‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 73 sur 263 · ASTHÉNIE SECONDAIRE. U · texte numérisé non relu

ASTHÉNIE SECONDAIRE. U

type unique, exclusif, sous lequel se présente la femme sypliilitique. Il en est un autre, peut-être aussi fréquent, qui, pour ne se trouver ni dénommé ni décrit nulle part, n'en est pas moins réel et cliniquement vrai. Celui-ci, je l'appelle asthénie ou langueur syphilitique.

Il diffère du premier en ce qu'avec des symptômes analogues ou même plus accentués, il ne paraît pas résulter de cette altération particulière du sang qui constitue l'anémie. D'une façon sommaire, en effet, ce qu'on observe dans cette seconde forme d'état général consiste en une sorte de langueur et de dépression profonde de l'économie, sans le faciès, sans les signes de la déglobu- Usalion chloroanémique.

D'une part, Messieurs, ces malades en langueur que je vais vous décrire ne se présentent nullement — au moins dans le type pur qui nous occupe — avec l'extérieur habituel des femmes anémiques. Leur teint n'est que légèrement modifié; quelques-unes conservent même un aspect assez satisfaisant; elles « payent de mine », comme elles le disent. D'autre part, l'auscultation ne révèle sur elles aucun souffle au cœur ni dans les vaisseaux. Rien n'autorise donc, ni l'habitus extérieur, ni les signes physiques, à considérer ces femmes comme affectées d'anémie.

Et cependant elles se plaignent d'une faiblesse générale, d'un accablement singulier dont elles ne peuvent elles-mêmes s'expliquer la cause, voire quelquefois d'un anéantissement véritable. Elles ont été forcées de renoncer à leurs occupations journalières, de quitter leur travail habituel dont elles n'étaient plus capables; elles sont, disent-elles, « toujours fatiguées, même sans avoir rien fait». A l'hôpital, nous les voyons garder le lit la plus grande partie de la journée. Leur fait-on reproche d'une semblable inertie, elles répondent qu'elles n'en sont pas coupables, qu'elles se sentent les jambes brisées, les membres engourdis, courbaturés et « moulus ». Se lèvent-elles, elles ne marchent qu'avec peine, lentement, lourdement, à la façon des malades en convalescence; debout, elles éprouvent aussitôt le besoin de s'asseoir, et elles accusent le sentiment d'une défaillance prochaine dès qu'elles veulent se contraindre à faire quelque exercice. Enfin, si comme contrôle on vient à apprécier leurs forces au dynanomètre, on constate une

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