DIAGNOSTIC. — SES BASES
de mon programme, je dois vous présenter au préalable quelques considérations d'ensemble sur le diagnostic et le pronostic de la maladie, considérations essentiellement pratiques, toutes relatives à des questions qui s'imposent quotidiennement au médecin dans l'exercice de sa profession, et qui exigent de nous en conséquence un examen minutieux.
La question diagnostique va nous occuper tout d'abord.
Comment et à quels signes reconnaître qu'un malade est entaché de syphilis? Sur quelles bases en un mot asseoir le diagnostic de la vérole?
Le diagnostic général de la maladie repose d'abord, cela va sans dire, sur le diagnostic spécial de ses accidents. Tel accident est, je suppose, une syphilide, une iritis, une périostose, une alopécie d'origine bien et dûment syphilitique; donc, le malade qui en est affecté se trouve sous le coup de la diathèse, est en puissance de syphilis. La syphilis est une cause qu'attestent ses effets, et cette cause, de toute évidence, ne saurait être révélée autrement que par les manifestations qui en dérivent.
Jusqu'ici, rien de spécial. Toute maladie en est là; toute maladie se reconnaît à certains symptômes qui lui sont ou exclusivement ou plus particulièrement propres.
Mais ce en quoi la syphilis diffère, je ne dirai pas de toutes les maladies, mais de la plupart des maladies, c'est qu'elle ne s'accuse pas seulement par un certain nombre de symptômes particuliers ou communs; c'est qu'elle s'accuse encore et surtout par un ensemble morbide, par une évolution spéciale. Je m'explique par un exemple.
Vous êtes consultés aujourd'hui, je suppose, par un malade Affecté d'une exostose. Le seul fait de cette exostose et les détails symptomatologiques qui s'y rapportent vous conduisent déjà à soupçonner et même à affirmer presque certainement la syphilis. Mais vous allez voir que d'autres considérations peuvent vous ser-