NÉVROSES DOULOUREUSES. — NÉVRALGIE FACIALE
la syphilis secondaire sonl excessivement communes chez la femme, infiniment plus communes que chez l'homme. Il est peu de nos malades qui n'en ressentent quelque atteinte, à des degrés d'ailleurs assez divers.
Comme siège, ces douleurs névralgiformes ou névralgiques s'observent surtout à la tête, au niveau des régions sus-orbitaire, frontale, temporale, occipitale, etc. Elles constituent là une troisième variété de mal de tête que l'on confond souvent soit avec la céphalée profonde, intra-crânienne, dont nous avons parlé au début de cette conférence, soit avec la céphalée crânienne dérivant de lésions osseuses (ostéalgie, périostite, etc.).
Elles peuvent affecter sur ce siège différents rameaux nerveux, à savoir :
1" les rameaux de la cinquième paire ;
2° les rameaux auriculaire et mastoïdien du plexus cervical ;
3° le grand nerf occipital.
Des diverses névralgies qu'elles constituent de la sorte, la plus commune est celle qui porte sur les branches de terminaison de la cinquième paire {névralgie faciale).
Cette névralgie faciale secondaire présente une particularité assez curieuse, c'est de n'affecter que d'une façon très exceptionnelle la branche inférieure du trijumeau *, d'une façon assez rare la branche moyenne, et d'occuper au contraire très fréquemment la branche supérieure dans quelques-uns de ses rameaux sus-orbitaires. — La névralgie sus-orbitaire est au nombre des
1. Un malade auquel je donne actuellement mes soins a été affecté depuis dix-huit mois d'une série de crises névralgiques affectant la langue dans sa moitié antérieure. Ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'en général ces crises préludent à des poussées éruptives se produisant sur la partie antérieure de la langue sous forme de plaques lisses, non érosivcs. L'éruption établie, les douleurs se calment, pour reparaître quelques mois plus tard comme prodrome d'une éruption nouvelle. Ces douleurs sont soulagées chaque fois par le traitement spécifique, mais elles récidivent avec une opinifitreté désespérante. Elles occupent exactement, je le répète, la moitié antérieure et surtout le tiers antérieur de la langue. Le malade les compare soit à un sentiment de « brûlure continue », de tension sourde et pénible, soit à des « traits de feu intermittents» qui sillonneraient l'organe en divers sens. A quoi rapporter de tels symptômes, si ce n'est à une névralgie du lingual?
Comparera ce fait un cas à peu près identique relaté par le D' H. de Caslelnau dans les Annales des maladies de la peau et de la syphilis, 1" année, t. I, p. 21!2.