VI. Accès en général asses long
VU. Presque invariablement, développement appréciable de la rate.
MU. Accès très sensible à l'action du sulfate de quinine, insensible à celle du mercure.
Un dernier point, très essentiel comme pratique, me reste à signaler.
J'ai bien souvent mis en usage le sulfate de quinine contre les accès fébriles intermittents d'origine syphilitique. Or ce puissant antipériodique, administré dans ces conditions spéciales, m'a paru presque toujours dépourvu d'effet curatif. Je n'oserais dire qu'il n'inlluence en quoi que ce soit les phénomènes de l'accès ; mais ce que je puis affirmer sans crainte d'erreur, c'est qu'il n'exerce sur la fièvre diathésique qu'une action presque nulle et insignifiante, insignifiante surtout si on la compare à celle qui succède en pareil cas à l'usage du mercure. Maintes fois il m'est arrivé, pour une raison ou pour une autre, de prescrire le sulfate de quinine à des malades affectés de fièvre syphilitique ; je n'obtenais ainsi aucun résultat; puis, quelques jours plus tard, j'administrais le mercure, et les accès rebelles jusqu'alors ne tardaient guère à s'évanouir.
Résumant ce qui précède, nous pouvons caractériser la fièvre intermittente syphilitique de la façon suivante :
C'est une fièvre spécifique, consistant en des accès fébriles intermittents. — Ces accès offrent ceci d'assez particulier qu'ils sont le plus souvent quotidiens et nocturnes. — Ils ne s'accompagnent jamais du moindre développement splénique. — Leur forme la plus habituelle est celle d'une période de chaleur constituant presque tout l'accès, irrégulièrement entrecoupée de frissons légers et de moiteurs passagères ou terminales. — Ces accès enfin composent la forme la plus bénigne de la fièvre syphilitique. Ils se jugent spontanément ou cèdent en quelques jours à l'action du mercure.
II. Type continu. — Ce second type de la fièvre syphilitique consiste en un mouvement fébrile continu, qui se prolonge plusieurs jours pour le moins et quelquefois bien davantage.
Tantôt ce mouvement fébrile conserve pendant toute sa durée une teneur à peu près uniforme, à cela près des oscillations quo-
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lidiennes qu'on observe dans les lièvres de tout genre. Tantôt, et plus fréquemment, il présente de temps à autre des exacerbations ou des rémissions plus ou moins accentuées, toujours assez irrégulières comme apparition. Dans le premier cas, la fièvre peut être dite continue simple; dans le second, elle mériterait presque le nom de continue rémittente ou continue paroxystique.
Cette fièvre syphilitique de forme continue est beaucoup moins fréquente que le type précédent. Elle ne laisse pas cependant d'être encore assez commune.
Elle comporte un ensemble de symptômes que nous étudierons plus loin en détail. Pour l'instant je me bornerai à vous dire que, comme allure, comme physionomie générale, le type morbide dont elle se rapproche le plus est la fièvre continue simple ou fièvre synoque, avec laquelle elle est souvent confondue et dont il est même assez difficile de la distinguer en certains cas.
Ce qu'elle offre assurément de plus remarquable est relatif à sa durée. Cette durée est variable en des limites très larges. Ainsi tantôt elle ne dépasse pas quelques jours (trois, quatre, cinq jours); — tantôt elle atteint un septénaire; — tantôt elle excède deux et jusqu'à trois septénaires; — enfin, chez quelques malades j'ai vu la fièvre syphilitique continue se prolonger, avec des rémissions ou des intermissions irrégulières, jusqu'à quatre, cinq, six, sept et huit semaines. Ce dernier fait est rare, j'en conviens, Messieurs; mais il est très remarquable, et je le signale à toute votre attention.
Il se peut donc — notez bien cela, je vous prie, car c'est là un point qui n'est pas assez connu — il se peut donc que, du fait seul de la syphilis, un malade reste alité et féhricitant pendant plusieurs semaines, tout comme s'il était sous le coup d'un état aigu de longue durée, d'une pyrexie, d'un rhumatisme, d'une fièvre typhoïde. Il se peut donc que la syphilis, maladie qu'on a l'habitude de représenter comme essentiellement apyrétique, détermine des états fébriles prolongés, prolongés jusqu'au point d'égaler ou même de dépasser la durée moyenne des affections le plus franchement pyrétiques.
J'étonnerai certes nombre de mes confrères, je rencontrerai certes beaucoup d'incrédules en venant affirmer, comme je le
lais ici, que de la vérole peuvent procéder certains états fébriles d'une durée comparable à celle d'une phlegmasie importante ou d'une pyrexie vraie. Le fait cependant est constant. Je ne l'énonce qu'après l'avoir observé maintes et maintes fois, qu'après en avoir rendu témoins et mes élèves et les personnes qui me font riîonneur de suivre mes visites. A l'appui de cette assertion, d'ailleurs, je vais vousprésenter, Mesbieurs, les quelques tableaux suivants, recueillis sur des malades affectés de fièvre syphilitique, et affectés de cette fièvre en dehors de tout état morbide incident, de toute complication étrangère.
Yoici d'abord un cas dans lequel une fièvre syphilitique bien franche, bien légitime, persista deux septénaires, avec une élévation assez considérable de la température, qui pendant six jours atteignit ou dépassa même 40 degrés.
Syphilis secondaire (3= ou 4« mois). — Syphilide crythémato-papuleuse. — Sypliilidos vulvaires papulo-érosives. — Céplialé.;.
— Arthralgies. — Névralgie faciale iioo lurne. — Pleurodynie. — ilgidilcs périphériques, etc. — Fièvre continue.
Second exemple. — Ici, la fièvre ne dure pas moins de 22 jour?.
Syphilis secondaire (3« mois) — Roséole papuleuse. — Syphilides muqueuses. — Adénopathics. — Céphalée. — Insomnie.
i. C'est de la température axiUaire qu'il s'agit ici, comme dans tous les relevés qui précédent ou qui vont suivre.
TEJlriiUATUKE '.
iMutin.
Soir.
jour
Apyrexie.
(Huit jours de fièvre temperatuhe.
intense avant l'en- ^ ■«-.•i-^, iréc à l'hôpital). Malin. Soir.