TUMEUR HYDATIQUE DU FOIE
redevable des détails notés pendant le temps que la malade a été sous ses yeux. Vers la fin de 1862, elle avait ressenti dans la tumeur de l'hypochondre droit une douleur intermittente, cessant après quelques jours. On l'avait traitée pour cela à l'IIôpilal des Femmes de Soho-Square. Les dimensions de la tumeur notées à University Collège Hospital montrèrent qu'elle avait coiiïiidérablement augmenté. Bien que l'angle costal droit fût encore plus grand que le gauche, il y avait une voussure des côtes des deux côtés jusqu'au mamelon et la matité s'étendait jusqu'à la troisième côte à droite et jusqu'au troisième espace intercostal à gauche. La matité hépatique verticale avait 11 pouces 1/4 sur la ligne mammaire droite, 9 1/2 sur la ligne médiane et 9 3/4 sur la ligne mammaire gauche. On sentait à l'épigastre une fluctuation distincte sur un espace mesurant 4 pouces 1/2 transversalement et 2 1/2 verticalement; mais il n'y avait pas de frémissement hydatique, pas d'œdème des jambes. La malade était blême; son urine ne contenait pas de pigment biliaire, mais était encore chargée de pus. Elle avait encore des crises douloureuses dans la région du rein gauche, crises toujours soulagées par une sensation de déchirement et une évacuation abondante de pus dans l'urine. A son entrée, la sensibilité et la douleur étaient très-vives dans la région de la tumeur, près de l'ombilic. Cette douleur revenait de temps en temps, mais était toujours soulagée par les sangsues, les cataplasmes et la morphine. La malade eut aussi une crise de douleur et d'engourdissement dans l'aine gauche et le genou, accompagnée de gonflement des ganglions lymphatiques de l'aine et d'un léger œdème de la partie supérieure de la cuisse. Le 26 janvier 1864, elle ne ressentait plus de douleur, mais elle avait maigri et avait perdu des forces. Elle fut renvoyée le 9 février pour inconduite.
Après avoir quitté l'hôpital, la malade garda le lit et au bout de dix jours mourut d'une façon assez subite et inattendue. Une heure avant sa mort elle paraissait assez bien : il est assez probable que la mort fut occasionnée par la rupture d'un kyste hydatique.
OBS. XLIII. — Tumeurs hydatiques du foie et du périloine, comprimant les uretères et amenant la dégénération des reins.
Marie Anne W..., âgée de quarante-cinq ans, fut admise le 15 décembre 1864 à l'hôpital Middlesex, dans le service du docteur H. Thompson et mourut le 5 janvier 1865. Pendant un an avant sa mort, elle avait soufl'ert de maux de téte et avait éprouvé une altération des facultés mentales; sept semaines avant sa mort elle perdit un jour connaissance et il s'ensuivit une hémiplégie à droite, des évacuations involontaires et des eschares. 11 n'y eut point de symptômes qu'on pùt rapporter au foie.
Les artères de la base du cerveau étaient athéromateuses et il y avait mi noyau apoplectique avec une plaque de ramollissement blanc dans le corps strié gauche. Le foie, la rate et le diaphragme étaient réunis par des bandes fibreuses. Entre les adhérences qui unissaient le foie et la rate se trouvait un kyste gros comme une noix, rempli d'une matière molle, analogue à du mastic et tapissée de fragments de membrane hydatique gélatineuse. Dans le lobe droit du foie se trouvait un autre kyste, du volume d'une petite noix de coco,
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011 partie enclavé dans sa substance et on partie se projetant de sa face supérieure où il adhérait solidement au diaphragme. La paroi extérieure était en partie calcifiée et sa cavité était remplie de fraginiMits de kystes secondaires gélatineux et de matière molle, pareille à du mastic. Les cellules hépatiques n'étaient pas altérées. Dans les replis mésentériques de l'intestin grélo se trouvaient trois kystes en partie calcifiés, du volume d'une noisette à celui d'une noix et contenant une matière semblable à du masiic et des vésicules secondaires. La plus grande partie du bassin est occupée par un autre gros kyste, situé derrière et au-dessus de l'utérus, qui était refoulé de façon à se montrer à la vulve. Ce kyste contenait un liquide clair et d'innombrables petits kvstos de volume très-différent, de celui d'un pois à celui d'une noix, tous gélatineux et remplis d'un liquide clair. Un autre kyste, moins gros, était dans le côté droit du bassin. Les uretères étaient comprimés par ces kystes et les bassinets étaient un peu dilatés. Les reins étaient petits et granuleux et on distinguait difficilement la substance corticale des pyramides. Tous les kystes de l'abdomen contenaient des crochets d'échinocoques.
Dans le cas suivant, des kystes hydatiques secondaires se formèrent dans l'épiploon et la cavité péritonéale.
OBS. XLIV. — Kystes hydatiques du foie et du péritoine. — Ascile et anasarquc des extrémités inférieures. — Albuminurie. — Mort.
Catherine C..., colporteuse, âgée de quarante-cinq ans, fut admise à l'hôpital Middlesex le 10 janvier 1865 et y resta jusqu'à sa mort,le 21 juin. Sauf une attaque do rhumatisme, elle avait joui d'une bonne santé jusqu'à un mois avant son entrée à l'hôpital. Elle fut prise, à cette époque, d'une violente douleur dans l'abdomen et les reins et en même temps l'abdomen et les jambes commencèrent à enfler. A l'hôpital, elle eut de l'ascife et une anasarque considérable des extrémités inférieures; l'urine contenait de l'albumine. On la traita par les diurétiques et les purgatifs et on piqua ses jambes.
A l'autopsie, on trouva les jambes très-œdémateuses, et l'abdomen fortement distendu. Les deux poumons étaient affectés d'œdème très-prononcé, et le poumon solidement adhérent et carnifié à la base.
La cavité ))érilonéale contenait plus de quatre litres et demi de sérosité claire, dans laquelle flottaient six kystes hydatiques presque transparents, avec des parois gélatineuses, tremblotantes, et dont le plus gros avait environ le volume d'un œuf de poule et le plus petit à peu prés celui d'une noix. Le liquide dans lequel flottaient les kystes avait une densité de 1010 et ne contenait pas d'albumine; celui de la cavité péritonéale avait une densité de 1020, et était très-riche en albumine.
Le lobe gauche du foie était en partie atrophié, et, entre lui et la rate, solidement fixé par des adhérences à ces deux organes ainsi qu'à l'estomac, se trouvait un autre kyste, gros comme une tète de fœtus, contenant un peu de liquide clair et d'innombrables kystes plus pelils, de volumes variés, et pressés les uns contre les autres. Dans le grand épiploon, il y avait trois ou quatre kystes semblables, gros comme des châtaignes, et, fixé après le rein droit, se