‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 117 sur 252 · II. — La [ovmc pajmleuse est plus aisément reconnaissable · texte numérisé non relu

II. — La [ovmc pajmleuse est plus aisément reconnaissable

Elle consiste en des papules tout à fait semblables aux papules d'autres régions, c'est-à-dire en de petits disques, de petits plateaux légèrement saillants et quelque peu surélevés au-dessus de la muqueuse. Ces papules sont assez fréquemment cerclées, ovalaires, elliptiques. Elles ont en général l'étendue d'une lentille ou d'une pièce de 20 centimes; mais, lorsque plusieurs viennent à se confondre, elles peuvent occuper un quart, un tiers même de la surface du col. Elles sont lisses, érosives, rarement rosées, plus habituellement au contraire remarquables par une teinte assez spéciale, la teinte gris-perte. Presque toujours, en effet, — retenez bien ce caractère. Messieurs, — ce sont des papules opalines ou d'un blanc bleuâtre qu'on observe sur le col, comme le démontrent ces quatre pièces que j'ai l'honneur de vous présenter Parfois même, comme dans ce cinquième cas, les papules utérines offrent une teinte d'un blanc mat et laiteux (papules dites diphthéroïdes) .

Il n'est pas rare de ne rencontrer qu'une seule de ces lésions. Plus souvent, toutefois, il en existe deux, trois ou même quatre, bien distinctes, bien isolées. J'en ai vu jusqu'à dix dans un cas. Quand elles sont aussi multiples, presque loujours elles aboutissent à ne plus former, en se fusionnant, qu'une, deux ou trois nappes à contours sinueux, composés d'une série d'arcs de cercle.

Ces papules utérines peuvent se produire sur tous les points du col. Lorsqu'elles sont situées en dehors de l'orifice du museau de

1. Voyez au musée de l'hôpital Saint-Louis (collection particulière) les pièces portant les n"' 126, 215, etc. — Voyez pl:uicho Vil.

FORME PAPULO-ÉROSIVE. 427

tanche, elles sont facilement reconnaissables tant à leur situation excentnquequ'àleurformecirculaire,àleur saillie, àleur isolement, àleur coloration opaline, etc. Occupent-elles au contraire l'ouverture du col, siège habituel des érosions vulgaires, des granulations, des lésions diverses de la métrite commune, elles deviennent alors bien, plus dirhciles à diagnostiquer, et il est souvent très-délicat, impossible même dans ces conditions, d'en affirmer la nature spécifique.

Ce que les syphilidespapuleuses du col utérin, comme aussi, du reste, les syphilides érosives de la même région, présentent de très remarquable, c'est leur singulière curabilité. Venez-vous à les toucher avec le crayon de nitrate d'argent, ou même, sans les cautériser, vous contentez-vous de les panser avec un topique inerte (tel que le tan ou l'oxyde de zinc), presque aussitôt elles disparaissent. Il y a plus : abandonnées à elles-mêmes, livrées à leur évolution spontanée, elles guérissent encore avec une facilité et une rapidité qui ne laissent pas d'être surprenantes. Cela, je l'affirme pour en avoir fait l'expérience ici plusieurs fois. A dessein j'ai laissé sans traitement des syphilides érosives ou papuleuses du col, me bornant à prescrire quelques injections d'eau, et j'ai vu ces lésions disparaître sponte suâ dans un très court espace de temps.

C'est là, Messieurs, un fait curieux sur lequel j'appelle votre attention; c'est un fait curieux en soi d'abord, et curieux aussi parce qu'il nous donne l'explication probable de certaines contagions vraiment extraordinaires. Voici ce à quoi je veux faire allusion. Il arrive parfois que des femmes syphilitiques, se sachant syphilitiques et s'observant avec le soin le plus nTinutieux, s' abstenant de tout rapport du moment où elles suspectent sur elles la moindre lésion contagieuse, n'aboutissent pas moins à transmettre la syphilis. Dès qu'elles sont accusées d'avoir transmis la maladie, ces femmes accourent chez leur médecin, qui les examine et qui, à son grand étonnement, ne trouve rien de pathologique sur elles, rien qui aitpu motiver une contamination. Comment donc, en pareille circonstance, la contagion s'est-elle exercée? Je ne saurais le dire, assurément. M'est avis néanmoins qu'elle pourrait bien dériver parfois d'une syphilide utérine, spontanément guérie à l'époque

