‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 25 sur 252 · TROISIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TROISIÈME LEÇON

Sommaire. — I. Du chancre produit par l'inoculation expérimentale. — Caractéristique de la lésion. — Deux phénomènes essentiels : 1» infiltration néoplasiquc du derme, constituant un épaississement local, une induration; — 2" processus érosif de la surface tégumentaire.

II. Du chancre de contagion {chancre clinique). — Période initiale, embryonnaire.

— Le chancre à cette période est une érosion sans caractères. — Erreurs fréquentes commises à son sujet. — Période d'augment. — Chancre à maturité. Sa caractéristique à cette période. — Indolence remarquable de la lésion. Le chancre ne devient douloureux que sous l'influence d'irritations locales surajoutées. — Étendue. — Forme graphique. — Aspect générai. — La vieille formule du chancre répond-elle à l'aspect réel du chancre syphilitique? — Loin d'être un ulcère creux, le chancre syphilitique est presque toujours une érosion plate, parfois même une érosion proéminente (chancre papuleux). — État du fond. — État des bords. Le chancre syphilitique n'a pas de bords à proprement parler; il n'a qu'un contour qui se continue de plain-pied avec les tissus voisins, qui parfois même est légèrement exhaussé. — Sécrétion. — Coloration. — Est-il, comme on l'a dit, une coloration pathognomonique du chancre?

— Deux teintes plus habituelles : 1° teinte grisâtre, diphthéroïde ; — 2» teinte dite chair musculaire. — Variétés nombreuses. — Aspect spécial du chancre de la grossesse (chancre livide, violacé). — État de la base : néoplasme sous-chancreux ; induration. — Rénitence spéciale caractérisant l'induration chancreuse. • — Deux formes d'induration : 1° forme profonde (induration noueuse, calleuse, etc.); — 2° forme superficielle ou lamelleuse. — Cette dernière comporte deux degrés : 1° induration parcheminée; — 2° induration foliacée ou papyracée.

Piésumé. — Ensemble des caractères qui constituent le chancre.

Évolution ultérieure. — Période d'état. — Réparation. — Deux phénomènes marquent le passage du chancre à la période de réparation : modification de la teinte, exhaussement du fond. — Cicatrisation. — Résorption progressive de l'induration.

— Survie variable de l'induration après la cicatrisation du chancre. — Le chancre syphilitique ne laisse pas après lui de cicatrice permanente; souvent même il s'efface en quelques semaines d'une façon complète et absolue.

Durée. — Moyenne habituelle. — Variétés. — Exemple d'un chancre ayant accompli toute son évolution en quatorze jours.

Un fait majeur résume et domine la symptomatologie du chancre : Importance minime et bénignité singulière de la lésion, d'un bout à l'autre de sa courte durée.

— Comment les/ommes appellent usuellement l'accident initial de leur maladie.

Conclusion.

Messieurs,

C'est du chancre considéré en tant que lésion, que je vous parlerai aujourd'hui.

Pour rester fidèle à mon programme, j'interrogeraitout d'abord les faits expérimentaux, leur demandant de nous fournir le type parfait, accompli, du chancre. Puis, je rapprocherai de ce chancre expérimental le chancre de contagion, celui que nous offre la clinique, et je vous montrerai l'identité de ces deux lésions.

Si nous consultons, au point de vue qui nous intéresse actuellement, les données fournies par ces expériences d'inoculation dont je vous ai si souvent parlé, nous constatons d'abord ceci : c'est que les phénomènes observés ont toujours été absolument les mêmes pour l'un et l'autre sexe. Que l'inoculation ait été pratiquée sur un homme ou sur une femme, toujours les mêmes accidents se sont produits, dans le même ordre et avec une parfaite identité de caractères. Cela devait être, cela est.

Quelle est, en second lieu, la symptomatologie du chancre expérimental? Quelques mots suffiront à la résumer dans ses caractères principaux.

Après une incubation de plusieurs semaines en moyenne, le premier phénomène pathologique qui se révèle à l'observateur consiste en l'apparition au point inoculé d'une petite saillie rou- (jeâlre, saillie qui a été qualifiée de la sorte par les divers expérimentateurs : « petite papule, tache ouélevure rougeâlre, rougeur cuivrée devenant une élevure papuleuse, papule cuivrée, saillie tuberculeuse, etc. »

Puis, cette papule se couvre de squames, devient écailleuse ou croûteuse, s'exfolie en un mot, et aboutit à une érosion superfi-

Page 1