‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 198 sur 252 · I. T)[^e inte^^mittent · texte numérisé non relu

I. T)[^e inte^^mittent

II. Type continu (continu simple ou continu paroxystique); m. Type vague, irrégulier.

Spécifions d'abord en quelques mots les caractères propres à chacun de ces types.

I. Type intermittent (fièvre syphilitique intermittente). — Le type intermittent est sans contredit celui qu'affecte le plus fréquemment la fièvre syphilitique déforme essentielle.

Il se caractérise nettement par une série d'accès fébriles plus ou moins réguliers comme apparition, souvent même périodiques, presque toujours quotidiens, presque toujours aussi vespérins ou nocturnes, et séparés les uns des autres par des intervalles d'apyrexie complète.

Quelques détails.

Ces accès fébriles, tout d'abord, sont constitués par les phénomènes qui sont les éléments essentiels, communs, de toute fièvre, à savoir : accélération du pouls, élévation de la température, sen-. timent de malaise général, céphalalgie, brisement, troubles sympathiques, etc.

Dans leur forme la plus complète, ils se rapprochent plus ou moins de l'accès fébrile d'origine palustre, en ce sens qu'ils peuvent être décomposés en trois stades successifs où prédominent tour à tour le froid, la chaleur et les sueurs. Mais ils n'affectent (|ue très rarement cette (orme parfaite, s'il m'est permis de la qualifier ainsi. Ce serait donc une erreur grave que de donner l'accès palustre comme un représentant fidèle del'accès syphilitique. Celuici, tout au contraire, diffère à plus d'un titre de celui-là. Il en diffère notamment en ce qu'il est : 1° moins complet; — 2° moins régulier, inoins méthodique comme évolution ; — 3' bien plus varié comme symptômes, comme physionomie générale.

Moins complet, ai-je dit en premier lieu. L'accès palustre, en

ftH l' IKVKK SYPHILITIQUE.

eiïet, est toujours constitué par trois stades bien nets ot bien distincts : stade delVoid initial, stade de chaleur intermédiaire, stade terminal de sueurs. Inversement, l'accès syphilitique ne présente ces trois phases successives que d'une façon tout à fait exceptionnelle. C'est d'abord le stade initial (|iii y fait défaut presque toujours; du moins il ne consiste le plus souvent qu'en un refroidissement trop passager, trop éphémère pour mériter le nom de stade. C'est ensuite le stade terminal qui, au lieu de s'accuser comme dans la lièvi'e paludéenne par une sudalion abondante et prolongée, est habituellement très court et constitué seulement par une simple moiteur, une humectation légère et partielle des téguments. De sorte que souvent, voire le plus souvent, l'accès fébrile syphilitique se réduit en somme à un stade unique, celui de chaleur. Pour mieux dire, c'est l'élément chaleur qui est le phénomène essentiel de la fièvre intermittente syphilitique, où le froid et les sueurs ne figurent qu(d comme éléments éventuels, subordonnés. — Les malades, du reste, traduisent ce fait par la façon même dont ils qualifient leurs accès sous les noms de fièvre en chaud, de chaleurs nocturnes., d'ardeurs nocturnes, qui les dévorent, etc. Presque jamais ils ne se plaignent de frissons ou de sueurs qu'au titre de phénomènes accessoires, plus rares, et au total bien moins importants.

Secondement : l'accès syphilitique est bien moins régulier, bien moins méthodique comme évolution que l'accès palustre. Ce dernier, du moins dans ses formes franches, procède avec une sorte de ponctualité mathématique. Chacun de ses stades évolue à son temps, à son heure, prend la scène à terme fixe et la quitte à point nommé. L'accès palustre est, comme on l'a dit, « un drame en trois actes » où les situations se succèdent avec une régularité parfaite, sans confusion, sans empiétement réciproque. Tout autre est l'accès syphilitique. Ici, moins d'ordre, moins de méthode. Tantôt, comme nous l'avons vu, c'est un stade qui fait défaut, et il se peut même que deux stades manquent à l'appel; — tantôt c'est un stade qui prend le pas sur celui auquel il devait succéder; — tantôt enfin, et cela même est le cas le plus commun, les divers stades se confondent, se mêlent, s'en*

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chevèlrenl. Ainsi, l'une des formes les plus communes de lu lièvre syphilitique est celle où l'accès consiste d'un bout à l'autre en une chalem' continue, passagèrement entrecoupée de friss'jus iiîterïïiUtents. Il n'est pas rare non plus que les sueurs, au lieu d'être terminales, se manifestent au milieu de l'accès, et cela une ou plusieurs fois, sans ordre, sans méthode.

