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DIX-NEUVIÈME LEÇON

OPUTUALHIIES ISECOIVDAIRES.

Sommaire. — Les ophthalmies secondaires sont multiples et variées de forme. — Tantôt elles se localisent sur une seule membrane, tantôt elles affectent plusieurs de ces membranes simultanément ou successivement. — Ce sont, pour la plupart, des lésions secondaires; quelques-unes cependant, celles surtout qui intéressent le fond de l'œil, ne se montrent qu'à des périodes plus ou moins avancées de la diathèse.

I. Iritis. — Pour être la plus fréquente des ophthalmies secondaires, l'iritis ne constitue pas cependant une manifestation commune. — C'est la plus précoce de toutes ces ophthalmies. — Caractères cliniques. — Analogies de l'iritis syphilitique avec les iritis vulgaires, au triple point de vue des lésions, des symptômes et des dangers possibles de terminaison. — La plupart des caractères cliniques de cette ophthalmie se retrouvent dans les iritis de toute nature. 11 en est trois cependant qui lui impriment un cachet tant soit peu spécial, à savoir : 1° Teneur subaiguë de l'affection. — Début froid, insidieux. — Allure moins inflammatoire que celle des iritis vulgaires. — 2° Indolence relative, quelquefois môme absolue. — Se méfier en pratique des iritis indolentes, aphlegmasiques, qui laissent les malades presque indifférents. — 3° Papules iriennes, sorte de syphilide papuleuse développée sur l'iris. — Description de ces papules. — Leur analogie avec les papules cutanées. — Leur coïncidence fréquente avec des syphilides cutanées de même genre. — Si elles ne sont pas absolument pathognomoniques, elles ne constituent pas moins un indice précieux qui presque à coup sûr atteste la spécificité de l'iritis. — Quatrième caractère pouvant parfois servir utilement le diagnostic : Association fréquente de l'iritis avec d'autres phlegmaiies oculaires (choroïdite, rétinite, kératite, etc.).

Traitement : Atropine et mercure. — Nécessité d'administrer ici le mercure largâ manu pour en obtenir une action efficace et rapide. — L'iritis syphilitique n'étant souvent que le prélude d'autres accidents oculaires, nécessité d'insister, après guérison, sur la médication spécifique.

II. KÉRATITES. — Localisations rares. — La kératite secondaire ne se produit jamais primitivement ou isolément; c'est toujours une lésion associée à d'autres lésions oculaires, — Deux formes : 1° kératite diffuse; — 2» kératite ponctuée. — Caractéristique de ces deux formes. — Évolution, terminaison.

III. Ophthalmies profondes. — Plus complexes comme caractères cliniques. — Rarement simples; le plus souvent associées à d'autres phlegmasies oculaires ou intéressant plusieurs membranes du fond de l'œil.

1« Choroïdite. — Importance excessive se rattachant à l'étude de cette lésion, qui

-iSl OPIITHALMIES SECONDAIRES.

peut aboutir à tics troubles sérieux, voire à une cécité absolue. — Symptômes.

— Troubles fonctionnels; aniblyopie lente, mais progressive; mouches volantes; brouillard devant les yeux, brouillard de forme quelque peu spéciale (toile d'àraifçnée), etc. — Signes oplitlialmoscopiques : 1° trouble et flocons du corps vitré;

— 2° apparence nuageuse de la papille; — 3° parlois, exsudais choroïdiens. Le

trouble le plus caractéristique, ici, est le trouble des milieux profonds de l'œil. A quelle raison organique attribuer ce trouble? — Trois cas de choroïdite exsudative constituant sur le fond de l'œil une véritable sijphilide clioroîdienne circinée.— Évolution. — Régression possible et guérison. — Aggravation progressive des accidentscomplications fréquentes. — Pronostic toujours sérieux, et môme pronostic des plus graves si raffection n'est pas traitée. — Tout un ensemble de raisons contribue ;\ rendre la choroïdite particulièrement redoutable : apparence môme de bénignité, marche lente, améliorations spontanées, tendance aux complications, notamment aux complications rétiniennes.

2° Névrite optique. — Rare comme lésion isolée. — Mono-oculaire ou plus rarement double. — Caractères. — Troubles fonctionnels : amblyopie, photophobie, pliotopsic, etc. — Signes oplithalmoscopiques. — Le plus important de ces signes réside dans l'effacement du contour de la papille.

3° Rétinite. — Plus fréquente et plus importante. — Quelquefois isolée, plus souvent associée à d'autres lésions oculaires. — Début habituellement lent, quelquefois cependant rapide et n)ème subit. — Tioul)les fonctionnels : amblyopie progressive, photophobie, photopsie singulière, cécité partielle des couleurs, etc. — Signes ophtlialmoscopiqucs : Exsudais rélinienx, constituant le signe pathognomoniquc de la maladie. — Ces exsudats sont de deux ordres : 1° Glacis séreux prœ-rélinien, sorte d'infiltration œdémateuse et translucide de la réline (rétinite séreuse}; — 2° exsudais opaques cl solides {rélinile exsudative proprement dite). — Apoplexies rétiniennes.

Évolution. — Marche leule. — Stades de rémission, exacerbalions successives, complications. — Pronostic. — Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la rétinite est, de toutes les ophthalmies profondes de la syphilis, celle qui guérit le plus facilement.

IV Tendance singulière des ophthalmies syphilitiques à se compliquer réciproquement, à se combiner, à se succéder. — Celte multiplicité de localisations morbides constitue même en l'espèce un signe diagnostique important.

De ces types complexes, le plus essentiel à connaître est la choroïdo-rétinite . — Signes divers traduisant l'envaliissement progressif de la rétine. — Infilti'alion consécutive de celle membrane par des dépôts pigmentaires. — Rétinite pigmenlaire. — Variété de rétinite pigmenlaire à forme ciixinée. — Exemple clinique. — Évolution lente de celte affection. — Pronostic des plus graves.

Diagnostic. — Les ophllialmies profondes de la syphilis ont-elles des signes intrinsèques qui en attestent la spécificité? — Certains caractères permettent, sinon d'en affirmer l'origine spécifique, du moins de la soupçonner. — Quels sont ces caractères?

Ces ophthalmies profondes, de pronostic si redoutable, ne se produisent pas toujours dans le cours de syphilis à manifestations graves, non susceptibles de passer inaperçues. — Intérêt pratique qui se rattache à celte remarque. — Ces lésions d'ailleurs ne sont graves, en somme, qu'en raison du siège même qu'elles affectent.

Troitement. -- Nécessité urgente d'un traitement des plus énergiques. — Insuccès des méthodes douces, des traitements aulisyphilitiqucs usuels. — Le traitement par les frictions est ici la véritable, la seule ressource.

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