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NATURE DE CETTE EXOSTOSE

sur ce schéma où nous avons figuré le point qu’elle occupait (voyez fig. 17). A chaque fois que, dans les mouvements d’extension de la cuisse, pendant la marche, l’exostose venait appuyer sur le nerf sciatique, il en

résultait une violente douleur. Et la preuve que tel était bien le mécanisme des accidents, c’est que le malade ne souffrait que pendant la marche. Lorsqu’il était tranquillement allongé dans son lit, il ne ressentait aucune douleur.

Quant à la nature de cette exostose, c’est bien évidemment une de celles auxquelles on a donné le nom d’exostoses ostéogéniques ou de développement, et qui sont en rapport avec l’ossification du squelette. Vous n’ignorez pas en effet que le grand trochanter possède un point d’ossification spécial, séparé du reste de l’os par un cartilage épiphysaire. Il n’est rien d’élonnant dès lors à

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ce qu’une exostose se soit développée au voisinage de ce cartilage épiphysaire, et, ayant lentement, sourdement augmenté de volume, soit venue se mettre en contact avec le nerf sciatique, au point de l’irriter et de déterminer toutes les apparences d’une névralgie sciatique véritable. Ces exostoses ostéogéniques ou de développement se montrent surtout, comme vous le savez, au niveau des épiphyses les plus fertiles, celles qui concourent surtout à l’accroissement de l’os en longueur. C’est ainsi qu’elles occupent de préférence, au membre supérieur, l’extrémité supérieure de l’humérus et l’extrémité inférieure des os de l’avant-bras ; au membre inférieur, au contraire, l’extrémité inférieure du fémur et l’extrémité supérieure du tibia. Leur présence est donc plus rare à la partie supérieure de la cuisse.

Il n’est pas non plus très fréquent de voiries exostoses déterminer, par leur voisinage, des phénomènes de compression. On cite cependant le fait d’un chirurgien anglais, Coote (1), qui dut opérer une exostose de l’apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale chez une malade de vingt-six ans. La tumeur faisait saillie au-dessus de la clavicule et repoussait en avant les nerfs du plexus brachial. Il en résultait une sensation de froid et d’engourdissement dans le membre supérieur; Boling (2) dut amputer la cuisse chez un garçon de seize ans, parce qu’une exostose aiguë de la partie postérieure du fémur avait traversé l’artère et la veine poplitées. Le sang s’était diffusé dans le creux poplité.

M. Poulet (3) a communiqué à la Société de chirurgie le fait d’une exostose de l’extrémité inférieure de l’hu-

(1) Union médicale , 1861, t. XII, p. 188.

(2) Arch. génér. de méd ., février 1858.

(3) Bid. et mém. Soc. de chir ., 9 février 1881 ; rarport de N. Reneuil.

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