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ADÉNOPATIUES SECO N D A 1 II ES

après èlre icslccs longtemps, très longtemps stalionnaires, ou bien elles s'enflamment. Dans ce dernier cas, elles deviennent douloureuses, s'immobilisent, s'empâlent, suivant le terme consacré, et se massent tant avec le tissu cellulaire ambiant qu'avec les téguments voisins qui rougissent à leur niveau. Il est encore possible quelquefois, grâce à un traitement antiphlogistique appliqué de bonne heure, d'enrayer les progrès de ces adénopathies strumo-phlegmasiques et du phlegmon périgatiglionnaire qui les accompagne. Le plus souvent, toutefois, on ne réussit pas à empêcher la formation du pus. Un abcès alors se constitue. Convenablement traité, ouvert à temps, drainé, cet abcès suit les phases habituelles d'un abcès chaud ou d'une suppuration ganglionnaire aiguë, et se ferme rapidement après s'être évacué. Mais en d'autres conditions, lorsque surtout l'on a affaire à des malades lymphatiques ou scrofuleux, l'abcès, bien que vidé, ne se cicatrise pas, reste fistuleux, et fournit pendant longtemps une certaine quantité de pus. C'est à ces suppurations ganglionnaires chroniques de la vérole qu'on a pu, sans exagération, donner le nom d'écrouelles secondaires.

Les dernières formes d'adénopathies dont nous venons de parler se produisent de préférence sur certains ganglions, sur ceux notamment des régions cervicales antérieures, au-devant et même au-dessous du slerno-mastoïdien, sur ceux des régions sous-maxillaires, péri-maxillaires, sus-hyoïdiennes. — J'ai vu quelquefois, mais bien plus rarement, les glandes de l'aine affectées de ce même genre de lésions.

C'est chez la femme surtout, Messieurs, bien plus souvent que chez l'homme, qu'il vous sera donné d'observer ces bubons strumophlegmasiques de la syphilis secondaire. Il existe à ce point de vue une sensible différence d'un sexe à l'autre.

11 n'est pas contestable que ces bubons soient favorisés dans leur développement par le tempérament lymphatique et les prédispositions strumeuses. Ce qui n'est pas moins certain, toutefois, c'est qu'on les voit en quelques cas se produire sur des sujets exempts de tout antécédent strumeux et ne paraissant pas

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entachés de scrofule. J'affirme, pour ma part, les avoir rencontrés plus d'une fois chez des malades jouissant, en apparence au moins, d'une constitution moyenne et d'un tempérament sain.

liOrsque nous assistons au développement d'adénopathies de ce genre sur des malades connus, que nous avons depuis longtemps sous les yeux, il est simple et facile d'en suivre la pathogénie, c'est-à-dire de surprendre le lien qui les rattache à la diathèse. Mais supposez que de telles lésions se présentent à un médecin qui ne soit pas éclairé sur les antécédents diathésiques de son malade (et les malades syphilitiques ne s'empressent pas toujoursde nous renseigner sur leurs antécédents spéciaux); dans ce cas, l'origine spécifique de ces adénopathies courra grand risque d'être méconnue. Elle l'est souvent en effet, très souvent. C'est pour cette raison, n'en doutez pas, que les adénopathies secondaires de forme strumoïde ou inflammatoire passent pour être beaucoup plus rares qu'elles ne le sont en réalité. Elles trompent les médecins. On les rapporte trop facilement à des causes banales. On les accepte trop facilement pour de simples bubons inflammatoires ou strumeux, sans remonter à leur origine première et véritable. On ne soupçonne pas assez la vérole de pouvoir déterminer de semblables lésions. Et la vérité cependant, c'est que la vérole leur sert fréquemment d'origine; fréquemment, car il ne se passe pas d'année où une douzaine de cas de cet ordre, en moyenne, ne se présente ici à notre observation. Tenez-vous donc pour avertis, Messieurs,eten présence d'adénopathies de cet ordre ne négligez pas, si vous voulez instituer un diagnostic précis, d'interroger vos malades sur leurs antécédents, ne négligez pas de rechercher soigneusement les témoignages d'une infection secondaire. Nul doute qu'en plus d'un cas vous ne parveniez de la sorte à jeter la lumière sur l'étiologie mystérieuse de certains bubons. — C'est là. Messieurs, un détail de clinique et de pratique que je recommande à toute votre attention.

Un dernier mot. Depuis que je suis dans cet hôpital, j'ai vu plusieurs fois se développer sur mes malades syphilitiques des abcès rétro-pharyngiens qu'aucune raison, aucune cause locale ne

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venait expliquer. Mon collègue et ami le docteur Péan me disait récemment avoir fait la môme remarque. Or, frappé de celte double observation, je me demande si de tels abcès ne pourraient reconnaître pour origine des adcnopathies rétro-pharyngiennes analogues à celles que je viens de vous décrire. Ce n'est là qu'une hypothèse, sans doute, et je vous la donne pour ce qu'elle vaut ; mais cette hypothèse parait légitimée par les suppurations ganglionnaires que produit assez fréquemment la syphilis dans les régions voisines du pharynx. 11 serait donc possible que la vérole entrât pour une part dans l'étiologie encore bien obscure des abcès rétro-pharyngiens.

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