I . Voyez p. iOO et suiv. : DiagnoHic des calculs véeicaux
DES CYSTITES.
SOUS le chloroforme. Il n'est pas douteux que le chloroforme n'agisse sur la vessie, mais, dans la cystite douloureuse, il n'agit que d'une façon très incomplète. A l'état normal, la vessie est complètement insensible pendant presque toute la durée de la chloroformisation et les réveils de la sensibilité qu'on observe de temps en temps sont extrêmement courts. C'est ce que démontre avec la plus grande évidence la pratique de la lithotritie. A l'état pathologique, les choses sont renversées. Ce ne sont plus de courts réveils de la sensibilité qu'on observe. Pendant presque toute la durée du sommeil chloroformique, la vessie reste intolérante et ne présente que de très courts instants de repos. Cela ne suffirait pas pour permettre d'entreprendre et de mener à bien une opération telle que la lithotritie, mais il n'en faut pas davantage pour rendre possible une exploration méthodique et fructueuse. Il faut recourir à l'emploi du chloroforme non seulement pour épargner au malade des manœuvres particulièrement pénibles, mais surtout pour empêcher la vessie d'entrer en révolte contre l'mstrument, ce qui lui permettrait de dissimuler dans ses plis un calcul même volumineux.
Quant à Vétat des reins, vous en jugerez d'après les caractères de l'urine (polyurie trouble), d'après la proportion des matériaux qu'elle contient et la présence de certains éléments epithehum et cylindres rénaux, d'après les signes physiques' augmentation de volume et douleurs perçues à l'exploration des rems par la recherche combinée des deux mains et surtout par le ballottement, enfin d'après l'état général l'existence ou l'absence de troubles digestifs, de fièvre, etc.
Le pronostic est toujours sérieux ; dans les cas moyens les traitements médicaux bien dirigés impriment souvent une modification très favorable à la maladie, ils ne parviennent pas toujours à la faire disparaître et, dans les cas graves on est constamment obligé de recourir à une intervention chirurgicale.
Le traHement, je n'ai pas à vous le répéter, a la douleur comme principal objectif. Si l'exagr-ration et la permanence
CYSTITE DOULOUREUSE.
de ce symptôme justifient et appellent un acte opératoire, vous ne devrez pas oublier la distinction toute clinique des cas moyens et des grands cas. Vous guérirez les premiers sans opération ; ce sont les seconds que vous ferez bénéficier de votre habileté chirurgicale.
Comment traiterez-vous les malades qui ne vous offrent que la résistance aux médications usuelles beaucoup plutôt qu'une extrême exagération de la sensibilité vésicale. Vous les traiterez par le nitrate d'argent. Lorsque nous nous occuperons du traitement des cystites en général, je vous donnerai tous les détails nécessaires sur son mode d'emploi. Qu'il me suffise maintenant de vous dire, que c'est aux instillations que vous aurez recours.
Autant les injections seraient inutiles et même nuisibles parce qu'elles provoquent toujours de la tension et ne servent ainsi qu'à exaspérer ces phénomènes douloureux, autant vous obtiendrez de bons résultats par les instillations. Vous n'avez pas oublié ce prostatique dont je vous ai longuement entretenus ' et que ce mode de traitement a très rapidement débarrassé de douleurs excessives pour lesquelles le malade réclamait l'intervention chirurgicale. La guérison n'est ordinairement pas rapide ; l'ancienneté des lésions le fait comprendre. Vous devrez donc patiemment poursuivre votre thérapeutique ; pour peu que vous obteniez un amendement, vous emploierez plusieurs semaines, quelquefois des mois avant de réussir complètement. Dans certains cas, par exemple, dans les cystites tuberculeuses et néoplasiques, les instillations sont formellement contre-indiquées. Alors il est possible, même dans un cas de moyenne intensité, qu'on soit exceptionnellement conduit à intervenir par un acte chirurgical. Mais, dans les cas moyens, il est de règle que la guérison soit obtenue sans opération.
Dans les cas graves tous les moyens précédents peuvent et doivent être employés pendant cette période d'observation qui