XVI. — TUMEUR IIYDATIQUE M U LT 1 L 0 CU L AI R E OU ALVÉOLAIRE
C'est là une très-rare forme de tumeur; je n'en connais que dix-huit cas environ, dout aucun n'a été observé dans notre pays. Elle est constituée par de nombreuses petites hydatides contenues dans des cavités éparpillées à travers un tissu fibreux, dur, presque cartilagineux, et non enveloppées dans un kyste primitif, comme dans le cas d'hydatide ordinaire. Les caractères cliniques diffèrent considérablement de ceux d'une tumeur hydatique ordinaire du foie. Elle forme une tumeur arrondie, d'un volume variant depuis celui d'un œuf de poule jusqu'à deux fois celui d'une tête d'adulte, et se trouve, dans la plupart des cas, située dans le lobe droit (2). Si elle est peu volumineuse et profondément située, elle peut n'être pas appréciable pendant la vie. Dans la plupart des cas, on peut la sentir, ou bien elle détermine une voussure distincte. La tumeur n'est pas lisse, fluctuante, élastique et indolente, mais bosselée, dure, et même cartilagineuse et sensible. Dans presque tous les cas, il y a une augmentation considérable du volume de la rate et un ictère intense apparaissant de bonne heure. L'ascite est un peu moins commune que l'ictère, et dans bien des cas il y a de l'œdème des jambes à une période avancée de la maladie. Une émaciation et une prostration progressives et des troubles de la digestion (mais pas de vomissements) sont des symptômes constants, et vers la fin il n'est pas rare de voir survenir des atteintes de péritonite partielle ou des hémorrhagies. Dans beaucoup de cas, la tumeur finit par suppurer au centre et amène les symptômes d'une lièvre hectique. L'alfection avec laquelle on confondrait le plus aisément Thydatide multiloculaire, c'est le cancer, et comme ce dernier, elle suit parfois une marche rapide, ne durant, par exemple, que quelques mois (v. p. 220); mais, dans d'autres cas, on l'a vue persister pendant .dix ans et plus avant de déterminer la mort. Le traitement en usage pour la tumeur hydatique ordinaire est évidemment inapplicable ici, et nos efl'orts doivent se borner à amender les symptômes à mesure qu'ils se présentent (3).
(1) lieichert und Du Bois Reymond Archiv, 1866.
(2) D'après Haffter (Arcliiv der Heilhunde, IV Ileft, 1875), qui se base sur l'étude de vingt observations, l'hydatidc multiloculaire alTecterait aussi bien le lobe gauche que le lobe droit. le ne signale cette divergence qu'en raison des conséquences que cela pourrait avoir au point de vue du diagnostic diirérentiel. (N. D. T.)
(3) On trouvera une étude |)lus comi)lète des tumeurs bydatiques multiloculaires dans les deux mémoires suivants : De la tumeur kijdatique alvéolaire, par le Dr J. Carrière.