‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 16 sur 156 · RELATIONS AVEC LE RACHITISME · texte numérisé non relu

RELATIONS AVEC LE RACHITISME

fait remarquer M. Desprès dans la discussion de la Société de chirurgie, non pas de la syphilis osseuse héréditaire, mais bien de la syphilis infantile. Distinctes par leur origine, les deux formes de l’affection se confondent par l’identité de leurs manifestations osseuses.

Nous n’avons pas du reste l’intention d’insister ici sur tous les côtés théoriques de la question, qu’on trouvera exposée dans un bon travail d’un élève de M. Lannelongue, le Dr Berne (1). Mais il est un point que nous ne saurions complètement passer sous silence, c’est celui des rapports existant entre la syphilis osseuse et le rachitisme. On sait que, se fondant sur ses recherches anatomo-pathologiques, le regretté professeur Parrot en était arrivé à établir une identité complète entre les lésions de la syphilis osseuse héréditaire et le rachitisme. Parrot admet, en effet, dans la syphilis osseuse héréditaire, une première période d’ostéopériostose, puis un ramollissement gélatiniforme, aboutissant plus tard à la formation d’un tissu spongoïde, et enfin à l’éburnation, comme dans le rachitisme. Mais y eût-il identilé dans les lésions anatomo-pathologiques, cela ne prouverait pas que les deux affections procèdent d’une seule et même origine. On a fait remarquer que le rachitisme ne se montre qu’exceptionnellernent dans des milieux où la syphilis est fréquente ; et inversement, là où le rachitisme abonde, la syphilis est beaucoup plus rare. De plus, il est des causes dont l’influence est parfaitement démontrée dans la production du rachitisme, et qui n'ont rien à voir avec la syphilis. De ce nombre sont les troubles digestifs et la mauvaise direction imprimée à l’ali-

(i) Georges Berne, Des manifestations osseuses précoces et tardives de la syphilis héréditaire; Thèse de doct. , Paris, 1884.

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mentation. Dernièrement encore, la question a été discutée par le Congrès de Glasgow (1).

Tous les orateurs qui ont pris la parole dans la discussion ont été unanimes à reconnaître que la syphilis ne pouvait être incriminée comme cause exclusive, ni même comme cause habituelle. Si donc l’œuvre anatomo-pathologique de Parrot reste intacte, les conclusions qu’il en avait déduites au point de vue de la communauté d’origine de la syphilis héréditaire et du rachitisme ne sauraient plus être admises aujourd’hui.

Nous n’avons pas lieu d’insister longuement sur le traitement; c’est évidemment le traitement spécifique qui convient ici, comme dans tous les cas de syphilis en général. Je désire cependant vous présenter une remarque intéressante sur l’utilité du traitement mixte. Le malade de Necker, comme le jeune homme que nous avons aujourd’hui sous les yeux, avaient été soumis tous les deux, avant leur entrée dans notre service, à l’usage de l’iodure de potassium, sans qu’ils en eussent retiré aucun profit. C’était là même un argument qu’on aurait pu invoquer contre la nature syphilitique des lésions. Mais cet argument ne saurait tenir contre les bons résultats fournis par l’administration du traitement mixte. Dès que les malades ont été soumis à l’emploi combiné de l’iodure de potassium et des frictions mercurielles, ou bien encore, quand ils ont pris à l’intérieur du sirop de Gibert, en même temps qu’un emplâtre de Vigo était appliqué sur leurs lésions osseuses, immédiatement leur état a été singulièrement amélioré, tant au point de vue des douleurs que de la diminution de la tuméfaction osseuse. Tant il est vrai que l’iodure de potassium ne

(I) Voyez British med. journal , novembre 1888, p. 1145.

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