‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 81 sur 263 · SY1>I11L1DES ÉR YT H ÉM ATE U S E S · texte numérisé non relu

SY1>I11L1DES ÉR YT H ÉM ATE U S E S

11 lésiille en effet de l'expérience commune qu'elle lail le plus hiibiluellcment son apparilion vers le quarante-cinquième jour de la maladie (en comptant non pas de l'origine de la contagion, mais, ce qui est plus pratique, du jour où s'est produit l'accident primitii).

Ce n'est pas à dire toutefois qu'elle ne puisse se manil'ester à un stade plus reculé de la diathèse. Il est très commun au contraire de la rencontrer à une époque quelconque de la première année, dans le cours de la seconde année ou même au delà, lorsqu'un traitement mercuriel en a retardé l'apparition ou lorsqu'elle récidive. Mais dans les cas de cet ordre, c'est-à-dire alors qu'elle s'éloigne du terme auquel normalement elle est appelée à figurer dans l'évolution naturelle de la maladie, il est à remarquer qu'elle ne se présente plus avec les mêmes caractères, qu'elle est généralement modifiée, altérée dans sa forme, comme j'aurai bientôt l'occasion de l'établir.

Sous son type normal elle consiste en ceci : une éruption plus ou moins confluente et disséminée de taches érythémateuses.

Ce sont des taches qui la constituent, et rien autre ; des taches sans saillie, sans squames, sans altération appréciable de l'épiderme ou du derme cutané. Ces taches sont ce que seraient des maculatures faites à la peau, soit avec un pinceau, soit avec le doigt chargé de couleur.

Étudions d'abord ces taches en elles-mêmes; plus tard nous parlerons de leur disposition réciproque, de leur distribution, de leur confluence et de leur évolution.

Comme étendue, les taches de la roséole varient de la surface d'une petite lentille, d'un pépin de poire, à celle d'une pièce de 20 à 50 centimes ; rarement elles sont plus larges, si ce n'est dans le cas où plusieurs d'entre elles, situées au voisinage les unes des autres, viennent à se fusionner de façon à constituer des plaques d'une étendue double ou triple environ.

Leur coufîrjwalion ne présente rien de spécial. Elles sont en général irrégulièrement arrondies; mais on en trouve de toutes formes, d'nvalaircs, d'elliptiques, d'allongées, de dédiiquelécs sur leurs bords, etc.

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Leur coloration varie suivant leur âge : naissantes, elles offrent une teinte d'un rose tendre, d'un rose fleur de pécher ; — adultes (passez-moi l'expression), elles sont d'un rose plus foncé, plus sombre, d'un rose rougeâtre comparable à la coloration habituelle de la rougeole; — plus vieilles et tendant à se faner, elles prennent un ton d'un rose jaunâtre, fauve, et deviennent comme maculeuses.

Parallèlement à cette succession de teintes, on observe ceci : au début, les taches pâhssent et disparaissent absolument sous la pression du doigt; — plus tard, elles ne s'effacent qu'incomplètement; — plus tard encore, elles ne s'effacent plus du tout.

Les taches de la roséole sont absolument indolentes; elles n'éveillent ni chaleur, ni prurit. Aussi restent-elles très souvent ignorées du sujet qui les porte. Très souvent, en pratique, le médecin est le premier à en constater l'existence et à les montrer au malade étonné.

Au point de vue de leur disposition, elles semblent semées au hasard et ne présentent rien de fixe. On a dit qu'elles peuvent se grouper en cercles, en croissants, les unes par rapport aux autres. Je n'ai rien observé de semblable, quant à moi, et je tiens au contraire pour certain que la roséole est une des syphilides qui affectent le moins de tendance à la configuration cerclée.

Ces taches ont une confluence ysni^hle. A moins que le mercure ne soit intervenu de bonne heure, il est assez rare de n'en trouver qu'un petit nombre; presque toujours, elles sont assez abondantes pour tigrer la peau, en laissant entre elles toutefois des portions relativement considérables de téguments sains. Quelquefois encore elles sont si nombreuses et si rapprochées les unes des autres que certaines régions en sont littéralement criblées.

Comme siège, les régions qu'elles affectent de préférence sont : les flancs et les parties latérales du thorax (points où elles font en général leur apparition première), l'abdomen, la poitrine et le dos. — Elles sont encore assez communes sur les membres, spéfialement sur leur face inlerne. — Elles sont, au contraire, très rares sur le visage (sauf au niveau du front, près de la racine

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