SENSATION GÉNÉRALE DE FROID
atteste même que la chute de température peut être considérable en certains cas.
2° A ces refroidissements locaux s'ajoute parfois un autre phénomène dont il me reste à vous entretenir. Celui-ci consiste en une sensation générale de froid.
Ce second phénomène n'est pas moins simple que le premier. Il se réduit à un sentiment de froid interne et général, ayant tout le corps pour siège, et n'offrant en somme rien de plus spécial qu'un refroidissement vulgaire, que le refroidissement, par exemple, qu'on éprouve à la suite d'un changement de temps, d'un abaissement subit de température.
Souvent léger et éphémère, le phénomène est peu remarqué ou passe même inaperçu. Mais s'accentuant davantage, il devient une incommodité réelle dont se plaint la malade. « C'est singulier, vous dit-elle alors, depuis quelque temps j'ai toujours froid ; j'ai beau me couvrir, me chauffer, me tenir au coin du feu, je me sens toujours glacée. » Bien des fois j'ai constaté ici ce fait curieux sur des femmes de mon service qui, même en été, se couvraient comme en hiver, s'enveloppaient frileusement de châles et de couvertures, gardaient ' constamment le lit « pour avoir moins froid », se refusaient à descendre dans les cours « par peur de l'air », réclamaient incessamment des boules d'eau chaude, et témoignaient en un mot, autant par leur habitus que
de pièce de monnaie, épaisse de 2 à 3 millimèlres, et mesurant en diamètre 2 centimètres et demi environ. Ce tiiermomclre se prête à être appliqué sur une surface plate, telle que le métacarpe, le métatarse, la face dorsale des doigts, etc. — Pour obtenir une indication de cet instrument, je l'applique sur le pied ou la main: je le recouvre d'ouate, afin de le préserver de la température extérieure ; puis, après l'avoir bien fixé par quelques tours de bande, je le laisse en place pendant 20 à 30 minutes. Je note la température à ce moment. — Comme terme de comparaison, j'ai toujours soin d'appliquer le même thermomèli'e successivement sur deux malados placées dans les mêmes conditions de température ambiante, l'une affectée d'algidilés périphériques et fautrc exempte de tout phénomène de ce genre. La différence des résultats obtenus dans ces deux expériences correspond à l'abaissement de température déterminé par la maladie.
Ce procédé, certes, est bien sujet à critiques, car il ne fournit la température vraie des extrémités ni à l'état morbide ni à l'état sain. Mais il permet une comparai-son, un rapport; il donne des indications relatives, cliniquemcnt suffisantes, et c'est là en somme tout ce que nous avons intérêt à constater.