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Après avoir reçu ces détails de M. Hulke, j écrivis au me- ,ncurde lacho-
decin ordinaire du malade, le docteur Brown, de Whitchurch, roïde, 1. X. 240, lui exprimant l'opinion que la tumeur du foie, de même que d'après un descelle de l'œil, était probablement un sarcome à cellules sindeM. Hulke. fusiformes, et que ce cas présentait un intérêt exceptionnel.
Le malade continua ses occupations de tapissier, et je n'entendis plus parler de lui jusqu'au 16 juin 1872, oîi il revint à Londres me consulter. Le volume de la tumeur avait augmenté, la circonférence à l'ombilic étant de trentequatre pouces au lieu de trente-deux et le bord supérieur de la raatité hépatique en avant s'étant élevé jusqu'au-dessus du mamelon. Elle s'étendait, à travers la ligne médiane, jusqu'à la région lombaire gauche. En bien des endroits, surtout les plus proéminents, on la sentait beaucoup plus tendue et élastique qu'auparavant, mais il n'y avait nulle part de fluctuation ou de vibrations distinctes. Au commencement d'avril, le malade avait éprouvé une troisième crise de douleur spasmodique intense au-dessous des côtes droites, mais elle cessa sous l'influence du chloral et des injections sous-cutanées de morphine. 11 se trouvait maintenant tout à fait débarrassé de la douleur brûlante dont il s'était plaint huit mois auparavant. Tant qu"il restait tranquille, il ne ressentait aucun mal, mais dès qu'il se donnait beaucoup de mouvement ou qu'il se penchait sur sou travail, il éprouvait beaucoup de douleur audessous des côtes droites. Il se plaignait également de dyspnée quand il faisait quelques efforts, et d'une sensation de plénitude après le repas. Toutefois, le malade ne me parut nullement plus mal que la première fois que je l'avais vu, et son poids était exactement le même que douze mois auparavant. Sa langue était nette et l'appétit bon. Pas d'ictère, pas d'ascite et pas de développement des veines abdominales. Il continuait toujours son travail et pouvait marcher une heure sans fatigue.
Bien que les circonstances s'accordassent en ce moment un peu mieux avec la possibilité d'une hydatide, mon opinion resta la même et j'en fis part au malade; mais comme il était très-désireux qu'on lui fit quelque chose, on lui dit qu'une ponction exploratrice ne pouvait pas avoir de mauvais résultat pour
lui et qu'elle lèverait tous les doutes sur la nature du mal. Je lui proposai toutefois d'avoir, au préalable, une consuilatiou avec Sir \V. JeniH;i-;eii conséquence, ce dernier vit le malade avec moi le 12 juin, reconnut les difficultés du cas cl émit l'avis de les résoudre par la paracentèse. On introduisit donc un petit trocart dans la portion la plus élastique de la tumeur, au-dessous des côtes droites. Il ne s'échappa que quelques gouttes de sang qui, examinées au microscope, ne montrèrent rien autre chose que des corpuscules sanguins. I.a ponction ne fut suivie d'aucun mauvais effet, et au bout de peu de jours le malade retourna chez lui et reprit ses afîaires qu'il continua à suivre jusqu'au 8 octobre, la tumeur augmentant lentement. Le 8 octobre, il eut une crise intense de douleur spasmodique sur toute la surface de la tumeur; elle céda à l'application de sachets d'eau chaude et à des doses répétées d'hydrale de chloral. Il continua cependant à éprouver une sensation de constriction due à la présence de. la tumeur, et, ne s'en trouvant pas soulagé, il quitta sa maison le 16 octobre pour essayer de l'hydropathie. Il avait déjà consulté, au sujet de sa maladie, un grand nombre de médecins soit de Londres, soit de la province; il avait même demandé avis à une somnambule. Il mourut le 25 octobre aux bains turcs de Bristol. Tout ce que je pus apprendre sur les symptômes qui avaient précédé sa mort, c'est qu'il avait souffert, trente-six heures avant, d'une douleur intense sur la tumeur à droite de l'ombilic, et qu'il avait été parfois soulagé par les injections sous-cutanées de morphine. Cette douleur ne fut pas accompagnée de vomissements.
L'autopsie fut pratiquée par le docteur T. D. Nicholson, de l'établissement des bains turcs à Bristol : c'est lui qui m'a adressé les détails ci-dessous ainsi que des fragments des tissus malades pour les examiner.
Le péritoine était adhérent en plusieurs endroits à la surface du foie augmenté de volume, mais il n'y avait pas de lymphe récente.
Se projetant de la surface antérieure de ciiaque lobe du foie se trouvait une tumeur arrondie, molle, apparemment kystique, d'environ deux pouces de diamètre, et pressant contre la paroi abdominale.
De la face inférieure du foie, et intimement liée avec lui, partait une niasse énorme de tissu morbide, composée d'espèces de kystes de volume variable, depuis celui d'une cerise jusqu'à celui d'une tête d'enfant (lig. 28)- Cette masse, en y comprenant le foie, pesait 20 livres et une once. Les petites tumeurs de la face supérieure du foie contenaient une matière foncée, grisâtre et gélatineuse; le contenu des grosses masses de la face inférieure était de couleur plus claire et de consistance pultacée. Quelques-uns des ganglions lombaires étaient aussi gros qu'une fève et contenaient une
Fig. 28. — Tumeurs faisant saillifi à la surface du foie (d'aiirès un croquis du D^ Nicholson).
CYSTOSAKCOME DU FOIE. 247
matière molle, grisâtre. La rate et les reins étaient sains, sauf que le rein droit renfermait un calcul foncé, rugueux, gros à peu près comme la moitié d'une noix. Le cœur et les poumons étaient à l'état normal.
Les fragments de la tumeur qui me furent envoyés furent communiqués'^à M. Henry Arnott pour l'examen microscopique. Après l'avoir durcie dans une solution d'acide chromique, on trouva que la substance gélatineuse dont se composaient les tumeurs était un exemple typique de sarcome à cellules fusiformes, comme on pourra le voir par le dessin exécuté par M. Arnott (fig. 29).