VINGT-SEPTIÈME LEÇON
DlAG]\OSTIC. — PRO]\OSTlC.
Sommaire. — I. Diagnostic. — Sur quelles bases repose le diagnostic de la syphilis. — La syphilis ne s'accuse pas seulement par un certain nombre de symptômes propres ou communs; elle s'accuse encore et surtout par un ensemble morbide et par une évolution spéciale. — Exemple. — Règles formelles à observer en pralique pour instituer le diagnostic delà svphilis: reciierche des antécédents ; — recherche des accidents contemporains ; — reconstitution de la maladie dans son ensemble et dans son évolution normale.
Le diagnostic peut-il toujours être institué sur dételles bases? — Difficulléspraliques.
— Ces difficultés se rencontrent bien plus souvent chez la femme que chez l'homme
— Pourquoi ? — Renseignements toujours plus obscurs par ignorance relative de la maladie; — Facilité plus grande pour nombre d'accidents de passer inaperçus ou d'être méconnus comme nature ; — raisons morales, réticences, dissimulation, mensonges. — Sauf exceptions rares, une femme n'avoue jamais la vérole, même à son médecin. — Comment il convient, chez la femme, de procéder à la recherche de la vérole. — Fréquence, dans le sexe féminin, des syphilis sans anlécédents. — De tous les comméiiioratifs, le chancre est celui qui fait le plus habituellement défaut. L'ensemble morbide ne peut que rarement être reconstitué. — Phénomènes ;;rop/'es et phénomènes communs de la syphilis. — Ces derniers, particulièrement communs chez la femme, sont les plus faciles à méconnaître. — Erreurs fréquemment commises à leur sujet. — Souvent la syphilis ne s'accuse, à un moment donné de son évolution, que par des symptômes d'ordre commun, sans manifestations propres. — Elle peut môme, à un moment donné, ne se traduire que par un seul symptôme de ce genre. — Exemples cliniques.
Des syphilis sans antécédents. — En l'absence d'antécédents avoués, la science >iu médecin est au-dessus des allégations du malade. — Pourquoi? — 1° Parce que la vérole peut être niée sciemment, de parti pris ; — 'i" parce qu'elle peut être niée et ignorée de bonne foi. — Est-il possible qu'un malade ait eu la vérole sans le savoir ! — Discussion. — Comment une syphilis légère ou moyenne peut être méconnue. — Comment la syphilis peut être niée en bloc r't avouée en détail. — Certaines femmes ignorent qu'elles ont eu la vérole parce qu'on a tout fait pour le leur cacher. — Scène de pratique à ce propos. — Conséquence : il est en syphilis des cas d'un certain ordre où le diagnostic doit être institué exclusivement d'après les données des symptômes actuels, sans tenir compte de l'absence des commémoratifs et fin dépit des dénégations opposées par les malades.
GNOSTIC. — PRONOSTIC. 741
II. Pronostic. — Le pronostic de la syphilis n'est p;is corrclalif à la somine totale des manifestat.ons qu'elle peut produire. — La syphilis n'est jamais en effet tout ce qu'elle pouvait être.
Deux ordres de dangers : 1° dangers directs; — 2" dangers indirects. Ces dernier sont quelquefois bien plus importants et plus sérieux que les premiers. — Ils dérivent de l'iulluence exercée par la diathèse sur les maladies ou les prédispositions morbides du sujet contaminé. — Pronostic actîieL — Pronostic d'avenir. — En ce dernier réside la gravité vraie de la diathèse. — Les dangers de la syphilis sont-ils dans l'étape secondaire? — A quelques exceptions près, la période secondaire est plutôt vexatoire que grave. Les dangers réels et graves incombent presque toujours i\ la période tertiaire. — Le pronostic général de la syphilis est donc subordonné surtout à celui de la période tertiaire.
Des symptômes actuels d'une syphilis est-il permis d'inférer le pronostic d'avenir de la diathèse? — Prétendus signes invoqués comme présages d'une syphilis bénigne ou grave: 1° Influence de la cause contaminante. — 2» Durée d'incubation du chancre. — 3° Caractères de la première poussée éruptive. — i" Nombre, forme, écart chronologique des poussées ultérieures. — 5° Caractères du chancrs, etc. — Discussion de ces divers signes. — Aucun n'a de valeur réelle; aucun n'autorise à préjuger d'une façon certaine l'avenir d'une syphilis.
Existe-t-il une concordance nécessaire de forme et d'intensité entre les diverses étapes de la diathèse? — Erreurs dangereuses émises à ce sujet. — Conséquences pratiques qui s'y rattachent. — Accidents tertiaires graves résultant de syphilis réputées originairement bénignes et insuffisamment traitées comme telles. — Une syphilis qui commence bien n'est pas moins exposée pour cela à mal finir. — Exemples cliniques. — Résumé, conclusions.
Bases rationnelles du pronostic. — Facteurs complexes. — 1° Influences thérapeutiques. — Les dangers inhérents à la diathèse peuvent être le plus souvent atténués, amoindris, conjurés par l'intervention de l'art. — La syphilis est une des maladies sur lesquelles la thérapeutique a le plus d'action. — Le traitement néanmoins ne guérit pas toujours. — 2° Qualité du sujet infecté. — Influence de la santé, du sexe, de l'âge. — 3° Conditions hygiéniques; etc. — Le pronostic de la vérole n'est pas contenu tout entier dans cet ordre d'éléments. — Part de l'inconnu. — En dehors des prévisions rationnelles, la syphilis est parfois légère ou grave sans qu'on puisse en déterminer le pourquoi. — Cela tient-il à des conditions propres à la maladie ? — Un élément inconnu préside évidemment aux destinées de la vérole. — Conclusions. — Réserve imposée dans le jugement à porter sur le pronostic d'avenir d'une syphilie.
Messieurs,
Nous avons épuisé, dans la série de nos réunions précédentes, l'étude des manifestations morbides qui composent ce qu'on appelle la période secondaire. Il me reste surtout à vous parler du traitement applicable à cet ordre d'accidents et à cet âge de la diathèse. Mais, avant d'aborder cette dernière et importante partie