouie.
Mais souvent aussi, et bien plus souvent, la santé de la femme syphilitique est altérée, modifiée, troublée de différentes façons et à des degrés divers. Chez un certain nombre de femmes, la syphilis crée un état véritable de maladie, déprime les grandes fonctions par l'intermédiaire probable du système nerveux, altère la crase du sang, change la manière d'être de l'individu, modifie la constitution, diminue la résistance vitale, exerce en un mot sur toute l'économie une influence dépressive des plus manifestes. Cette action générale du virus se traduit le plus habituellement par une diminution notable des forces, un appétit moins vif, une langueur inusitée, un affaissement notable de toutes les fonctions, une certaine altération du teint, allant parfois jusqu'à la pâleur de l'anémie, un amaigrissement très appréciable, un changement marqué dans la physionomie, souvent même une modification dans les habitudes, le caractère, l'enjouement, la gaieté, les aptitudes habituelles, etc. Bref, sous une forme ou sous une autre, la femme syphilitique paraît alors réellement malade; une modification s'est produite en elle; sa santé s'est troublée.
Mais de quelle façon la santé s'est-elle ainsi troublée? On dit généralement : ce qui se produit en pareil cas n'est rien autre qu'une chloroanémie. Cela est vrai, mais cela n'est qu'incomplètement vrai. Car, descendant à l'analyse des phénomènes, si nous venons à en étudier la nature, à rechercher quelles fonctions sont en souffrance, à fouiller en un mot la pathogénie et l'enchaînement de ces troubles morbides, nous ne tardons pas à remarquer ceci : c'est que les femmes syphilitiques ne sont pas toujours touchées de la même façon par la maladie; que chez l'une, par exemple, telle fonction, tel système paraît surtout atteint, tandis que chez l'autre ce système est intact, cette fonction reste respectée, mais pour
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laisser place à d'autres troubles qui faisaient délaut chez la première. C'est qu'il existe en eflet de grandes variétés dans le mode d'influence que la syphilis exerce sur les divers sujets; et lachloroanémie est loin de rendre compte de tous les troubles observés.
Quelque variée toutefois que puisse être cette influence, on parvient par une analyse méthodique à dégager deux types principaux sous lesquels elle s'accuse.
D'après moi, la femme touchée par la syphilis dans son état général se présente le plus habituellement sous l'un ou l'autre des deux aspects suivants : la chloroatiémie ; — V asthénie.
Précisons.
La première forme, la chloroanémie , est celle que tout le monde admet. Beaucoup de femmes syphilitiques, à la période secondaire, deviennent manifestement chloroanémiques. Ce qu'on observe alors se résume en ces divers symptômes : décoloration de la peau et des muqueuses ; — face pâle, terne, plombée, un peu jaunâtre; — faiblesse générale, alanguissement, incapacité d'accomplir sans fatigue le travail habituel; — amaigrissement léger; — palpitations, surtout dans la marche, l'exercice, l'ascension des escaliers, etc.; — tous phénomènes habituels de l'anémie, auxquels correspondent des signes stélhoscopiques plus ou moins accentués, à savoir: souffle cardiaque doux, au premier temps et à la base; souffle vasculaire, intermittent ou continu avec redoublement, offrant môme parfois un timbre musical (bruit de mouche, sifflement modulé).
A ces phénomènes essentiels et primordiaux s'ajoutent encore le plus souvent, comme dans l'état chloroanémiquc, soit des troubles divers des fonctions digestives (appétit diminué ou capricieux, gastralgie, dyspepsie, etc.), soit des désordres multiples et variés du système nerveux : névralgies diverses, viscéralgics, susceptibilité nerveuse exagérée, étourdissements, vertiges, éblouissements, etc., etc..
Vous reconnaissez là. Messieurs, cette forme d'élat général qu'on trouve partout décrite sous le nom de chhroancmie dia- Ihésique, syphUilique.
Ce type est très commun, ici et ailleurs. Mais ce n'est pas là le