‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 167 sur 252 · COURBATURE SECONDAIRE · texte numérisé non relu

COURBATURE SECONDAIRE

d'aujourd'hui, les déterminations morbides qui se produisent sur ce système dans le cours de la période secondaire ne sont pas toutes aisément et sûrement localisables. Il en est quelques-unes que, même après examen minutieux, on ne sait à quoi rapporter, que l'on constate sans pouvoir dire ce qu'elles sont, dont il est impossible de déterminer exactement le siège. Ces dernières, j'ai dû renoncer à les catégoriser dans tel ou tel des chapitres qui précèdent; mais je n'ai pas moins l'obligation de vous les signaler.

Au nombre de ces symptômes à siège indéterminé, citons en première ligne ce qu'on appelle la courbature syphililique.

Vous savez ce qu'on désigne ainsi. C'est un état bizarre de fatigue, de lassitude, de brisement de tout l'être, avec sensation intime d'endolorissement, de meurtrissure générale.

Cette courbature spéciale s'observe très communément chez la femme, surtout dans les premiers temps et au début même de la période secondaire, ou plus tard encore, coïncidemment avec les poussées ultérieures de la diathèse. Quantité de nos malades se plaignent à nous journellement d'être comme accablées, d'être toujours lasses, brisées au moindre exercice, brisées même sans avoir rien fait, d'avoir « les chairs comme meurtries », d'avoir les membres endoloris « comme si elles avaient été rouées de coups, etc. »

Où localiser celte courbature, et quelle en est la modalité intime? De cela nous ne savons absolument rien, pas plus; du reste, que nous ne savons où réside et en quoi consiste la courbature simple, vulgaire.

fut prise d'atrophie musculaire. Les muscles des éniinences thénar et liypothénar furent littéralement anéantis. Ceux des espaces interosseux paraissaient très réduits. Les masses musculaires de ravant-bras furent affectées à la suite et disparurent en partie. La malade finit par succomber à des accidents de syphilis viscérale compliqués de tuberculose pulmonaire. A Fautopsie nous constatâmes des lésions graves du foie, du rein et du poumon; malheureusement ni les muscles ni la moelle ne purent être examinés.

11 parait donc probable que Tatrophie musculaire peut être une conséquence de l'infection syphilitique à la période secondaire. Mais, dans l'état actuel delà science cela n'est encore (\\xc probable, et, quelque intéressant que soit ce fait, j'ai cru prudent de le réserver.

•'i'O DOULEURS A SlfiGE INDÉTERMINÉ.

Non moins indéterminées comme siè^e se présentent en second lieu nombre de (/oH/eurs secondaires, que nos malades nous accusent fréquemment en divers points du corps, dans les pieds, au thorax, à l'abdomen, etc. Bien souvent je me suis évertué à localiser telle ou telle de ces douleurs, eninterrogeant d'une façon minutieuse les sensations des malades; et bien souvent aussi, je dois le dire, je n'ai pas été assezliabile pour en découvrirle siège précis, anatomique. En général, d'ailleurs, ces douleurs sont assez indécises pour que les malades eux-mêmes ne sachent guère où elles résident, et ne puissent à ce propos renseigner le médecin que d'une façon très insuffisante.

Deux exemples entre mille. Voici une malade affectée de toute une série d'accidents spécifiques secondaires, syphilides cutanées, syphilides muqueuses, adénopathies, céphalée, arthralgies, périostites tibiales, etc. Elle se plaint à nous depuis plusieurs jours de vives douleurs dans l'avant-bras et la main, douleurs s'exaspérant la nuit, se calmant dans la journée, mais laissant dans tout le membre une sorte de malaise tel que les fonctions de la main sont presque abolies. Cette femme essaye-t-elle de coudre qu'aussitôt « l'avant-bras et les doigts deviennent le siège d'un agacement extraordinaire et d'une angoisse des plus pénibles )•>. Or, où localiser de tels symptômes? L'exploration physique la plus minutieuse ne révèle aucune lésion; la pression sur les muscles, sur les os, sur les tendons, sur les jointures, ne provoque de souffrance spéciale en aucun point. Que peuvent être de telles douleurs? Je m'avoue incompétent à en déterminer l'origine.

Même cas. Cette autre malade, également syphilitique et en pleine période secondaire, accuse des douleurs assez vives dans les membres inférieurs, rendant la marche difficile et pénible, redoublant d'acuité la nuit et empêchant tout sommeil. Eh bien! où résident ces douleurs? D'abord, la malade n'en sait rien elle-même, comme elle ledit; elle ne peut assigner aucun foyer précis à ses souffrances. Puis, venez-vous à pratiquer un examen direct, vous ne constatez partout que des signes négatifs. Ce n'est pas évidemment une névralgie qui se trouve en cause. Serait-ce plutôt une périostite, une myosalgie, une lénositc, une arthralgie? Mais les articulations, les muscles, les tendons, les os, explorés avec un

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