‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 15 sur 156 · SYPHILIS HÉRÉDITAIRE; SYPHILIS INFANTILE · texte numérisé non relu

SYPHILIS HÉRÉDITAIRE; SYPHILIS INFANTILE

kératite interstitielle double, et présentait, au niveau des molaires, les déformations caractéristiques d’Hutchinson; toutefois, chez elle, louïe était demeurée intacte. En résumé, chez cette jeune tille, les lésions si nombreuses du côté du système tégumentaire et des os, jointes àlanetteté des commémoratifs, formaient un ensemble complet, et fournissaient un des exemples les

Fig. 4.

plus instructifs qu’on puisse étudier au point de vue de la syphilis héréditaire.

Ce sont surtout les os longs des membres qui sont atteints, et, parmi eux, il faut citer au premier rang le tibia. Du reste, cette fâcheuse prédilection de l’inflammation pour le tibia se retrouve, non seulement dans la syphilis osseuse héréditaire, mais aussi dans la syphilis acquise. Vous en avez eu tout dernièrement un exemple

SYPHILIS OSSEUSE HÉRÉDITAIRE

chez une jeune femme de vingt-deux ans, couchée au n° 1 1 de notre salle Notre-Dame. Chez elle, en même temps qu’une arthropathie du genou gauche, nous constations un gonflement de toute la moitié inférieure du tibia, avec de l’œdème des parties molles, et des douleurs irradiées à toute la partie malade. La pression réveillait ces douleurs, et permettait de constater l’existence de bosselures sur la crête tibiale. La guérison fut rapidement obtenue, du reste, par le traitement mixte.

J’ai à peine besoin de vous rappeler, tant elles sont connues, les recherches de Wegner et de Parrot sur la syphilis osseuse héréditaire. Vous savez qu’elle peut se montrer dans les mois qui suivent la naissance; mais elle peut aussi survenir longtemps après, et caractériser l’une des formes de la syphilis héréditaire tardive. En 1881, M. Lannelongue a appelé l’attention de la Société de chirurgie sur ce dernier côté de la question (1). Ses idées ont du reste été adoptées par M. Fournier (2) ; pour ce dernier auteur, l’époque d’apparition des lésions osseuses dans la syphilis héréditaire tardive varie de trois ans à vingt-huit ans; c’est dans la période qui s’écoule de cinq à douze ans qu’on les rencontre le plus souvent.

Mais il est ici une objection présentée par M. Verneuil, et dont on ne saurait méconnaître toute la valeur. Dans un certain nombre de cas, il est bien difficile, ou même tout à fait impossible, en l’absence de commémoratifs suffisants, de dire si l’on a réellement affaire à de la syphilis héréditaire, ou s’il ne s’agit pas plutôt d’une syphilis acquise en bas âge. Ce serait alors, comme l’a

(d) Lannelongue, Sur quelques cas de syphilis tertiaire congénitale (Bulletins et mèm. de la Soc. de chir., li mai 1881).

(2) Fournier, Leçons sur la syphilis héréditaire ( France médicale, 1883).

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