PREMIÈRE LEÇON
Observations préliminaires. — Dimensions normales et limites du foie. — Circonstances qui peuvent faire croire à une augmentation de volume qui n'existe pas, et moyens de reconnaître ces pseudo-augmentations de volume du foie : l» malformations congénitales; 2» influence du jeune âge; 3o rachitisme; 4» habitude de se serrer étroitement; 5° certaines affections de la poitrine; 6o tumeur entre le foie et le diaphragme; 7" conditions anormales des viscères abdominaux; 8» conditions anormales des parois abdominales' 9° observations à l'appui.
Messieurs,
Dans des leçons didactiques sur la médecine, il est d'usage de décrire en détail les nombreux symptômes qui caractérisent les divers états pathologiques. Toutefois, il ne faut pas beaucoup d'expérience pour reconnaître qu'il y a des symptômes et des signes qui sont communs à ujie foule de maladies et qu'il est souvent assez difficile de déterminer à laquelle de ses nombreuses sources tel symptôme doit être rapporté. Dans la pratique, cependant, cette détermination doit être votre première préoccupation. Vous ne devez jamais vous contenter de ne traiter qu'un symptôme, sans faire tous vos efforts pour arriver à une notion précise de l'état local ou général auquel il se rattache. Dans tous les cas de maladie présentant quelque symptôme prédominant, vous devez vous poser ces deux questions : 1° quelles sont les différentes causes qui peuvent donner lieu à ce symptôme et 2° quelle est la cause la plus probable dans le cas dont il s'agit? Tant que vous n'aurez pas répondu à ces questions d'une façon satisfaisante, vous ne serez pas en mesure d'établir un pro-
MURCHISON-CVn. 1
iiostic avec quelque certitude, ni d'adopter une méthode rationnelle de traitement.
Il n'est pas de classe de maladie à laquelle ces remarques s'appliquent mieux qu'aux affections du foie. Il y a peu de maladies plus difficiles à reconnaître, et il n'y en a peut-être pas où les erreurs de diagnostic soient plus fréquentes ; d'autre part, on voit tous les jours des symptômes dépendant de maladies de l'estomac, des intestins, des reins, et même du cœur, des poumons, ou du cerveau, être attribués à des troubles hépatiques. Je m'attacherai, dans ces leçons, à vous faire remarquer les principaux signes et symptômes auxquels donnent lieu les affections du foie, les différents étals morbides dont chacun d'eux peut provenir, les règles qui devront généralement vous guider pour poser le diagnostic de chaque cas et les conclusions auxquelles vous devez ainsi être amenés quant au pronostic et au traitement.
Nous commencerons' donc par discuter les différentes causes qui produisent l'augmentation de volume du foie et, dans les leçons suivantes, nous nous occuperons des causes de l'atrophie du foie, de l'ictère, de l'hépatalgie, de l'ascite, etc.
Avant de procéder à l'examen des diverses causes qui amènent l'augmentation réelle du volume du foie, il faut avoir une connaissance exacte de ses dimensions normales et de ses limites et ne pas oublier certaines conditions qui, durant la vie, peuvent simuler une augmentation de volume.
Situalion normale et diniec-
Vig. 1. — Siluatiori normale du foie tel qu'on le voit quand ou a enlevé la paroi antérieure de la poitrine et de l'abdomen. (Modifié d'après ïAnalomie médicale de Sibson)
A, foie. B, côlon ascendant. C, côlon Iransversc. D, côlon descendant. E, intestin gr61c. F, estomac.G, cœur. H, poumon droit. I, poumon gauche
sions du foie. — Le foic cst situé dans l'hypochondre droit; la convexité du lobe droit correspondant à la conca vité de la base du poumon droit dont il est séparé par le diaphragme, et la face inférieure est en rapport avec l'estomac et le gros intestin, le rein droit et la capsule surrénale. La face supérieure, convexe, se projette vers