OI'IITALMIKS SPÉCIFIQUES. — TRAITEMENT
d'une ophtalmie profonde de l'œil, Messieurs, sans retard prescrivez les frictions, et les frictions à forte dose, à dose quotidienne de 6, 8, 10, 12 grammes d'onguent mercuriel double, et même au delà pour certains cas de gravité majeure. Au besoin poussez les frictions jusqu'à influencer la bouche. Guidez-vous d'ailleurs, pour mesurer l'intensité du traitement, sur les effets thérapeutiques obtenus. Mais, en tout cas, sachez bien ceci, c'est qu'il faut agir vite et énergiquement. Sinon, la partie est perdue, et des lésions se produisent auxquelles il ne sera plus possible de remédier.
Je dois au traitement par les frictions, dans les cas d'ophtalmies profondes de l'œil, des succès que je n'aurais pas obtenus, je crois, par la méthode d'administration interne du mercure. J'ai la satisfaction de dire que mon distingué confrère, M. Galezowski, si compétent en pareille matière, est arrivé sur ce point à la même conviction, à la même ligne de conduite que moi. Je ne saurais donc vous le répéter assez, Messieurs, c'est grâce aux frictions, aux frictions seules, qu'on parvient à se rendre maître des affections spécifiques de la choroïde, du nerf optique et de la rétine. Encore s'en faut-il, dans bien des cas, que ce mode de traitement, si énergique qu'il puisse être, le soit assez pour résoudre ces redoutables lésions et sauvegarder l'intégrité des fonctions visuelles.
XX""" ET XXr LEÇONS
AFFECTIONS SECONDAIRES DU SYSTÈItlE LOCOMOTEUR.
Sommaire — Consistant surtout en des phénomènes douloureux, les affections secondaires du système locomoteur ont été longtemps confondues sous la désignation unique et vague de douleurs syphilitiques. — Multiplicité et diversité de ces douleurs qui, se rattachant à des systèmes anatomiqucs différents (os, muscles, articulations, tendons), doivent être désignées nosologiquement par des appellations différentes. — Division du sujet.
I. Affections osseuses. — Variées de forme, elles se divisent naturellement en trois groupes de la façon suivante :
1° Périostites. — Fréquence. — Fréquence plus grande dans le sexe féminin. — Caractères cliniques. — Circonscription remarquable de la lésion dans la plupart des cas. — Comment les périostites Secondaires sont souvent méconnues. — Nécessité d'une investigation minutieuse pour les découvrir. — Leurs localisations habituelles.
2° Périostoses. — Moins fréquentes. — Considérées à tort comme manifestations tertiaires, elles se produisent souvent en pleine période secondaire et à un terme peu avancé de celte période. — Caractères : Saillie à la surface d'un os; — saillie douloureuse, douloureuse spontanément et surtout à la pression ; — dureté osseuse de la tumeur. — Évolution. — Traitement.
Trois sièges de prédilection: 1° Tibia (face interne et bord antérieur); — 2° Crâne, spécialement au niveau du frontal et du pariétal. — Bosses frontales. — Exemple clinique. — 3° Sternum et côtes. — Exemple d'une périostose sternale coïncidant avecune roséole. — Périostoses costales. — Comment les douleurs qu'elles déterminent peuvent être confondues avec des points de névralgie intercostale ou de pleurodynie.
3° Ostéalgies. — Caractérisées exclusivement par une douleur osseuse, sans la moindre lésion appréciable. — Fréquence. — Localisations habituelles. — Prédilection marquée pour les régions où abonde le tissu fibreux. — Quelle part on peut alh'ibuer au tissu fibreux dans les diverses affections qui précèdent.
De quelques douleurs secondaires imputables au système osseux. Céphalée. — Ce qu'on appelle vaguement la céphalée secondaire n'est pas un symptôme toujours identique avec lui-même et ne reconnaissant qu'une seule cause FOUKNIER. 33