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ullérieure où l'examen est pratiqué. J'accorde que le col utérin ne soit pas certes le seul point où une lésion contagieuse puisse rester méconnue et guérir sponlesuâ. Mais avouez qu'il est le point par excellence où un accident de ce genre a le plus de chances de passer inaperçu, comme aussi de se juger le plus rapidement.

Inutile d'ajouter que les syphilides érosives et papulo-érosives du col utérin ne laissent jamais traces de leur passage. — Jamais non plus, détail négatif assez curieux, je ne les ai vues bourgeonner comme à la vulve, constituer de grosses tubérosités végétantes, passer en un mot à la forme dite hypertrophique.

III. — Les syphilides véi-itablcmenttt/cémtses du col utérin * sont peu communes. Une raison, toutefois, peut contribuer à les faire paraître plus rares qu'elles ne le sont en réalité; c'est que, dépourvues en général de caractères nettement distinctifs, elles doivent être souvent confondues avec des ulcérations vulgaires, non spécifiques.

Elles consistent, d'après les quelques cas que j'ai observés, en des ulcérations peu profondes, enlamant bien le col, mais seulement d'une façon assez superficielle; — occupant de préférence les parties centrales du museau de tanche; — variant comme dimensions entre l'étendue d'une amande et celle d'une pièce d'un franc; — rougeàtres; — lisses, unies, et différant en cela, par conséquent, des lésions granuleuses que l'on observe souvent au même siège; — mais ne présentant en somme rien de bien spécial, moins encore rien de pathognomonique. J'ai va, dans un cas, une de ces ulcérations, parfaitement reconnaissable à son contour composé d'une série d'arcs de cercle, présenter une teinle d'un blanc opalin qui contrastait singulièrement avec la coloration rosée du col. Dans un autre cas, une ulcération semblable, rayonnant de l'orifice du col, s'était étendue à presque toute la surface de cet organe.

Lorsque ces lésions affectent soit une teinle, soit une configuration particulière, on a motif pour en soupçonner le caractère spécifique. Mais en bien des cas, je le répôle encore, aucun signe

1. Voyez au musée de l'hôpital Saint-Louis (collection particuliî're), une suric de pièces relatives à ces lésions.

FORME ULCÉREUSE. 129

quelque peu spécial ne vient éclairer l'observateur, et la nature syphilitique de ces ulcérations ne peut être établie d'une façon rationnelle et probable que sur les considérations suivantes. La plupart des affections ulcéreuses de l'utérus, d'origine inflammatoire, catarrhale ou autre, ont pour caractères habituels de s'accompagner d'une certaine tuméfaction, voire d'une véritable hypertrophie du col, d'une sensibilité morbide de l'organe, de douleurs utérines ou péri-utérines avec irradiations rénales, abdominales, inguinales, etc., de troubles menstruels, d'hémorrhagies, d'écoulements muco-purulents, etc. Or, les syphilides utérines ne comportent pas cet ensemble de symptômes. Si donc, sur une femme syphilitique, vous voyez une ulcération utérine se développer en Vahsence de tout trouble utérin, tenez par cela môme cette ulcération pour suspecte. Sans pouvoir encore en affirmer la nature spécifique, méfiez-vous de cet accident; surveillez-le; proscrivez énergiquement tout rapport, dans la crainte d'une contagion, et attendez que l'évolution ultérieure de la lésion vienne fixer votre diagnostic.

