III. — Croûte adhérente
IV. Croûte brune, d'un ton toujours foncé, souvent même presque noire ;
V. — Croûte enchâssée dans les bords de rucération sous-jacente, qui lui servent de cadre.
310 SYPIIILIDES l'USTULO-CRUSTACÉES.
Gomme pour toutes les syphilides pustulo-crustacées, la résohition de cette forme éruptive se fait par le détachement des croûtes et la cicatrisation de la plaie sous-jacente. Cette plaie laisse toujours à sa suite une macule brunâtre, qui demande un certain temps pour s'effacer, et une cicatrice superficielle qui tantôt disparaît, tantôt persiste d'une façon plus ou moins apparente.
L'impétigo syphilitique constitue encore une variété assez bé- •nigne de syphilide, car d'une part il guérit facilement, et d'autre part il ne comporte pas pour l'avenir de signification pronostique menaçante. Toutefois, lorsqu'il est assez confluent, et plus encore lorsqu'il se montre de bonne heure chez des sujets lymphatiques, blonds, à chairs flasques, à constitution molle, il est d'un assez fâcheux augure , car il annonce une certaine tendance de la maladie aux formes humides, suppuratives et ulcéreuses. Cette remarque est surtout applicable auxfemmes. Méfiez-vous de l'avenir, messieurs, quand sur une jeune femme de santé délicate, de tempérament lymphatique, vous verrez apparaître l'impétigo à une période précoce de Finfection secondaire \
Ce que nous venons de décrire est l'impétigo bénin. Mais il est
1. L'impétigo syphilitique se dif^rencie en général des impétigos d'autre nature par divers caractères que voici : ses croûtes sont d'un ton ocreux, plus foncé que les croûtes nielliformcs, dnrée^, soufrées, llavcsccntes, de l'impétigo vulgaire: — elles sont plus disséminées et forment moins souvent de larges nappes; — elles affectent parfois la forme circulaire; — elles sont plus dures, plus sèches, plus cassantes ; — elles occupent de préférence certains sièges assez spéciaux, etc.. Mais on se tromperait fort si l'on comptait trouver à coup sûr dans les signes qui précèdent un témoignage démonstratif de la spécificité de l'éruption. Ces divers signes peuvent faire défaut ou être assez peu caractéristiques pour ne pas fournir de réels éléments de certitude. Si bien que, dans nombre de cas, le diagnostic de la lésion ne peut être établi que sur la considération des symptûmcs antérieurs ou concomitants, comme aussi sur l'exclusion des autres causes susceptibles de produire un exanthème de ce genre.
D'une façon générale, d'ailleurs, je dois dire qu'on a beaucoup exagéré la valeur qu'il convient d'accorder aux signes objectifs des éruptions pour le diagnostic des syphilides. Ce diagnostic, certes, peut être formulé parfois d'après certains caractères locaux réellement pathognomoniques ; mais le plus souvent il réside dans les données d'ensemble fournies parles phénomènes antérieurs, par les symptômes contemporains, par l'évolution générale de la maladie; il réside, en un mot, moins dans l'appréciation d'une manifestation isolée que dans l'examen complet du malade, complot lant au point de vue de la diathèse que de la santé générale, de la constitution, du lemperamenl, des antécédents morbides, ctc ..
IMPÉTIGO IlODENS. 3H
une autre forme de cette même sypliilide qui présente un caractère bien plus sérieux, bien plus menaçant. Celle-ci est dite Vimpetigo roclens.
Elle se distingue de la variété précédente : 1" par l'aréole inflammatoire de ses pustules, qui est plus large, plus rouge, d'un ton vineux, violacé, livide ; — 2' par le caractère de ses croûtes qui sont plus résistantes, plus fermes, plus semblables à celles de l'ecthyma; — 3° et surtout par Vulcération que recouvrent ces croûtes. Ce qu'on observe ici, en effet, n'est plus, comme dans l'impétigo bénin, une érosion superficielle du derme; c'est une entaraure profonde de la peau, c'est une perte de substance, c'est un w^cère véritable, qui non seulement corrode le point oû il se développe, mais, de plus, tend à s'élargir et menace les tissus voisins.
Cet ulcère est de forme arrondie (du moins à son début); il es plus ou moins creux, à bords entaillés et à fond jaunâtre. Mis à nu par la chute de la croûte, il suppure abondamment, et offre un aspect général qui n'est pas sans quelque analogie avec le chancre simple. Du reste, il ne conserve guère cette apparence; car à peine découvert, il ne tarde pas, s'il est abandonné à lui-même, à se revêtir de nouvelles croûtes.
Non traité, il s'étend excentriquement, et toujours ses ravages se font à couvert, de la façon suivante. L'épiderme se soulève à son contour en forme de pustule annulaire; cette zone pustuleuse s'encroûte, et la croûte nouvelle ainsi constituée masque les progrès de l'ulcération sous-jacente. Le processus ulcéreux continue ensuite à progresser de la même façon, et de la sorte la lésion acquiert parfois des dimensions considérables.
Plusieurs de ces pustulo-croûtes sont généralement réunies les unes au voisinage des autres sur une région donnée. 11 n'est pas rare que, par le fait de leur accroissement excentrique, quelquesunes d'entre elles se rejoignent et se fusionnent, de façon à constituer des nappes impétigineuses de la largeur de la paume de la main, voire d'une étendue supérieure.
Cette forme de l'impétigo ne se généralise jamais. Son propre est de se concentrer sur une région; et, par un triste privilège, c'est la face qui en est le plus fréquemment affectée.