‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 104 sur 156 · RÉSULTATS OPÉRATOIRES · texte numérisé non relu

RÉSULTATS OPÉRATOIRES

du plateau tibial sur une épaisseur aussi petite que possible. Le pied put être ramené aisément dans une bonne position, et il y fut maintenu à l’aide d’une gouttière plâtrée. La marche de la plaie opératoire fut parfaitement aseptique ; la température de notre malade ne s’éleva jamais au-dessus de 37°, 6, et le drain put être supprimé le septième jour. Le résultat définitif, ainsi que vous avez pule constater, quand la malade est venue nous trouver à l’Hôtel-Dieu, ne laissait rien à désirer. La situation du pied sur la jambe est tout à fait normale, comme du reste vous vous en rendrez compte en examinant le moule que je place actuellement sous vos yeux (voy. fig. 24). Le résultatfonctionnel n’est pasmoins bon : à l’aide d’une simple bottine dont les montants latéraux sont pourvus de minces tiges d’acier, la malade marche aisément et sans aucun appui. Le pied pose parfaitement d’aplomb sur le sol, et cette femme est capable de faire de longues marches, sans ressentir, ni fatigue, ni douleurs.

N. B. — A la suite de cette leçon, la malade qui en fait le sujet a subi la résection tibio-tarsienne. Cette opération a été conduite d’après les principes que nous venons d’exposer, et que nous avions suivis déjà chez nos autres malades. Une incision verticale a été faite d’abord le long de l’extrémité inférieure du péroné, et nous a servi à pratiquer la résection de 1 centimètre et demi de la diaphyse de cet os, en conservant la malléole externe. Une incision en forme d’L dont une des branches élai t parallèle àl’axedutibia, tandisquel’autre passait au-dessous de cet os, mit à nu la malléole interne, quia été dépouillée de son périoste avec la rugine. Le pied porté dans une abductionforcée a été alors complètement luxé en dehors,

454 RÉSECTION TIBIO-TARSIENNE ORTHOPÉDIQUE.

et l’extrémité inférieure du tibia rendue saillante par cette manœuvre a été facilement réséquée sur une hauteur de 2 centimètres à 2 centimètres et demi environ. Les plaies ont été réunies par une suture au crin de Florence ; un drain a été placé dans la plaie interne seulement. Ici encore la marche de la plaie a été parfaitement aseptique; le drain a été supprimé au bout de 6 jours. A partir de ce moment, il n’a plus été fait de pansement jusqu’au 24 juin. C’est alors seulement, c’est-à-dire trente jours après l’opération, que les points de suture ont été retirés; ils n’avaient déterminé par leur présence prolongée aucune irritation ; la réunion des plaies était parfaite. L’appareil plâtré a été supprimé à son tour le 12 juillet, au bout de quarante-huit jours, et à la fin du mois, la malade pourvue d’une bottine semblable à celle que nous avons décrite précédemment pour notre opérée de l’hôpital Necker, a commencé à marcher sans difficulté. Cette femme qui, depuis cinq ans, ne pouvait se servir de sa jambe, appuie parfaitement sur le sol par toute la face plantaire; elle est capable de rester longtemps debout sans ressentir aucune douleur. L’attitude du pied sur la jambe est absolument normale. Le raccourcissement du membre ne dépasse pas 3 centimètres.

Si nous joignons ce fait aux cinq cas semblables que nous avons rappelés précédemment (et dans ce nombre, nous comprenons les deux résections successives qui ont été pratiquées chez le même malade), nous arrivons à un total de six résections tibio-tarsiennes orthopédiques pratiquées pour des fractures du péroné vicieusement consolidées. Un seul de nos malades a présenté de la suppuration; chez tous les autres, la marche de la plaie opératoire a été absolument aseptique. Chez tous enfin, sauf l’aliéné, le résultat définitif a été, excellent sous le

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