PÉRIODE SECONDAIRE— DE L'ÉTAT GÉNÉRAL DVRAIVT CETTE PÉRIODE
Sommaire. — Deuxième incubation ou période muette succédant au chancre et préludant à l'explosion des symptômes secondaires. — Durée habituelle de cette période. — Variétés.
Manifestations consécutives. — Quels caractères les différencienl; des phénomènes primaires? — 1» Caractère chronologique de lésions postérieures au chancre; — 2» Caractère clinique de phénomènes disséminés, généralisés.
Méthode chronologique présidant à l'évolution de ces manifestations consécutives. — De ces manifestations, les unes sont naturellement appelées à se produire de bonne heure, d'autres plus tard, d'autres plus tard encore. — Différentes chronologiquement, les manifestations de divers âges diffèrent 'encore entre elles par d'autres caractères, caractères de siège, de forme, de gravité, etc.
Nécessité d'une classification à introduire dans les symptômes multiples de la maladie. — Essais d'une époque éloignée. — Classification de M. Ricord. — En dépit des reproches qu'on peut lui adresser, cette dernière classification, modifiée dans quelques-uns doses termes, est très suffisante enpratique, et surtout très conforme à l'esprit de la maladie. — Division de la syphilis en trois étapes ou périodes : période primitive; — période secondaire; — période tertiaire. — Caractères des accidents propres à chacune de ces périodes.
Début de la période secondaire. — Chez l'homme l'entrée dans la période secondaire se fait en général d'une façon uniforme et inconsciente; chez la femme elle est plus complexe et moins larvée. — Quels accidents la signalent le plus habituellement?
Coup d'oeil d'ensemhlc sur la période secondaire. — La syphilis se borne-t-elle, comme on l'a dit, à n'affecter que les tissus superficiels pendant cette période? — Vieille erreur à réformer à ce sujet. — La syphilis, même jeune, môme secondaire, peut influencer tous les tissus, tous les organes. — Elle est môme aussi souvent viscérale à cette époque qu'à la période tertiaire.
Revue rapide des accidents qui composent la période secondaire. — Différences d'un se.\e à l'autre sur ce point. — Trois ordres de phénomènes, sans être
spéciaux ;i la fomiup, s'observent chez elle d'une façon bien plus commune que chez riiomnic, à savoir : 1» Douleurs. Il est habituel que la femme souffre plus que l'homme lîc la syphilis secondaire; — Troubles nerveux; — 3" Troubles généraux. — La sypliilis s'en prend plus souvent à la sanlé chez la femme que chez l'homme. — Quatrième ordre d'accidents spéciaux à la femme : troubles utérins, avorlement, etc. — En somme, la période secondaire est, dans le sexe féminin, bien plus complexe et plus viscérale que chez l'homme.
De l'état général des femmes syphilitiques pendant la période secondaire. — A ce point de vue, variétés et môme dissemblances entre les diverses malades. — Tolérance absolue de certaines femmes pour la syphilis. — Pour d'autres, la syphilis crée à des degrés divers un véritable état de maladie. — Comment la santé est-elle atteinte par la syphilis? — Deux modes d'influence de la diathèsc sur l'étal général : 1° Type chloro-anémique. Ses caractères. — 2" Deuxième type : Asthénie ou langueur syphilitique. — Quels symptômes constituent ce type et le différencient du précédent? — Asthénie générale de l'organisme. — Asthénie spéciale de chaque fonction.
La débilitatiou générale qu'apporte la syphilis dans l'organisme peut être grave de deux façons : 1° grave par elle-même; — 2° grave par ses conséquences indirectes. — Elle diminue la résistance de l'individu aux causes morbifiques qui peuvent l'atteindre. — Elle excite ou favorise le développement de certaines diathèses, de certains germes morbides en puissance : scrofule, tuberculose, dartre, herpès, etc." — Incitation fréquente de la scrofule sous l'influence de la vérole. — De la phtisie d'origine syphilitique. — • La vérole devient surtout grave dans le cas oîi elle agit sur l'organisme de façon à le déprimer, à l'appauvrir. — Sur quelles bases doit être formulé le pronostic véritable de la maladie?
Conséquence pratique : nécessité de traiter la vérole non pas seulement pour elle-même, mais en prévision des dangers indirects auxquels elle expose.
Messieurs,
Le chancre el le bubon, que je vous ai décrits jusqu'ici, composent ce qu'on appelle la syphilis primitive.
Ainsi que je vous l'ai dit dans l'une de nos précédentes Conférences, ces deux accidents restent pour un cei'tain temps les seit/es manifestations par lesquelles se traduit la maladie. Pour un certain temps rien autre ne se produit, rien autre n'accuse la présence du virus dans l'organisme.
Puis, au delà de ce temps, se fait une explosion d'autres phénomènes morbides, dits accidents généraux ou constitutionnels. — ■ Ainsi procède, comme nous l'avons vu, la diathèse syphilitique.
Or, avant d'aborder l'étude de ce second ordre d'accidents, une question se présente à résoudre : quelle est exactement la durée