IX. — CYSTITE MEMBRANEUSE
(Deux variétés : C. pseudo-membraneuse el C. eafoiiante ou gumjréneuse.)
Historique. - Théorie de 1 exfoliation défendue par les premiers observateurs • Ruysch, Bœrhaave, Morgagni, universellement remplacée plus tard par la théorie do 1 exsudation. - Faits récents qui établissent la réalité des deux espèces : Cystite pseudo-membraneuse proprement dite et cystite exfoliante ou gangreneuse.
Étioluf/ie. — Acuité des phénomènes inflammatoires surtout quand il y a rétention ; intoxication caniharidienne; calculs vésicaux. - Opérations de taille et de lithotntie. - Rétroversion de l'utérus gravide. - Accouchements lubo-
A?ialo>me pathologique. ~ Fausses membranes. - Forme, étendue, couleur épaisseur, consistance, adhérences, aspect des faces, incrustations calcaires!
- biege dans les diverses parties de l'appareil urinaire. - Extension aux
Zf,T^ 7!rT^' 7- !^^f'°"' '■«"comitantes de la vessie, des uretères et des . leins. — Examen histoiogique.
^'it'uTLZ"'"^' r ou .£angrèjie,-„ Exfoliation de la mu-
mi scluse W mlT-'^"'"''' ^ "f^'"ée^(rê%-artir oïï-tolalité de la couche musculeuse , de toute 1 épaisseur de la paroi vésicale y compris le péritoine
Sympto>nato og>e. - L'affection n'est pas primitive. - Rediubl.ment S lé HSt"uSr'"tn^''rf^ urines reur'rûî^
- DirculS^u nnn I '''' ^""'"'^ membranes. - Accidents de rétention. Liiiiicuites du cathetensme evacuateur ■* • • — ~—
^'eTctniMl ~ h' ^^'^ ^^J'^"'- °" rexpulsion des membranes
est impossible. '""^ ^^'^^ l'expulsion; mort habituelle quand elle
Traitement - Cathétérisme répété ou sonde à demeure - Lavaces anti^e-. tiques fréquents de la vessie. - Au besoin cystolomie ^ '
Messieurs,
Toutes les pièces que j'ai fait réunir sur celte table, et qui lont partie de la collection anatomique recueillie par mes soins dans cet hôpital, représentent autant de cas plus ou moins remarquables de cystite membraneuse. Cette variété Cl inflammation delà vessie mérite de fixer notre attention au même titre que la cystite douloureuse que nous avons précé-
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deinment étudiée. Pour cette dernière, nous avons vu l'exagération et la persistance d'un symptôme donner à la maladie une physionomie clinique toute particulière, créer des indications thérapeutiques spéciales, constituer en un mot une véritable entité morbide. Pour la cystite membraneuse, il ne s'agit plus d'un symptôme, mais d'une lésion, d'une particularité anatomo-pathologique, à savoir la production dans la vessie d'une membrane plus ou moins étendue, allant parfois jusqu'à former un sac entier. Cette lésion insolite est par ellemême très intéressante. Sa structure et sa palhogenie ont depuis longtemps excité la plus vive curiosité. Mais, de plus, elle se produit au cours d'une affection antérieure de la vessie, dont les symptômes subissent des modifications particulières au moment où se forment les membranes, et enfin celles-ci donnent lieu, par elles-mêmes, à certains troubles fonctionnels qui sont la conséquence directe de leur présence. 11 résulte de tout cela que cette espèce de cystite mérite une place à part dans le cadre nosologique, aussi bien par ses manifestations cliniques que par ses lésions analomiques.
Sous des apparences à peu près identiques, la maladie présente deux variétés bien distinctes au point de vue de la nature des membranes et de leur mode de formation. Il est absolument démontré qu'elles sont constituées dans certains cas, les plus fréquents à mon avis, chez l'homme du moins, par un exudat fibrineuœ plus ou moins comparable à celui des fausses membranes que l'on observe si communément dans les affections inflammatoires des séreuses, mais il n'est pas douteux que, dans un grand nombre d'observations, particulièrement recueillies chez la femme, dans les cas de rétroversion de l'utérus gravide ou d'accouchement laborieux, elles soient dues à une véritable exfoliation de la paroi vésicale.
Toutefois, cette opinion éclectique n'a pas été acceptée de tout temps. Aujourd'hui encore elle est combattue par un certain nombre d'auteurs, qui défendent exclusivement l'une ou l'autre manière de voir.
GUVON, — Ad. chjr. de la vossie. j-g
Les premiers observateurs qui ont eu l'occasion d'examiner des membranes rejetées par l'urèthre ou trouvées à l'autopsie dans In cavité vésicale, ont discuté leur nature et conclu à Xexfoliation de la muqueuse. Parmi eux, je vous citerai Willis*,Ruysch,Boerha.ave et plus tardMorgagni-. «Des (( portions de muqueuse vésicale, dit ce dernier, peuvent se <( séparer sans qu'une hémorrhagie survienne. Il est certain « qu'une hémorrhagie n'était pas survenue chez une dame <( dont parle Willis et qui avait rendu, fort longtemps avant « sa mort, une membrane épaisse et large remplie de matière « sablonneuse. Or, il est constant par la dissection du cadavre « que cette membrane était une partie delà tunique interne de c( la vessie. L'hémorrhagie ne survint pas non plus chez deux « femmes qui rendirent une membrane que Ruysch et Boer- « haave virent très bien et qui, dans l'un des cas, était comme « parsemée de petits cailloux. Il n'est pas croyable que de « tels hommes aient pris pour une véritable membrane une (( fausse membrane..; » Plus loin Morgagni parle encore d'un cas de Rouhault dans lequel la membrane qui représentait en surface au moins les deux tiers de la tunique interne de la vessie, offrait des vaisseaux qui lui étaient propres. Si donc Morgagni n'affirmait pas que tout ce qui sort de la vessie sous forme de membrane était une véritable membrane, il avait évidemment tendance à le croire et réunissait à l'appui de cette manière de voir un certain nombre de faits en apparence très concluants.
Un demi-siècle plus tard cette opinion sur la nature des membranes vésicales s'était notablement modifiée. Vous en jugerez par ce passage de la thèse inaugurale de Fontaine
publiée en 1815 ^
« Que doit-on penser de ces membranes plus ou moins
« étendues qui ont été excrétées et rejetées par l'urèthre.