III. Périonyxis ulcéreux
1. — Le férionyxis sec comprend deux variétés très distinctes : 1° La forme squameuse ; — 2° la forme cornée.
4° La forme squameuse est simplement constituée par une svphilide papulo-squameuse se produisant au voisinage de l'ongle, soit sur l'un de ses bords, soit à l'extrémité du doigt ou de l'orteil, sous la portion libre de la lamelle unguéale.
Cette forme n'offre rien de spécial que son caractère habituellement assez rebelle. Il suffit de la signaler.
2° La forme cornée pourrait être dite cor ou durillon syphilitique péri-unguéal. Elle consiste uniquement en un épaississement de l'épidermc qui borde les parties latérales de l'ongle.
Ses symptômes sont des plus simples. Au niveau du point où la peau se réfléchit pour encadrer l'ongle, il se produit un petit bourrelet longitudinal, légèrement saillant, constitué par une hypergenèse du tissu épidermique normal. Ce bourrelet s'accroît, devient très dur et réellement corné. Il forme alors un véritabb cor péri-unguéal.
Complètement indolente tout d'abord, cette lésion ne tarde pas à s'irriter sous l'influence des frottements et à agacer les malades qui cherchent à l'arracher, qui la déchirent, qui l'écorchent, et cela sans parvenir toutefois à s'en débarrasser, car de nouvelles couches épidermiques remplacent incessamment celles qui sont détachées de la sorte. Elle devient alors légèrement sensible, saignante, excoriée par places, surtout au niveau du sillon latéral de l'ongle, et finalement elle persiste sous cette forme jusqu'à ce qu'un traitement approprié parvienne à en faire justice.
IL — Le périonyxis inflammatoire se présente avec des symptômes déjà plus accentués et plus importants.
PÉRIONYXIS INFLAMMATOIRE. 365
Il est conslitiié par une luméfaction subinflammatoire qui se produit autour d'une partie de l'ongle, soit sur l'un de ses côtés le plus souvent, soit plus rarement au niveau de sa racine. Cette tumélaclion légèrement douloureuse, rénitente, rougeâtre ou d'un rouge briin, encadrant l'ongle sur unepartie de soncontouj-, rappelle assez bien comme aspect la tourniole vulgaire. Mais elle en diffère par la marche lente et chronique de ses phénomènes morbides, aussi bien que par leur terminaison. Jamais en effet cette lésion ne forme d'abcès. Elle subsiste dans le même état pendant un temps fort long, toujours dure et solide ; puis, ou bien elle s'atrophie et disparaît par un véritable travail de résorption sur place, analogue à celui que subissent les papules syphilitiques; ou bien elle s'ulcère à sa surface, à la façon encore de ces mêmes papules, dont le néoplasme aboutit parfois à un processus ulcératif.
Le cas le plus habituel toutefois pour cette forme de périonyxis, c'est de rester sèche pendant toute sa durée et sur toute l'étendue des parties affectées. Tout au plus produit-elle, dans le sillon qui borde l'ongle, une crevasse longitudinale, laquelle, irritée par les froissements, s'excorie, suppure légèrement ou se couvre de croûtes adhérentes.
La lésion s'en tient là le plus souvent, surtout quand elle siège aux mains. Il s'en faut même que dans tous les cas elle détermine la chute de l'ongle. Mais, lorsqu'elle affecte le gros orteil, lorsque surtout elle est négligée ou abandonnée à elle-même, elle ne manqué guère de se compliquer et aboutit alors soit aux lésions communes de Yongle incarné, soit à celles du périonyxis ulcéreux qu'il nous reste à décrire.
III. Périomjxis ulcéreux. — Cette troisième forme est de beaucoup la plus grave.
Elle est 'primitive ou consécutive.
Consécutive, elle succède au périonyxis inflammatoire, alors que ce dernier s'est prolongé, est devenu chronique, ou a été irrité par des causes diverses, telles que mauvais traitements, marche, fatigue, pression des chaussures, etc.
Primitive, elle résulte desyphilides ulcéreuses, développées à la périphérie de l'ongle.
366 PfiniONYXIS ULCÉREUX.
Quelle qu'en soiL l'origine, elle consiste en une ulcération qui encadre l'ongle parlicUcment ou en totalité. Cette ulcération est généralement supportée par, un bourrelet inllammatoire saillant, qui proémine au-dessus de l'ongle, et qui offre une teinte d'un rouge sombre, quelquefois violacé. Elle est toujours assez creuse, irrég ulière de l'orme, à bords découpés et entaillés, à fondsanieux, grisâtre, fongueux et de mauvais aspect. Elle sécrète enfin assez abondamment une matière séro-purulenJ,e, mal liée, semée parfois de détritus et de stries sanguinolentes.
Quand la lésion siège aux pieds (et c'est presque toujours alors le gros orteil qu'elle affecte), elle ne manque guère, irritée par la marche, de se compliquer de phénomènes inflammatoires. Les tissus voisins deviennent rouges et tuméfiés; l'ulcération prend une teinte livide, vineuse, et ne sécrète plus qu'un ichor sanguinolent, fétide. Des douleurs plus ou moins intenses se manifestent et rendent la marche très difficile, sinon même impossible.
Quelquefois encore, quand elle a persisté un certain temps sous forme d'ulcération creuse, cette variété de périonyxis prend un autre aspect. Elle bourgeonne, elle s'élève, et dégénère en une sorte de tissu fongueux, de champignon mollasse, qui s'exhausse autour de l'ongle ou qui, se renversant sur lui, le recouvre partiellement.
Le périonyxis ulcéreux affecte toujours une marche chronique. Une fois développé, il reste ce qu'il est, ou bien il s'étend et aboutit à encadrer l'ongle tout entier. A ce dernier degré, il s'accompagne d'une déformation très accusée des parties, due tant au progrès et au bourgeonnement de l'ulcère qu'à l'engorgement et à la tuméfaction symptomatique des tissus circonvoisins. C'est ainsi qu'aux doigts on voit la dernière phalange se tuméfier autour de l'ulcération, s'étaler en spa/îtie (suivant l'expression consacrée), ou bien devenir globuleuse et figurer comme une petite massue surmontant les autres phalanges, lesquelles paraissent relativement grêles et atrophiées. Mais c'est alors surtout que l'affection siège au gros orteil et se complique, grâce à l'incurie des malades, de phénomènes inllammatoires, c'est alors surtout, dis-