CHANCRE EXPÉRIMENTAL
cielle; érosion qui tantôt reste à découvert, comme une plaie, en fournissant un léger suinLement, et tantôt se couvre de croûtes plus ou moins persistantes.
En même temps cette papule se développe ; sa base s'étend en surface, s'épaissit et durcit à la fois. A cette époque, la lésion est qualifiée par les observateurs des dénominations « de condylome dur, de tubercule, de plaque noueuse, de papule indurée ».
Tel est le stade initial de la lésion. Il se résume donc en ces trois phénomènes successifs :
1" Production d'une saillie ou papule rougeâtre au point inoculé ;
2° Érosion superficielle de cette papule ; 3° Épaississement, rénitence croissante, induration de la papule érodée.
Poursuivons. — Ultérieurement, cette lésion papuleuse s'accroît; elle s'élargit et s'épaissit en même temps; elle augmente à la fois de volume et de rénitence; elle devient alors « un condylome épais et résistant, un tubercule dur, une plaque indurée, un véritable tubercule plat avec induration de sa base, etc. »
Simultanément, sa surface primitivement sèche ou squameuse se convertit en une érosion, en une ulcération superficielle, laquelle s'étend, s'élargit excentriquement, suppure à découvert, ou bien se couvre de croûtes.
A cette époque, la lésion est parvenue à son plein développement.
Ce second stade — stade de maturité du chancre, si je puis ainsi parler — n'est, à vrai dire, que la continuation, sous la même forme, des phénomènes initiaux. Car il ne se caractérise, au total, que par ces deux phénomènes : ampliation de la papule primitive, d'une part; et, d'autre part, développement centrifuge de l'érosion.
Constituée de la sorte, la lésion reste un certain temps stationnaire, sans modifications bien appréciables. Il devient évident qu'elle s'est limitée. Puis, les bords de l'érosion ne tardent pas à être envahis par un travail cicatriciel; la plaie se ferme peu à