SYPHILIS EXPÉRIMENTALES
Mais ne vous efl'rayez pas. Il n'est pas impossible tic sortir de ce chaos. J'espère vous en convaincre avant la fin de cette coniërence.
Une étude préalable pourra tout d'abord nous fournir d'utiles (lumières pour la solution du problème que nous agitons actuellement. Recherchons — et ceci ne sera qu'une digression apparente au programme que je vous traçais il n'y a qu'un instant — recherchons, dis-je, comment la syphilis procède à son début chez lliomme. D'une part, en effet , chez l'homme, les phénomènes •cliniques de la contagion sont bien plus facilement saisissables et inteiprétables que chez la femme. Et, d'autre part, s'il nous était démontré que chez l'homme la maladie procède à son origine de telle façon et non de telle autre, nous aurions par cela seul de fortes raisons de croire qu'elle doit être soumise chez la femme aux mêmes lois d'évolution.
Or, chez l'homme, Messieurs, la chose est jugée, la vérité est conquise. Nous savons aujourd'hui, d'une façon que je puis dire péremptoire et définitive, comment se gouverne la syphilis à son début chez l'homme, quels en sont les phénomènes initiaux, quel fin est le mode d'évolution primitive.
Gela, nous le savons, grâce d'abord à l'observation clinique; mais nous le savons aussi, et d'une façon qu'à dessein je qualifie une seconde fois de péremptoire, de par les données positives de V expérimentation. Je m'explique.
Pour se soustraire aux erreurs possibles de la contagion commune, quelques médecins se sont avisés de créer de toutes pièces des syphilis expérimentales, qu'ils faisaient éclore sous leurs yeux et dont ils surveillaient à loisir le développement. A parler net, ils ont inoculé la vérole à des sujets sains, choisis comme sujets d'expérience.
Si j'avais à juger ici la moralité de tels actes, je vous dirais énergiquement ce que j'en pense; mais je n'ai pas heureusement à me placer sur ce terrain, et je me sens plus à l'aise pour rendre hommage au dévouement d'autres médecins, expérimentateurs