Moidenhauer. Arch.f. Gi/naek. t. VI, 1873, p
6. Pinard et Varnier. Arch. de gynécologie, nov. 1886, p. 346 et février 1887, p. ii4.
CYSTITE MEMBRANEUSE. '
lions irrégulières, dont les unes étaient noirâtres, les autres rouges. L'autre face était tomenteuse, de coloration rosée, très vascularisée. Cette membrane n'avait pas d'odeur fétide. Elle était résistante et on ne parvenait que difficilement à la déchirer.
L'examen microscopique, confié à mon ancien interne, M. le D'" Clado, dont je vous ai souvent signalé la compétence, a été pratiqué sur deux fragments empruntés, l'un à la membrane exfoliée, l'autre à la paroi vésicale.
La structure du premier était celle de la muqueuse vésicale très enflammée, très altérée, et d'une partie de la couche superficielle de la muqueuse qui la doublait. De la surface vers la profondeur on pouvait reconnaître : T le tissu de la muqueuse composé d'un grand nombre d'éléments embryonnaires réunis entre eux par des fibres conjonctives fines et en petit nombre. On y trouvait, en outre, des vaisseaux nombreux qui, par place, offraient à la coupe un état presque caverneux. Ils étaient bourrés de globules. Ce sont là les lésions d'une inflammation très vive. Elles étaient reconnaissablés dans toute l'étendue de ce fragment. Quant à l'endothélium vésical, il avait complètement disparu; T vers la partie profonde, on trouvait des fibres musculaires lisses en rrrand nombre, mais étalées sur une couche très mince et faisant défaut en certains endroits.
Le deuxième fragment pris sur la vessie, en un point indemne d'exfohation, offrait presque toutes les couches normales. De la surface à la profondeur on constatait d'abord la disparition du revêtement épithélial; la muqueuse se présentait à peu près dans le même état que dans l'autre fragment; puis on voyait la musculeuse avec quelques lobules adipeux de place en place et le tissu conjonctif interposé entre les différentes couches. Çà et là la muqueuse faisait défaut et la musculeuse était à nu.
Dans le fait qu'il a rapporté, Schatz mentionne un détail anatomo-pathologique auquel il attache une grande importance pour expliquer le décollement de la membrane et
o^o DES CYSTITES.
que je dois vous signaler, bien qu'il n'ait été rencontré par aucun autre observateur. C'est l'existence, au niveau du sommet de la vessie, d'un épanchement sanguin situé entre la membrane musculo-muqueuse détachée et le reste de la paroi vésicale. Il édifie sur ce fait toute une théorie de l'exfoliation. Les diverses couches de la paroi vésicale offrent, dit-il, une extensibilité très différente : la muqueuse et la couche musculeuse interne atteignent bientôt leur maximum de dilatation, tandis que le péritoine et la couche musculeuse externe peuvent se laisser distendre encore. De petites ruptures vasculaires se font entre les deux couches, lorsque la plus interne est surdistendue. Les épanchements sanguins multiples ainsi déterminés expliqueraient le mécanisme du décollement. Il ajoute que ce décollement commence toujours par le sommet où la pression qui s'oppose à la distension de l'organe se trouve à son minimum. Mais, comme le font observer MM. Pinard et Varnier, l'observation de Schalz est la seule dans laquelle on ait rencontré le caillot en question; d'autre part, le décollement commence, le plus souvent', au niveau du col, ainsi que le prouvent un certain nombre d'autopsies dans lesquelles le sac n'adhérait qu'au niveau du sommet; enfin, la théorie de Schatz ne saurait s'appliquer en aucune façon aux faits qu'il nous reste à passer en revue et dans lesquels la ^nembrane détachée comprenait toute l'épaisseur de la paroi vésicale y compris le péritoine.
Ce sont les observations de Frankenhaeûser, de Madurowicz, de Krukenberg. Elles sont particulièrement intéressantes et méritent quelques détails.
Le cas de Frankenhaeûser'^ fut suivi de guérison. La malade, revue trois ans plus tard, conservait des envies très fréquentes d'uriner, une cinquantaine de fois dans les 24 heures. L'exfoliation vésicale ne s'était pas produite en une seule
1 . Olto Mauer. IJeher die ExfoUation der Blasenschlcimhaut . Dissertation. ■'• Berlin, 1880, in-S», .H p.