‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 4 sur 252 · PROGRAMME DU COURS. U · texte numérisé non relu

PROGRAMME DU COURS. U

siLions k l'étude, de conceptions théoriques, d'iiypothèses à vét rifier.

Je voudrais aussi, dans ces conférences — et ce n'est pas là, certes, la moindre ambition de mon programme — vous présenter la syphilis sous un côté médical trop négligé, ce me semble, jusqu'à ce jour. Longtemps la syphilis n'a été étudiée que d'une façon presque exclusivement chirurgicale. Longtemps elle n'a paru consister qu'en des manifestations extérieures, visibles et tangibles, telles qu'ulcérations, éruptions, tumeurs, etc. ; tandis qu'au contraire, depuis le jour où elle a été plus intimement analysée dans ses symptômes, elle a été surprise influençant dès la période secondaire les systèmes intérieurs, troublant les fonctions splanchniques, retentissant jusque sur les viscères les plus pro ; fonds, et déterminant en un mot une foule de désordres dont l'étude rentre dans le domaine de la médecine proprement dite Médecin, je m'attacherai à étudier la syphilis en médecin, et à vous la décrire sous un aspect encore trop peu connu.

Me plaçant à ce point de vue, je consacrerai plusieurs des réu nions qui vont suivre à vous convaincre d'une importante vérité que beaucoup de mes confrères considéreront comme un paradoxe, à savoir : que la syphilis secondaire est pour le moins aussi viscérale dans ses manifestations que la syphilis tertiaire; qu'elle n'est pas confinée, comme on le croit généralement, dans ce cadre banal de symptômes extérieurs où la restreint une aveugle routine ; que tout au contraire elle a pour habitude, et cela chez la femme plus particulièrement, d'étendre son action aux systèmes intérieurs et d'influencer activement la vie splanchnique.

Combattre et ruiner, si je puis y parvenir, nombre d'erreurs et quantité de préjugés répandus sur la syphilis des femmes; — affermir et propager quelques vérités acquises et rigoureusement démontrées; — ajouter au faisceau des notions communes un certain nombre de faits nouveaux que m'a révélés l'étude attentive de la maladie; tel est, en définitive, Messieurs, le programme que je me suis tracé pour ces conférences, et que, dans la mesure de mes forces, je vais essayer de remplir, comptant à la fois, pour me

^> DÉIJUT DK LA MALADIE.

soutenir dans celle làclic, et sur rintcrôl môme du sujet et sur votre bienveillance.

Je vous disais à l'instant que l'étude à laquelle nous allions nous livrer serait iccondc en questions difficiles, débattues, controversées. Eh bien, dès notre premier pas, dès notre entrée en matière, nous rencontrons une de ces questions, et l'une à coup sûr des plus intéressantes comme des plus essentielles à résoudre. C'est la suivante : Comment débute la syphilis chez la femme?" Quels sont les symptômes initiaux qui en accusent la pénétration dans l'organisme?

Toutes les solutions possibles, imaginables, ont été données h ce grave et difficile problème. Vous allez en juger.

Pour les uns, la syphilis delà femme, comme celle de l'homme, n'a qu'un symplôme de début, qu'un exorde possible, le chancre. Pour d'autres, elle s'annonce bien toujours par un chancre, mais par un chancre quelconque, induré ou non induré, clianci'e huntérien ou chancre simple. Pour d'autres encore, elle peut reconnaître indifféremment pour origine soit un chancre, soit une* blennorrhagie. Pour d'autres enfin, représentants de toutes les vieilles erreurs réunies, elle est susceptible de succéder également à n'importe quelle forme d'accidents vénériens, chancre, blennorrbagie, végétations, balanite, bubon , etc. Et ce n'est pas tout encore. Car parmi ceux-là même qui proclament hautement l'individualité de la syphilis en tant qu'espèce nosologique et différencient soigneusement cette maladie des autres affections vénériennes, l'accord est loin d'être fait sur la question particulière qui nous occupe actuellement : les uns professant que le chancre est la forme exclusive sous laquelle se présente la vérole à son début, les autres admettant que son invasion peut tout aussi biens'annoncer par des phénomènes très différents, tels que la plaque muqueuse, les éruptions cutanées, les adénopathies, les douleurs rhumatoïdcs, etc.

Ouvrez vos livres, Messieurs, et dites-moi si vous n'y trouvezpas formulées toutes ces opinions contradictoires, dites-moi st j'exagère en rien le tableau de ces divergences.

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