Cette évolution, en effet, sera souvent assez signilicative pour couper court à toute incertitude. Chacun sait quelle marche lente et même chronique affectent les ulcérations inflammatoires ou catarrhales du col. Or, bien différentes à ce point de vue sont les syphilides utérines, môme celles de forme ulcéreuse. Cautérisezles, badigeonnez-les à la teinture d'iode, pansez-les soit avec un topique pulvérulent (tel que l'oxyde de zinc), soit avec un tampon de charpie imbibée d'une solution faible de nitrate d'argent, et très rapidement en général vous verrez ces ulcérations se modifier, se réparer, rétrocéder, finalement aboutir à la cicatrisation. Une résolution aussi singulièrement hâtive constitue presque un critérium qui permet d'affirmer, sans grand risque d'erreur, la spécificité de ces lésions.

A côté des syphilides génitales, dont je vous ai entretenus jusqu'à présent, viennent naturellement prendre place, dans la description que je poursuis, les syphilides anales et péri-anales, les-

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quelles très souveiU coïncident avec les précédentes, ou même se confondent avec elles chez la femme. — Quelques mots sur cette variété connexe d'accidents.

Infiniment plus communes chez la femme que chez l'homme, les sypliilides de la région anale s'observent soit sur la muqueuse même de l'anus, soit sur les téguments cutanés du voisinage (marge de l'anus, périnée, rainure interfcssière, etc.).

I. — Sur la muqueuse de l'anus, elles ne se produisent guèr quesousforme d'érosmis fissuraires ou d'tt/cém/ions plus ou moins creuses, entamant le derme muqueux. — Masquées par le froncement normal de la région, elles peuvent facilement se dérober à la vue et ne deviennent appréciables que si l'on prend soin, pour les rechercher, d'enlr'ouvrir l'anus. — Bien que fréquemment irritées et enllammées par le passage des matières fécales, elles ne sont pas aussi douloureuses qu'on serait tenté de le croire à priori. Elles diffèrent en cela des fissures spasmodiques,que caractérisent surtou'. d'atroces angoisses àla suite des selles. — Rephées parfois sur elles-mêmes par le fait naturel du plissement de l'anus, elles se présentent alors sous forme de deux segments érosifs ou ulcéreux, lesquels restent adossés lorsque l'organe est au repos, et s'écartent au contraire à la façon des feuillets d'un livre lorsqu'on vient à déplisser la région. — L'aspect et la coloration qu'elles affectent sont assez variables . elles sont tantôt rougeâtres, violacées, livides, et tantôt grises ou jaunâtres. Il peut être assez difficile, dans ce dernier cas, de les différencier du chancre simple.

II. — Sur la marge de l'anus et au périnée, les syphilides muqueuses se présentent avec des caractères absolument identiques à ceux des syphilides génitales. C'est dire qu'on rencontre là tout comme à la vulve des syphilides érosives, pajmlo-érosives, papiilohyperlrophiques et ulcéreuses. Vous retracer la symptomatologie de ces divers types éruptifs serait vous répéter mot pour mot ce que je vous en ai dit précédemment à propos des lésions secondaires des régions sexuelles.il me suffira donc de les signaler, et, sans fatiguer votre attention par d'inutiles redites, je me bornerai à vous mentionner quelques particularités locales afférentes à ce genre d'accidents.

SYPlllLIDES MAMMAIRES. 431

Les syphilides muqueuses de la marge de l'anus prennent assez fréquemment l' aspect de longues fissures, étroites et effilées, qui se logent dans les plis anaux, au fond même des sillons que déterminent ces plis. Elles sont alors inapparentes à première vue, et il faut, pour les apercevoir, déplisser la région.

En d'autres circonstances, la marge de l'anus devient le siège d'une lésion assez singulière. Sous l'influence de l'irritation développée par ces syphilides, le derme et peut-être le tissu cellulaire sous-cutané s'hypertrophient, se condensent, s'épaississent. Il en résulte que les plis de l'anus se transforment en de gros bourre lets, durs, résistants, que séparent les uns des autres des sillons fissuraires ou ulcéreux. -Cette dernière lésion, d'aspect assez étrange, a reçu le nom àliypertrophie radiée des plis de l'anus.

