‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 129 sur 252 · TRANSFORMATIONS DU CHANCRE · texte numérisé non relu

TRANSFORMATIONS DU CHANCRE

sèment déduite, je crois, de l'analyse dos faits cliniques; elle se trouve d'autre part pleinement confirmée par les données de l'histologie. Qu'est-ce, en effet, que l'induration chancreuse? Un néoplasme développé sous l'érosion du chancre. Que sont les indurations secondaires? Des néoplasmes identiques doublant la base de lésions secondaires. Que sont encore les indurations ganglionnaires? Des néoplasmes interstitiels des glandes, etc., etc. Est-il donc surprenant qu'une maladie, susceptible de déterminer une lésion identique à diverses périodes de son évolution, se traduise cliniquement cà diverses périodes par un signe commun? Cette lésion identique, c'est un néoplasme; ce signe commun, c'est l'induration.

Mais résumons-nous, Messieurs, car cette longue ^discussion nous a quelque peu distraits de notre sujet actuel. De ce qui précède il résulte donc :

1° Comme conclusion générale, que le fait d'une induration développée sous la base d'une érosion ou d'une ulcération syphilitique n'a pas de valeur séméiologique absolue pour attester que cette lésion soit un chancre ;

2° Comme conclusions spécialement afférentes au sujet qui nous occupe :

Que les syphilides muqueuses se doublent souvent à leur base d'une induration absolument identique à celle du chancre;

Que ces syphilides indurées s'observent à la vulve plus souvent qu'ailleurs;

Que certaines conditions accidentelles et locales peuvent donner parfois à ces syphilides indurées un ensemble de caractères, une physionomie qui les assimile complètement au chancre, qui les expose à être facilement confondues avec lui.

La seconde question que nous avons à traiter aujourd'hui est relative à la transformation du chancre.

•tes TUANSFOUMATIONS DU CHANCRE.

Sans doute, Messieui's, vous connaissez déjà le phénomène auquel on a donné ce nom. Il consiste simplement en ceci : un chancre, sous l'influence d'un processus pathologique quelconque , perd ses attributs apparents de chancre, pour prendre ceux d'une lésion secondaire; il dépouille ses caractères, sa physionomie de chancre, pour revêtir l'aspect d'une papule muqueuse.

On rattachait autrefois à celte Irans formation, comme on l'ap pelait, une importance majeure. Car on croyait que le chancre, ^ar le seul fait de cette modification, passait à l'état d'accident constitutionnel et cessait d'être soit auto-inoculable, soit inoculable à autrui, c'est-à-dire transmissible, contagieux. C'était là. Messieurs, toute une série d'erreurs dont l'observation et l'expérience ont fait justice aujourd'hui. Nous savons actuellement, en effet, que le chancre, le vrai chancre, est un accident tout aussi constitutionnel qu'une manifestation secondaire; nous savons qu'il est réfractaire à l'auto-inoculation, comme les lésions d'un stade plus avancé ; nous ne savons pas moins que la contagiosité de la maladie, loin de s'éteindre avec le chancre, se continue dans les accidents d'une époque ultérieure. En conséquence, ce qu'on regardait jadis comme une véritable métamorphose, transformant du tout au tout V essence de V accident priiuitif, n'esl plus pour nous qu'un changement d'aspect, qu'une modification d'allure, qui n'influe en rien sur les qualités intrinsèques de cet accident, sur son caractère de manifestation diathésique, sur sa résistance à l'auto-inoculation, sur sa contagiosité. Ce phénomène donc a perdu pour nous une partie de son intérêt ; il n'est plus qu'un détail de symptomatologie, qu'un incident éventuel dans l'évolution du chancre. A ce titre cependant il mérite encore notre attention.

Gomment se produit, comment s'opère cette transformation du chancre?

De deux façons; — de deux façons très différentes, dont l'une est bien connue, dont l'autre n'a pas encore été signalée, que je sache.

I. — La première est une véritable modification in situ qui s'opère de la façon suivante.

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