‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 103 sur 156 · FAITS CLINIQUES · texte numérisé non relu

FAITS CLINIQUES

la soirée du 10 juillet 1888, une fracture du péroné avec arrachement de la malléole interne, en tombant dans un escalier. Elle fut apportée le lendemain à F hôpital; à ce moment, la région du cou de pied présentait un gonflement considérable ; il y avait une subluxation du pied en dehors, et à 6 centimètres environ au-dessus du sommet de la malléole externe, une dépression en coup de hache extrêmement prononcée. On constatait en même temps de la douleur à la pointe de la malléole interne, du ballottement de l’astragale, en un mot tous les signes d’une fracture de Dupuytren.

En présence de ce gonflement considérable, on se contenta, le premier jour, de déposer le membre dans une gouttière, et ce fut le 13 juillet seulement qu’on fît l’application d’un appareil plâlré. Lorsque je pris la direction du service le 1er août, je constatai qu’il persistait une légère déviation du pied en dehors; mais comme cette déviation ne paraissait pas trop considérable, je laissai l’appareil en place.

Le 26 août, c’est-à-dire quaranle-sept jours après l’accident, la malade accusant une douleur vive au niveau de la malléole interne, nous dûmes supprimer la gouttière plâtrée. Il existait une plaie au niveau de la malléole inierne fortement saillante au côté interne du membre. En même temps nous

Fig. 23.

452 RÉSECTION TIBIO-TARSIENNE ORTHOPÉDIQUE.

constations que 1a. réduction ne s’était point maintenue; le membre présentait au plus haut degré la déformation caractéristique des fractures du péroné vicieusement consolidées. Vous en pouvezjuger, du reste, en jetant les yeux sur ce moule qui a été fait avant l’opération (voy. fig. 23).

Vous reconnaissez là tous les traits qu’à plusieurs reprises déjà, je me suis efforcé de graver dans votre esprit au cours de cette leçon, savoir : la saillie considérable formée par la malléole interne au-dessous delapeau ulcérée, le déjettement du pied en dehors avec rotation portant sa plante du côté externe ; enfin à quelque distance au-dessus de la malléole péronière, la dépression en coup de hache extrêmement prononcée.

Il était évident que, dans cet état, la marche était rendue absolument impossible.

D’autre part, vu le temps écoulé depuis l’accident, tout espoir d’une réduction sans opération sanglante devait être abandonné. Je me décidai donc en faveur de la résection tibio-tarsienne, qui fut acceptée parla malade et pratiquée le 18 septembre 1888.

Grâce à la date relativement récente de la fracture qui ne remontait pas au delà de soixante-dix jours, la résection ne présenta point de difficultés. La consolidation du péroné n’était pas encore parfaite ; je réséquai de cet os 1 centimètre et demi environ; puis je fis la résection

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