De même, il arrive parfois que, dans des conditions identiques, le raphé médian du périnée s'hypertrophie et se transforme en une sorte de crête antéro-postérieure, saillante de plusieurs milli mètres, rougeâtre, d'une consistance très lerme, parfois même d'une véritable dureté cancroïdienne.

ni

Assez souvent encore, Messieurs, vous rencontrerez chez la femme — dont la peau fine et délicate paraît mieux se prêter que celle de l'homme au développement de ces lésions — assez souvent, dis-je, vous rencontrerez des syphilides muqueuses sur les trois points suivants : à l'ombilic, au sein et à l'aisselle.

I. — A Vombilio, ces lésions se présentent sous forme d'érosions ou de papules, soit rosées, soit grisâtres, parfois même opalines, quelquefois aussi partiellement recouvertes de croûtes, ce qui leur donne ce qu'on appelle Vaspect eczémateux .

II. — An sein, elles occupent soit le mamelon, soit plus souvent la face inférieure de la mamelle ou le sillon sous-mammaire.

Sur le mamelon, elles consistent soit en érosions fissuraires, en gerçures allongées, en crevasses, qu'on peut très facilement confondre avec des lésions communes, soit en papules arrondies, lenticulaires. Assez rares en dehors de la lactation, elles sont au

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contraire iVéquentcs chez les femmes qui nourrissent. De là le danger de confier des nourrissons sains à des femmes en puissance de syphilis secondaire.

A la face inférieure du sein les syphilides muqueuses sont assez communes; spécialement chez les femmes qui ont les mamelles flaccides et pendantes. Elles rencontrent là, en effet, un ensemble de conditions des plus favorables à leur développement : (inesse de la peau, contact continu de surfaces adossées, humidité, chaleur, etc.. — La forme la plus fréquente qu'elles affectent en ce point est celle de papules. Ces papules sont plus ou moins nombreuses, isolées ou agminées, éiosives, discoïdes, arrondies. Elles pullulent et bourgeonnent à la fois sur» cette région avec une facilité surprenante, cowées qu'elles sont, pour ainsi dire, par le sein appliqué sur le thorax. Aussi aboutissent-elles fréquemment à former de larges nappes hyperlrophiques, lesquelles en certains cas envahissent toute la face inférieure de la mamelle et la partie correspondante de la poitrine'. Sur une malade que nous avions ici l'an passé, une de ces nappes muqueuses hypertrophiques avait atteint des proportions considérables; elle s'étendait du sternum à l'aisselle en contournant le sein, et couvrait le thorax de bourgeons végétants sur une hauteur verticale de 10 à 15 centimètres! Elle simulait presque de la sorte un cancer en cuirasse à la période d'ulcération. C'était une lésion hideuse, vraiment elîrayante d'aspect. Ai-je besoin d'ajouter que ce n'était pas moins en réalité une lésion des plus bénignes, dont quelques semaines de traitement firent facile justice?

m. — Dans Vaisselle, enfin, on oberve parfois des syphilides muqueuses sous forme de papules érosives, irrégulières de forme, suintantes, partiellement encroûtées en certains cas, et légèrement prurigineuses. — Quand ces papules sont quelque peu contluentes, elles ne tardent pas à s'agminer et à constituer des mamelons bourgeonnants informes, séparés en plusieurs masses par des sillons assez creux correspondant aux plis de la région. Parfois même elles prennent un développement hypertrophique \ — Ce

1. Uiip pièce dfi ce genre est déposée au musée de l'hi^pilal Saint-Louis, sous le n°fi5.

2. Voyez pièce n" 97 (Mnsée de l'hôpital Saint-Louis, collçclion particulière).

SYPHILIDES BUCCALES. 433

sont encore là, en dépit de toute apparence, des lésions bénignes, qui guérissent avec rapidité sous l'influence des moindres soins.

