‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 243 sur 252 · T 15 A IT K M E N T · texte numérisé non relu

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sypliilide psoriasiforme qu'on prend pour un psoriasis dartreux ou arthrilique ; ou bien c'est une névralgie sypliiiitique qui se trouve confondue avec une névralgie vulgaire. Or, l'erreur commise, qu'arrive-t-il?Le psoriasis réputé dartreux ou arthrilique est traité pendant de longs mois par l'arsenic ou les alcalins, et il ne guérit pas. La névralgie est longtemps traitée par l'opium, le sulfate de quinine, le bromure, etc., et elle persiste. Pourquoi donc, tout d'abord, ce psoriasis ne guérit-il pas? Pourquoi cette névralgie persiste-t-elle, puisque le propre de tout accident syphilitique, au dire de nos adversaires, est de disparaître spontanément, sous la seule influence du temps et par les seules forces de la nature? — Mais ce n'est pas tout. Voici que sur ces entrefaites, éclairé par l'insuccès de sa médication, le médecin suspecte à ce psoriasis ou à cette névralgie une origine syphilitique et prescrit le mercure « comme pierre de touche ». Et alors, le psoriasis de s'effacer en quelques semaines, la névralgie de se calmer en quelques jours. Quel est donc, en pareils cas (et tout praticien a vu des cas de ce genre), quel est donc le secret de cette guérison rapide et merveilleuse? Le temps et la nature ne peuvent plus être mis en cause, car ils avaient eu tout loisir de débarrasser le malade avant l'intervention du mercure. Est-ce là simplement un hasard, une coïncidence? Personne n'admettra une telle fin de non-recevoir, car personne n'ignore que ce hasard, celte coïncidence peut se reproduire à point nommé dans des conditions identiques. Est-il vraiment possible de méconnaître là une influence médicamenteuse, de nier dans les cas de ce genre l'action curalive, évidemment curative du mercure? La nier serait aller à rencontre de la logique et du bon sens. La nier serait récuser à l'avance et de parti pris tout elfet thérapeutique, car il n'en est certes pas de plus manifeste et de plus convaincant.

Mais n'insistons pas davantage, car l'action exercée par le mercure sur les accidents de la syphilis n'est plus à démontrer. Constatée par les médecins de tous les pays et de tous les âges, elle est, je puis le dire, un fait acquis et définilivement acquis à la science.

Second point. — Le mercure cxcrce-l-il une action d'ensemble

sur la syphilis ? iDfîue-t-il sur la dialhèse de façon à la modifier, à l'atlénucr comme principe morbifique, à la diluer comme poison, si je puis ainsi dire, de façon en conséquence à modérer ou à prévenir ses manifestations ultérieures, distantes, éloignées?

Entendons-nous bien, et posons nettement la question.

Un malade syphilitique, actuellement affecté d'accidents divers de syphilis, est soumis au mercure. Ce mercure agira bien, comme nous l'avons établi précédemment, sur les phénomènes actuels de ladiathèse ; mais fera-t-il autre chose? Exercera-t-ilune influence sur la source même de ces accidents, c'est-à-dire sitr la maladie? Modifiera-t-il le principe du mal? Aura-t-il le pouvoir d'enrayer la diathèse dans son évolution, de prévenir d'autres accidents, de mitiger ceux qui, eii dépit de lui, viendraient à se produire, de sauvegarderV avenir, en un mot, après avoir soulagé le présent? Telle est la question.

Or, cette iniluence d'ensemble et d'avenir sur la maladie est ce qu'on aie plus souvent et le plus vivement contesté au mercure. Carbon nombre de médecins, tout en acceptant l'action indéniable de ce remède sur les accidents de la syphilis, lui refusent la faculté d'exercer une modification générale sur la diathèse. « Oui, disentils, le mercure atténue et guérit les manifestations de la vérole ; mais il n'agit que sur ces manifestations et ne touche pas à la vérole. Il laisse la maladie ce qu'elle est; il blanchit (suivant l'expression consacrée), et c'est tout. — Et la preuve, ajoutent-ils, c'est que, les phénomènes pour lesquels on a donné le mercure une fois eiïacés et disparus, d'autres reparaissent. En un mot, il ne guérit pas. C'est un palliatif d'accidents actuels, mais ce n'est que cela; ce n'est pas un antidote, un contre-poison de la vérole, b

Nous croyons, nous, au contraire, que l'action du mercure ne se borne pas aux symptômes, mais s'étend à la maladie. Nous croyons que ce remède, d'une part, guérit les accidents actuels de la vérole, et que, d'autre part, administré suivant une méthode dont je vous parlerai bientôt, il exerce sur l'ensemble de la diathèse, sur la maladie tout entière, une influence (/enémZe, que je n'hésite pas à qualifier de curative. — Noire opinion sur ce point si essentiel, si important, n'est pas une simple vue de

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l'esprit, une appréciation conjecturale; elle repose sur des arguments cliniques et sérieux que je vais vous soumettre.

k priori, je me représente difficilement comment le mercure, exerçant une action incontestée sur les manifestations ou les lésions syphilitiques de tous les systèmes vivants, pourrait posséder cette action s'il n'avait prise sur la cause même de ces phénomènes, s'il n'influençait pas la maladie. Je conçois bien que l'opium puisse calmer une douleur sans toucher à la cause de cette douleur, et que la digitale soulage les affections du cœur sans modifier les lésions des valvules ou des orifices cardiaques. Mais mon intelligence se refuse plus opiniâtrément à comprendre qu'un remède puisse modérer tous les effets d'un poison et poursuivre ce poison dans tous les organes où il lui plaît de se retrancher, qu'un remède puisse guérir les manifestations successives, variables et disséminées d'une diathèse, sans se trouver nulle part en rapport, en conflit avec ce poison, avec le principe de cette diathèse, avec la cause matérielle de ces troubles morbides. Toutefois comme, après tout, cela pourrait être sans que je le comprisse, je passe outre, et je cherche ailleurs les éléments d'une conviction.

Or, les éléments de cette conviction, je les trouve dans la clinique, qui me permet d'établir un parallèle entre ce qu'est, d'une part, la vérole traitée, et ce qu'est la vérole non traitée, d'autre part. Pour juger, en effet, la question qui nous occupe, pour déterminer si le mercure exerce sur la syphilis une action d'ensemble et d'avenir, rien ne peut être plus probant qu'un semblable parallèle.

Instituons donc cette comparaison.

En premier lieu, qu'observons-nous d'une façon journalière, courante, sur les sujets syphilitiques qui se traitent, j'entends (cela va sans dire) qui se traitent avec rigueur, exactitude et persévérance? Quels accidents présentent-ils? Qu'est et comment se présente la vérole our ces malades?

La vérole, sur eux, est peu de chose en vérité, fort peu de chose. Je n'exagère certes pas en affirmant ici, d'après mes notes soigneusement consultées à ce propos, que 95 fois sur 100, pour

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