Hache. Étude clinique sur les cystites, 1884, p. 00 à T
"^^^ DES CYSTITES.
avec celles de la vessie, auraient pu être d priori très significatives. Elles étaient de nature à faire prévoir le retentissement facile des congestions ou des inflammations de l'utérus sur la vessie et à en fournir d'avance une explication toute naturelle.
Les deux artères de beaucoup les plus importantes de celles qui se rendent à l'utérus sont les artères utérines. Elles proviennent du tronc des hypogastriques et reconnaissent, par conséquent, la même origine que les artères inférieures de la vessie. De plus, les artères utérines fournissent directement à la vessie une bonne partie de ses artères postérieures. Ces diverses connexions vasculaires sont assez intimes, comme le fait très logiquement remarquer M. le Eug. Monod, pour entraîner une véritable solidarité physiologique entre ces deux organes.
D'un autre côté, M. le D'' Gillette a également démontré que le système veineux de la vessie, très développé chez lu femme, offrait des communications multiples avec celui dn l'utérus Ce sont principalement les veines postérieures de la vessie qui vont se réunir à celles qui proviennent de la face antérieure de l'utérus pour s'anastomoser entre elles et se jeter ensuite dans le plexus utéro-ovarien qui longe de chaque côté les bords de l'utérus.
Vous le voyez, les rapports vasculaires entre les deux organes sont nombreux et importants. Sans doute, la la circulation de la vessie n'est pas entièrement placée sous la dépendance de celle de l'utérus, et ne subit pas fatalement toutes ses variations chez tous les sujets. 11 est cependant impossible que des connexions anatomiques aussi étroites, portant à la fois sur les artères et sur les veines, ne se retrouvent pas en physiologie et en pathologie. C'est particulièrement du côté de la vessie que nous" devons nous
1. GilleUe. Recherches anatomiqiiex sur les veines de la vessie cl sur les plexus veineux intra-peloicns. [Journal de l'amtomie et de la •physiologie. ^m^, p. 487.
CYSTITE CHEZ LA FEMME
attendre à observer les conséquences d'un tel état de choses, tandis que l'utérus ne subira que très faiblement l'influence de la vessie. Les vaisseaux de l'utérus sont, en effet, beaucoup plus importants que ceux du réservoir de l'urine et ils sont le siége a certains momenls, et en particulier pendant les règles et au cours de la grossesse, d'un afflux sanguin vraiment énorme qui ne peut jamais avoir son équivalent du côté de la vessie ni dans les conditions physiologiques ni même dans les états pathologiques.
L'observation nous montre, en effet, que le retentissement d'un organe sur Vautre n'est pas réciproque. C'est du côté de . la vessie exclusivement que nous pouvons le constater. Mais on peut le surprendre facilement.
Il suffit d'interroger un certain nombre de femmes prises au hasard sur les sensations qu'elles éprouvent du côté de la miction, à chaque période menstruelle, pour apprendre que les envies d uriner sont notablement plus fréquentes et parfois même légèrement douloureuses au début des règles. Chez quelques-unes, ces phénomènes sont précurseurs et annoncent la prochaine apparition des époques.
Ces troubles vésicaux, variables avec les femmes, sont d'autant plus intenses que la congestion dans les organes pelviens est plus prononcée. Aussi, toutes choses égales, sontelles plus fréquentes et plus vives chez les multipares, et surtout chez les multipares dont l'utérus est resté gros, en état plus ou moins marqué de subinvolution. Le Chenet, rapporte un certain nombre de faits qui sont, à cet égard, très
démonstratifs '.
D'un autre côté, les inflammations de la vessie sont fréquemment influencées par les règles. Elles deviennent un peu plus aiguës à ce moment, pour revenir ensuite à leur état antérieur. Cela s'observe particulièrement pour les différentes formes de cystite chronique, quelles qu'en soient du reste les causes et la nature. C'est là un fait clinique dont