J'en ai fini, Messieurs, avec le groupe des syphilides muqueuses qui sont ou spéciales à la femme ou plus fréquentes chez elle que chez l'homme. Pour compléter l'histoire de ce genre de lésions, il ne me reste plus qu'à vous parler brièvement de celles qui sont communes aux deux sexes.

En première ligne je dois placer ici les syphilides buccales. Celles-ci, même chez la femme, sont très essentielles à connaître, parce qu'après les syphilides vulvo-périnéales ce sont de toutes les plus fréquentes.

11 s'en faut de beaucoup cependant qu'elles aientchez la femme l'importance qu'elles présentent chez l'homme. Elles sont bien plus rares dans le sexe féminin, et cela pour deux raisons : 4° parce que la femme a généralement plus soin de sa. bouche que l'homme; 2" parce que la femme ne fume pas. Nul doute, en effet, que ce ne soit l'usage et surtout l'usage immodéré du tabac qui provoque dans notre sexe l'apparition si commune et les récidives si fréquentes des syphilides buccales. Les hommes qui ne fument pas ont la bouche bien plus épargnée par la vérole que les fumeurs. Tout naturellement, donc, les femmes qui fument rentrent dans la loi commune et sont exposées, de par la syphilis et le tabac, à de fréquents accidents buccaux. J'ai vu, sur une jeune dame qui avait contracté en Orient l'habitude de la cigarette et du cigare, les syphiUdes pulluler à la boushe et récidiver à vingt reprises, comme sur un homme.

Au point de vue clinique, les syphilides de la bouche (et j'entends ici par la bouche toute la cavité buccale, depuis les lèvres jusqu'au pharynx) se présentent sous les mêmes formes que les syphilides muqueuses en général. Elles se rattachent toutes aux quatre types primordiaux sous lesquels nous avons rangé les

•i>»t SYPIIILIDES BUCCALES.

lésions secondaires des muqueuses. Elles consistent, en effet, soit en des érosions simples {syphilides érosives), soit en des papules {sijphilides papulo-érosives), soit en des papules hypertrophiées {s^jpMlides papulo-hijperlrophiques), soit enfin en des ulcérations {syphilides ulcéreuses).

Gomme siège, elles peuvent affecter tous les points de la bouche; mais il est trois régions sur lesquelles elles se portent de préférence et qu'il importe de spécifier. Ces trois /b2/m(permettez-moi de les qualifier ainsi), ces trois foyers, dis-je, des syphilides buccales sont :

les amygdales et les piliers du voile ;

2° les lèvres (face muqueuse, bien entendu);

3° la langue.

Il est bien moins fréquent d'observer ces mêmes lésions sur la portion dure du palais, sur la face muqueuse des joues, sur les gencives, sur le plancher de la bouche, etc.

1° Aux lèvres, ce sont des syphilides érosives ou papulo-érosives que l'on rencontre le plus habituellement, sous forme de petites érosions plates ou légèrement saillantes, arrondies ou ovalaircs, de l'étendue d'une lentille, d'un haricot ou d'une amande, tantôt rougeâtres ou purpurines, tantôt au contraire grises, blanchâtres, opalines. Prenez note. Messieurs, de ce dernier aspect, car il est presque spécial. Je ne connais guère que les syphilidesmuqueuses qui se présentent sur les lèvres avec cette coloration particulière. — C'est aux lésions de ce genre que l'on donne d'une façon courante le nom de plaques opalines.

Lorsqu'elles siègent aux commissures buccales, les syphilides muqueuses sont généralement divisées en deux segments (un sur chaque lèvre), lesquels s'adossent quand la bouche est fermée, pour s'écarter quand elles'entr'ouvre. De plus, ces deux segments sont séparés par un sillon linéaire qui répond au pli même de la commissure, et ce sillon est presque toujours excorié, sanguinolent, semblable à une crevasse, plus ou moins douloureux. Quelquefois aussi le contour de la surface érosive est limité du côté de la peau par une sorte de collerette granulée ou de bourrelet

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