‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 127 sur 156 · RÉSULTAT OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

RÉSULTAT OPÉRATOIRE

dépouiller sans difficulté de son revêtement cartilagineux la surface articulaire du tibia que nous avions sous les yeux. Nous avons fait ensuite la même opération sur la face supérieure de l’astragale. Puis, le pied étant ramené dans sa position normale sur la jambe, nous avons perforé à l’aide d’une drille le plateau tibial et la surface aslragalienne, et, dans l’orifice ainsi créé, nous avons engagé une cheville d’ivoire préparée par ébullition dans la solution phéniquée forte, au vingtième. Un point de suture a fermé la plaie externe; la plaie interne a été réunie après drainage ; le pansement a été fait au moyen de la gaze iodoformée, et le membre immobilisé dans un appareil plâtré.

Les suites opératoires ont été absolument simples, et la guérison parfaitement aseptique. Le 16 octobre, cinq jours après l’opération, le drain placé dans la plaie interne a été supprimé. Le 4 novembre, l’appareil plâtré a été enlevé; les plaies étaient entièrement cicatrisées ; les fils de suture sont retirés. On place le membre dans un appareil silicaté avec lequel la malade quitte l’hôpital au commencement de décembre. Nous avons pu revoir cette jeune fille au début de février. Le résultat fourni chez elle par l’arthrodèse peut être regardé comme très satisfaisant. 11 existe une ankylosé complète de l’articulation tibio-tarsienne; malheureusement les articulations sous-astragaliennes conservent une mobilité exagérée, qui permet encore au pied de se dévier un peu en dehors pendant la marche. Mais quand la malade n’appuie pas sur le membre malade, l’attitude du pied est parfaitement normale. On aura du reste une bonne idée du résultat obtenu, si l’on compare l’une à l’autre les deux figures ci-jointes, qui représentent l’état du membre avant et après l’opération (voyez fig. 39 et 40). Sans doute

DE L’ARTHRODÈSE.

la malade boite toujours un peu en marchant; mais cela tient à ce que tous les muscles de la jambe sont paralysés; ils ne répondent point aux excitations électriques. En revanche, les muscles de la cuisse se contractent

énergiquement. La légère déviation du pied en valgus, conséquence de lalaxité anormale des articulations sous-aslragaliennes, n’est pas non plus sans nuire au bon fonctionnement du membre.

Sous ce rapport, je regrette d’avoir fait une opération incomplète. Si, enfonçant ma cheville d’ivoire jusque dans l’articulation astragalo-calcanéenne, j’avais du même coup déterminé l’ankylose de cette articulation, j’aurais eu un résultat définitif plus satisfaisant. Toutefois, tel qu’il est, le résultat obtenu nous paraît plaider hautement en faveur de l1 arthrodèse. En effet, l’opération a été d’une bénignité absolue, le but que l’on se proposait a été atteint, puisque l’articulation tibiotarsienne a été solidement ankylosée ; enfin la malade a très notablement bénéficié de notre intervention.

Depuis que cette leçon a été faite, quelques documents nouveaux se sont produits sur l’arthrodèse. Tout d’abord, Karewski a cilé neuf observations nouvelles à la Société de médecine de Berlin (1). Un travail récent publié par

Eig. 40.

(1) Karewski, Soc. de médecine de Berlin , 18 novembre 1889.

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