En troisième lieu, l'accès syphilitique est bien autrement susceptible de variétés que l'accès palustre. Il est bien moins que ce dernier identique avec lui-même, soit d'un sujet à un autre, soit d'un jour à l'autre sur le même sujet. Ici, par exemple, il affectera une allure assez régulière ; là, il sera tout à fait désordonné. Complet ou presque complet chez celui-ci, il sera fruste chez celuilà. Aujourd'hui la chaleur seule aura composé l'accès ; demain des frissons plus ou moins intenses, plus ou moins répétés, se mêleront à la scène; après-demain, viendra le tour des sueurs qui, nulles jusqu'alors, seront assez abondantes. Puis encore l'accès d'un jour sera assez intense et celui d'un autre sera presque avorté.

Ajoutez à cela que l'accès syphilitique est très variable aussi comme durée. Assez long chez tel sujet, se prolongeant par exemple pendant toute une nuit, il peut être très court chez tel autre, au point de s'évanouir en une ou deux heures et de ne plus faire, pour ainsi dire, que paraître et disparaître. En ce point encore il diffère de l'accès palustre, lequel affecte presque toujours une durée plus fixe et mieux déterminée.

Ce n'est pas tout. Trois autres caractères distinguent encore l'accès syphiUtique de l'accès palustre, et ceux-ci, comme on va le voir, n'offrent pas un intérêt diagnostique moindre que les précédents.

1° La fïevre syphilitique est presque toujours quotidienne ou atypique. En d'autres termes, ou bien elle affecte un type, et c'est alors le type quotidien qu'elle revêt; ou bien elle est assez désordonnée dans son apparition pour ne pouvoir être assujettie à aucun type. — Je ne l'ai jamais vue prendre le type tierce, non

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plus, bien enlendii, que le quarte. Inutile de signaler combien, à ce point de vue, elle se sépare de la fièvre palustre, pour laquelle le type tierce est si commun.

Parfois encore elle peut faii'e accidentellement deux accès en un jour. Cela est assez rare.

2° La fièvre intermittente syphilitique est presque toujours vespérine ou nocturne. Elle se manifeste soit vers la chute du jour, vers six à huit heures du soir, soit plus souvent dans le cours de la nuit. 11 est bien moins fréquent que ses accès se produisent pendant le jour.

Ce caractère de fièvre nocturne est important à noter au point de vue diagnostique. Et, en effet, s'il est commun à la plupart des fièvres dites symptomatiques (exemples : fièvre tuberculeuse, fièvre de suppuration, etc.), il est exceptionnel pour les fièvres palustres. Il doit donc, en toutes circonstances, éveiller l'attention, et je crois pouvoir poser en principe que, dans tous les cas où la nature d'accès intermittents nocturnes se présente à déterminer, la syphilis doit être tenue en ligne de compte comme origine possible de ces accès.

3° Enfin la rate, presque toujours développée dans les accès de fièvre palustre, reste normale dans la fièvre intermittente syphilitique. J'ai scrupuleusement observé mes malades à ce point de vue, en prenant soin de mesurer la rate par une percussion méthodique. Or, je puis affirmer que sur aucun je n'ai constaté le moindre excès de volume de ce viscère, soit pendant les accès, soit dans la période apyrétique intercalaire*.

1. Au point de vue diixgiiosliquc, les accès fébriles sy()iiiliti(|uos se ilifl'éicncieiit des accès palustres par un ensemble de caractères que, pour la commodité du lecteur, je réunirai dans le tableau suivant :

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