MANUEL OPÉRATOIRE
du fait de la première intervention, que vu la nécessité d’enlever la pièce osseuse intermédiaire au tibia et au péroné, dont nous nous sommes entretenus à propos des causes d’irréductibilité. L’ablation de ce troisième fragment a été faite péniblement et peu à peu dans la profondeur de la plaie; c’est seulement lorsqu’elle a été complète que la réduction totale de la difformité a été oblenue. Comme à la suite de la première opération, la marche de la plaie a été tout à fait aseptique; pas de fièvre; aucun suintement purulent. Aujourd’hui le pied est dans une bonne position sur la jambe; à angle droit, et sans abduction. Tout fait espérer un résultat définitif des plus satisfaisants.
Ce cas méritait de vous être rapporté; car il est fort instructif. Il vous montre qu’il faut, dans chaque cas particulier, mesurer l’élendue de la résection au degré de la difformité. Est-ce à dire que jamais l’on ne pourra se contenter d’une simple ostéotomie du péroné, au lieu de faire la résection de cet os? Ce serait une erreur de le penser; les faits sont là pour prouver que, dans certains cas, l’on a pu se contenter d’une section simple du péroné. Il y a peu de temps, M. Charvot (1) a communiqué à la Société de chirurgie une observation dans laquelle, après une ostéotomie linéaire du péroné, suivie de la résection de l’extrémité inférieure du tibia, il a pu obtenir la reconstitution de la mortaise tibio-tarsienne, et la restitution des mouvements du pied et des fonctions du membre. A propos du fait précédent, M. Terrillon a même signalé un cas dans lequel il lui a suffi d’une simple section transversale du péroné, sans aulre intervention sur le squelette, pour obtenir le redressement du
(1) Bull, et Mém. Soc. dechir., 3 octobre 1888. Kirmisson. — Leçons.