SYSTÈME GÉNITAL
Un dernier système me reste à étudier pour clore cette revue des diverses manifestations splanchniques de la syphilis secondaire : c'est le système génital. Lui aussi est fréquemment affecté à la période où nous envisageons la diathèse, et traduit à sa façon les troubles qu'il ressent.
I. — En premier lieu je mentionnerai, comme un accident qu'il est assez commun d'observer chez les femmes syphilitiques, la leucorrhée, c'est-à-dire un suintement séro-muqueux provenant des muqueuses génitales internes. Nombre de femmes, qui n'avaient jamais eu de flueurs blanches avant de contracter la syphilis, deviennent leucorrhéiques à des degrés variables et pour un certain temps dans le cours de la période secondaire. Est-ce là un résultat direct d'une influence spécifique? Je ne le crois pas. J'incline plutôt à considérer cette leucorrhée comme un effet de la chloroanémie, de la débilitation générale que la diathèse importe le plus souvent dans l'économie féminine.
Cette leucorrhée est-elle contagieuse? Je n'hésite guère à répondre négativement. D'une part, en effet, j'ai vu quantité de femmes syphilitiques affectées de leucorrhée ne rien transmettre à leurs amants. D'autre part, toutes les fois que j'ai pu remonter à l'origine d'une contagion syphihtique transmise à un homme, j'ai toujours — à de très rares exceptions près — rencontré chez la femme des lésions spéciales (chancre ou syphilides), bien définies, bien manifestes. Je ne sais ce que produirait par inoculation l'écoulement leucorrhéique provenant d'un organisme entaché de syphilis ; ce que j'ai vu, c'est qu'il est inoffensif dans les conditions physiologiques du rapprochement sexuel.
II. — Un phénomène de même ordre est la névralgie utérine, qui, elle aussi, paraît moins un elTet direct de la syphilis qu'un épi-