SYPHILIDES CUTANÉES DE LA VULVE
lides ciilanées (exemples : syphilides papuleuses sèches, papulosquameuses, papulo-croûteiises, eclhyma, impétigo, etc.,) cl, tantôt de yéntables syphilides muqueuses, absolument identiques à celles qu'on rencontre sur la face interne des grandes lèvres, sur les petites lèvres, etc.
Quelques mots tout d'abord sur les sijphilides cutanées vulvaires, j>our n'avoir plus à en tenir compte dans l'exposé qui va suivre.
La forme incontestablement la plus commune qu'affectent les syphilides cutanées vulvaires appartient au iy^e papuleux.
Ces syphilides papuleuses de la vulve se présentent sous les deux variétés suivantes :
1° Variété lenticulaire, à papules isolées et distinctes, arrondies, discoïdes, sèches et légèrement squameuses, variables comme étendue du diamètre d'une petite lentille à celui d'une pièce de 20 ou de 50 centimes. — Ces papules se rencontrent presque toujours en nombre assez considérable sur la face externe des grandes lèvres et sur les régions avoisinantes. Quand elles sont confluentes, il arrive parfois qu'elles se fusionnent et forment des plaques papuleuses d'une certaine étendue (papules agminécs).
2° Variété dite syphilide papuleuse en nappe. — Celle-ci, que vous connaissez déjà par la description générale que j'en ai tracée précédemment, est assez commune à la vulve. Elle est constituée par des nappes papuleuses uniformes, lisses, légèrement saillantes, rosées ou rougeatres, sèches et recouvertes d'une desquamation légère. Ces nappes, qui ne résultent pas de la fusion de plusieurs papules voisines, mais qui sont formées originairement par un néoplasme papuleux étalé sur une large surface, ont une étendue variable. Elles occupent, soit une portion, soit la totalité d'une grande lèvre, soit les deux grandes lèvres à la fois; souvent même elles débordent sur les régions voisines, sur les plisgônito-cruraux, sur le périnée, sur les cuisses, sur le mont de Vénus. — Ce qui est assez remarquable, c'est que non seulement elles déterminent une tuméfaction notable des parties qu'elles occupent, mais que, de plus, elles leur communiquent souvent une rénitence, une induration toute spéciale. Une grande lèvre affectée de la sorte n'estpas
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seulement augmentée de volume; elle est tout à la fois hypertrophiée et indurée. Elle offre aux doigts une dureté sèche, sui generis, non œdémateuse, qui ne s'affaisse pas sous la pression, qui résiste à la façon du sclérème (dureté sclércuse) ; on dirait cette lèvre doublée de parchemin, et la sensation qu'elle fournil au loucher est une des plus singulières qu'on puisse percevoir.
D'autres formes de syphilides se rencontrent encore, mais plus rarement, sur les portions cutanées de la vulve. Citons comme types principaux : la syphilide papulo-croûteuse, constituée par des papules surmontées de croûtelles ou de croûtes peu adhérentes et caduques ; — la syphilide impétigineuse; — Vecthyma superficiel ou ecthyma plat ; — voire , mais très exceptionnellement , l'ccthyma profond. — Ces diverses syphilides ne présentent rien de spécial à la vulve, si ce n'est que, sur cette région, elles perdent facilement leurs croûtes et que, se présentant alors sous forme d'ulcérations, elles peuvent simuler et simulent parfois d'une façon très insidieuse le chancre simple, avec lequel elles sont facilement confondues.
Les syphilides cutanées vulvaires coexistent très fréquemment avec des syphilides muqueuses du département muqueux de la vulve. C'est même à la vulve que l'on peut surprendre sur le fait, pour ainsi dire, l'identité de forme de ces deux ordres d'éruptions. Ainsi, journellement ici nous voyons les grandes lèvres couvertes à leur face externe de papules sèches, et à leur face interne de papules humides, érosives. Parfois encore il arrive qu'une même lésion, située à cheval, si je puis ainsi parler, sur les deux faces d'une grande lèvre, soit d'un côté papulo-squameuse et de l'autre papuleuse humide, papulo-érosive. Voici un cas de ce genre, dans lequel vous pouvez voir une syphilide impétigineuse de la face cutanée d'une grande lèvre se continuer avec une syphilide ulcéreuse de la face muqueuse de cette lèvre. Ici, impétigo; là, syphilide ulcéreuse. Sont-ce là deux lésions distinctes? Non. Ce sont simplement deux aspects différents d'une seule et môme lésion, modifiée dans sa physionomie suivant le siège qu'elle occupe.