‹ Lecons cliniques sur les maladies abdominales et sur l'emploi interne des eaux mineralesChapitre 1 sur 15 · PLACE DE L'ODÉON · texte numérisé non relu

PLACE DE L'ODÉON

iNTRODUÇTION

11 y a deux manières de procéder pour l'enseignement de la clinique médicale :

Dans l'une, le professeur a plus volontiers en vue, les maladies exceptionnelles, les faits difficiles, les « beaux cas » en un mot. Il affirme d'abord son diagnostic qu'il explique et commente ensuite, et sa principale préoccupation comme son but, est de montrer qu'il ne s'est pas trompé. 11 se livre à de savantes dissertations oii l'érudition personnelle et la science d'autrui prennent une place prépondérante, à des développements oratoires tels que le malade insensiblement disparaît derrière le maître, et la leçon se termine par quelques mots jetés à la hâte sur le traitement, comme si la thérapeutique n'était pas le but suprême delà médecine.

Dans l'autre, le professeur enseigne la clinique au jour le jour; n'oubliant jamais qu'il s'adresse à des élèves avides d'instruction, il ne dédaigne pas de leur présenter les maladies les plus habituelles, par

II Introduction

exemple un vulgaire embarras gastrique (souvent embarras de diagnostic) ou encore un simple catarrhe de l'estomac; également soucieux d'un diagnostic exact, il montre comment on doit s'y prendre pour arriver à sa connaissance, il ne l'affirme qu'après l'exposition détaillée et complète de tous les symptômes, dans le seul but d'en déduire les indications thérapeutiques qu'il discute longuement avec les moyens de traitement.

Le premier impose, en quelque sorte, son diagnostic par l'autorité de sa parole; le second l'inspire par la persuasion. Celui-là fait de la synthèse d'abord,pour terminerpar l'analyse ; celui-ci procède de l'analyse pour arriver naturellement à la synthèse.

Voilà deux méthodes. Quelle est la bonne? L'exposé rapide des leçons cliniques, que j'ai le grand honneur de présenter au lecteur, donnera la réponse.

Le professeur Zackharine, de Moscou, consacre d'abord douze leçons à un cas de catarrhe gastrointestinal chronique avec lithiase biliaire. Il arrive, à la suite de plusieurs de ces leçons, au diagnostic exact « après une analyse progressive, et ne le dévoile pas dès le premier mot ; car, s'il avait commencé par le déclarer pour analyser le malade en-

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