‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 95 sur 156 · DOUBLE OSTÉOTOMIE DU TIBIA ET DU FÉMUR · texte numérisé non relu

DOUBLE OSTÉOTOMIE DU TIBIA ET DU FÉMUR

jours normale; il n’y eut aucune trace de suppuration; la plaie internese combla parbourgeonnement, etlorsque, le 12 août, un peu moins de deux mois après l’opération, le membre fut enlevé de la goultière, la consolidation était parfaite; les plaies étaient entièrement cicatrisées. A ce moment (voyez fîg. 21), le pied était dans l’axe de la jambe; celle-ci était ramenée à une rectitude parfaite; mais il restait le genu valgum. Après quelques hésitations, le malade consentit àse soumettre à une nouvelle opération pour parfaire la cure de sa difformité.

Celle-ci a été pratiquée le 19 septembre, et a consisté dans une ostéotomie supra-condylienne, parle procédé de Mac Ewen.

Le membre à opérer ayant été au préalable soigneusement désinfecté à l’aide de la solution phéniquée forte, nous avons fait une incision verticale de 3 centimètres de longueur environ à la partie interne du membre, un peu au-dessus du condyle interne ; nous avons traversé d’un seul coup toute l’épaisseur des parties molles jusqu’au périoste inclusivement. Laissant en place le bistouri, nous avons conduit sur sa lame l’ostéotome auquel nous avons fait décrire un quart de cercle

pour le rendre perpendiculaire au fémur, et nous avons commencé la section de l’os dans le point d’élection indiqué par Mac Ewen, c’est-à-dire sur un plan transversal passant au niveau de la partie supérieure du condyle externe et à un travers de doigt en avant du tendon du grand adducteur. Je profite de l’occasion pour vous rappeler les règles qu’il faut toujours suivre, si l’on veut conserver à l’ostéotomie sa bénignité. Commençant la section de l’os avec le numéro 1 des ostéotomes, c’est-à-dire celui dont l’épaisseur delà lame est le plus considérable, nous lui avons substitué successivement les numéros 2 et 3, dont la lame est de moins en moins épaisse, afin de pouvoir facilement pénétrer à une profondeur de plus en plus grande. La précaution la plus importante, en effet, est de faire en sorte que l’instrument soit toujours libre au niveau de la section osseuse. Si on l’enfonce avec trop de force, la lame est étroitement serrée entre les lèvres de la section osseuse ; il faut déployer de la force pour la dégager, exercer des pressions verticales et latérales, pendant lesquelles le tissu osseux est écrasé, des esquilles se détachent, et au lieu d’avoir un foyer de fracture bien net et régulier, on a une fracture esquilleuse, un broiement osseux, qui peuvent donner naissance à des accidents. Nous nous sommes efforcés de nous conformer aux règles précédentes pendant notre opération, et nous avons obtenu une section régulière, bien linéaire, qui s’est faite avec un écoulement de sang insignifiant. Lorsque nous avons pensé que la section osseuse était presque complète (ce dont nous avons pu nous re ndre compte en mesurant sur la lame la profondeur de l’instrument engagé dans la plaie), nous avons retiré l’ostéotome, et avec un effort insignifiant, nous avons achevé la solution de continuité osseuse et placé le membre dans la position

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