IDIOTIE ET IMBÉCILLITÉ. 2G I
Cola tient à l'aplatissement assez marqué que présente J. B. . . à ce niveau.
A quoi pouvons-nous attribuer ces deux états pathologiques différents ? Comment interpréter leurs différences et leur ressemblance?
Je crois fermement que la syphilis héréditaire peut bien être incriminée chez l'un comme chez l'autre de ces malades.
En effet, les avortements successifs observés chez la mère de B. . . autorisent, jusqu'à un certain point, à soupçonner l'influence d'une semblable cause.
Je ne saurais toutefois méconnaître celle que peuvent avoir exercée, sur ce sujet, l'alcoolisme du i^ève elY hérédité mentale.
Peut-être même — ceci pourtant n'est qu'une simple hypothèse — l'intégrité absolue, jusqu'à présent du moins, de la sœur de ce malade, née avant lui, devrait-elle être attribuée à ce que l'état du père était normal au moment de la conception de celle-ci, contrairement à ce qui a pu avoir lieu, au même moment, pour le frère.
Lors de la première grossesse, l'avortement eut lieu à deux mois. On pourrait admettre, dans l'hypothèse d'une syphilis conceptionnelle, qu'à la troisième, l'utérus étant plus tolérant, l'expulsion précoce (accouchement prématuré cette fois) ne s'est effectuée, pour ce motif, qu'à sept mois; qu'enfin, par atténuation définitive du virus, les autres accouchements ont pu avoir lieu à terme ainsi que l'avait déjà fait, d'ailleurs, le second.
Toutefois, sur cinq enfants nés viables deux seulement ont survécu, les trois autres sont morts en bas âge et de convulsions.
On peut incriminer, je l'avoue, à ce dernier point de
2g2 VINGT ET UNIÈME LEÇON.
vue comme au sujcl de notre malade, la syphilis liérédilaire aussi facilcmenl que l'hérédité mentale et que l'alcoolisme paternel.
Chez la mère de notre second malade nous notons également cleiox avortements sur quatre grossesses.
C'est encore là une preuve probable de syphilis héréditaire, que semble venir confirmer l'état ù.' amaigrissement et à'athrepsie dans lequel est né, d'une manière précoce, J. R . . •
Il est vrai que le père de noJ;re second malade était alcoolique, comme celui du premier, et que cet état peut bien être pour quelque chose dans l'arrêt de développement observé chez lui.
Pour moi, je ne crois pas me tromper en disant que : très certainement à la tare héréditaire, syphilitique (?) et nervoso-alcoolique, sont venus s'ajouter, chez l'un comme chez l'autre, à l'occasion de l'évolution dentaire et à 8 mois chez l'un, à 14 mois chez l'autre, des accidents nerveux aigus (convulsions, attaques épileptiformes) de la plus haute gravité qui ont pu, par méningo-encéphahte, contribuer sérieusement à l'arrêt du développement cérébral, au moins chez l'un de ces enfants, J. B..., dont l'intelligence, jusque-là, avait paru normale.
Cet arrêt, beaucoup plus intense et d'origine congénitale chez le second (idiot), est aucontraire bien moins marqué, postérieur à la naissance et en apparence spontané chez le premier (imbécile)
' Il nous a été donné récemment d'observer, ù la consultation, une filleUe de 13 ans (idioLe, ayant des attaques épileptiformes et atteinte d'un double pied bot congénital), née d'une mère qui, ayant contracté la sypliilis avant son mariage, avait donné naissance à cette enfant après avoir eu deux grossesses suivies d'avortements. L'origine syphilitique de l'idiotie ne nous parait point contestable dans ce cas particulier.