SpantoD, Lancet
1094 CARCINOSE PROSTATO-PELVIENNE DIFFUSE.
La question de l'intervention radicale étant jugée, nous n'avons plus qu'à nous demander ce qu'il est possible de faire au point de vue palliatif.
Contre les douleurs, on peut utiliser les lavements au chloral, au laudanum, les suppositoires calmants de toute sorte à base d'opium, de morphine, de cocaïne, d'iodoforme, de belladone, de jusquiame et surtout les injections souscutanées de morphine.
Contre la rétention d'urine, il faut recourir au cathétérisme qui est généralement possible avec une sonde en caoutchouc ou tout au moins une sonde en gomme, à béquille. Lorsque ce cathétérisme sera pratiqué en temps opportun et avec toutes les précautions antiseptiques, on aura les plus grandes chances d'éviter la cystite.
Quant à la constipation qui résulte parfois de la compression du rectum, il suffit, le plus souvent, de favoriser l'évacuation des matières par des lavements portés aussi haut que possible avec une sonde ou par des laxatifs et même au besoin par des purgatifs.
Presque toujours vous parviendrez, en vous en tenant à ces moyens, à rendre la vie supportable. Mais dans certains cas, très rares il est vrai, vous pourrez vous trouver en présence de deux accidents qui seraient de nature à imposer une intervention chirurgicale palliative. Je veux parler de l'obstruction rectale complète et de la rétention d'urine complète avec impossibilité de pratiquer le cathétérisme.
Dans le premier cas, la colotomie soit lombaire soit iliaque serait indiquée. Elle paraît avoir été pratiquée pour la première fois par Oswald' en 1883. Depuis, Fenwick = y a eu recours également sur deux malades dont l'un succomba rapidement, tandis que l'autre se maintenait encore plusieurs mois plus tard.
L'impossibilité de pratiquer le cathétérisme, quand il y a
i. Oswald, Britishmed. Times 1883. 11,423. •2. Fen-wick, British mcd. journ. Oct. 1887.
TRAITEMENT
rétention complète, obligerait aussi à une intervention palliative. La ponction aspiratrice peut momentanément écarter le danger, mais ne saurait être indéfiniment répétée. En pareil cas, Warthon', en 1882, a pratiqué la taille périnéale. Le malade mourut de péritonite huit jours après. En 1884, Réginald Harrisson ^ fit, dans le même but, la taille médiane et parvint à extirper une masse pédiculée saillante dans le canal. Lorsque toute extirpation paraît impossible, ce chirurgien conseille la prostatotomie et le drainage de la vessie; il devrait, à mon avis, être fait par l'hypogastre.
En terminant, Messieurs, je n'hésite pas à vous répéter que les cas où une intervention palliative de ce genre est formellement indiquée resteront toujours très exceptionnels. Dans l'immense majorité des cas, il vous suffira de combattre la douleur et de pratiquer, s'il y a lieu, le cathétérisme évacuateur.