ÉVOLUTION
conlbnd en un seul bloc toutes les glandes qui le composent, etc.
Avec les attributs cliniques que nous lui avons assignés (attributs d'indolence, d'état apblegmasique, de dureté, de mobilité, d'indépendance réciproque des ganglions, etc.), la pléiade constitue certes un des meilleurs signes de l'infection syphilitique primitive. C'est un signe pratique, d'un secours énorme pour le diagnostic; un signe que nous interrogeons constamment ici, et qui nous fournit les indications séméiologiques les plus sûres, les plus précieuses.
Tel est, Messieurs, le bubon syphilitique, à l'époque de son complet et entier développement. — Mais nous n'en avons pas fini avec lui; suivons-le maintenant dans son évolution ultérieure, qui va nous offrir encore des particularités dignes du plus haut intérêt. Cette évolution ultérieure, se résume en deux points : i" Persistance du bubon pendant un temps toujours assez lone-, et cela sous la même forme, avec les mêmes caractères cliniques ;
2° Résorption progressive et spontanée.
Quelques détails.
La persistance du bubon est chose fort curieuse. Après avoir atteint son apogée, l'adénopathie du chancre reste ce qu'elle est pendant un temps variable, mais toujours assez long, quelques semaines au minimum, deux mois en moyenne, trois, quatre, cinq mois en quelques cas. De sorte que, règle absolue, elle survit au chancre et coexiste avec les premières poussées secondaires. Puis, au delà, elle diminue, mais lentement; si bien qu'il n'est pas rare, qu'il est habituel même delà rencontrer encore, à des degrés de plus en plus atténués, dans le quatrième, le cinquième, le sixième mois de la maladie, voire au delà.
Or, comparez encore à ce point de vue. Messieurs, le bubon syphilitique et certaines autres adénopathies. Quelle différence, par exemple, entre ce bubon si persistant et l'adénite vulgaire si -fugace, si hative dans son évolution, si rapidement effacée! Quelle différence entre ce bubon et l'adénite du chancre simple, essentiellement aiguë et transitoire, du moins dans ses formes les plus communes! \
•'0 ADÉNOPATHIE PRIMITIVE.
En second lieu, l'adénopaLliie sypliililique a pour caractère de se résoudre spontanément. Et comment se fait cette résolution? Le plus simplement du monde. Sans autres phénomènes, sans incidents nouveaux, sans complications d'aucun genre, les ganglions affectés diminuent de volume, s'amoindrissent, perdent leur dureté morbide, reviennent peu à peu à leurs conditions normales, puis disparaissent. Et c'est tout; c'en est fait ainsi du bubon, qui meurt de la sorte comme il est né et comme il a vécu, sous forme d'une lésion indolente, aphlegmasique, insensible, souvent même latente et ignorée.
Et maintenant, Messieurs, connaissant dans ses détails l'histoire pathologique de ce bubon, veuillez, je vous prie, l'envisager dans son ensemble. N'êtes-vous pas frappés d'un fait majeur, d'un fait qui domine et résume toute cette évolution morbide, à savoir : le caractère AniLEGMASiQUE de ce bubon, de ce bubon qui naît, se développe et se termine à froid, qui d'un bout à l'autre de sa longue durée n'offre aucun phénomène inflammatoire, aucune tendance à se compliquer d'accidents hyperémiques. C'est que tel est, en somme, le bubon du chancre infectant, un bubon froid par excellence. C'est moins, comme on l'a dit, une adénite qu'une sorte d'adénopathie plastique. C'est moins un bubon qu'une induration ganglionnaire. Le bubon du chancre syphilitique, pour reprendre le mot de M. Ricord, c'est tout simplement « V induration chancreuse transportée dans les ganglions ».
Corollaire tout naturel : la terminaison fréquente des adénites simples, la terminaison habituelle de l'adénite du chancre mou, c'est-à-dire la suppuration, Vabcès, est pour le bubon syphilitique une terminaison presque inconnue.
Livré à lui-môme, non excité par des provocations étrangères, non sollicité par des influences diathésiques, le bubon du chancre syphilitique ne suppure jamais.
Consultez à ce sujet les observations de syphilis expérimentale. - Dans aucune d'elles vous ne trouverez mention ni d'adénite suppurée, ni même d'état inflammatoire des ganglions.
Consultez la clinique. Elle vous répondra de même : le bubon