‹ Leçons cliniques sur les maladies du foieChapitre 53 sur 104 · I. — ATROPHIE SIMPLE · texte numérisé non relu

I. — ATROPHIE SIMPLE

On entend par atrophie simple une diminution dans le volume du foie indépendante de toute altération dans sa structure. Les lobules sont

souIs diminués de volume et peuvent être îissez petits pour qu'on ait de la peine à les distinguer ; le tissu présente à la coupe, un aspect uni et souvent une teinte uniforme. Dans cet état, le l'oie peut être réduit à moins de la moitié de son poids et de son volume normaux. Bien que celle condition du foie ne soit pas d'une importance pratique considérable, il n'est pas rare de la rencontrer à un degré plus ou moins prononcé, et l'ignorance de sa nature et de ses caractères peut mener à des erreurs de diagnostic. Voici donc à quels signes vous reconnaîtrez cette forme d'atrophie :

1° Les circonstances dans lesquelles elle survient. II y en a deux principales, qui sont l'âge avancé et l'inanition.

a. Age avancé. — L'atrophie simple a été quelquefois décrite comme atrophie sénile. A mesure qu'on avance en âge, les divers tissus et organes présentent une tendance soit à la dégénérescente, soit à l'usure. Chez certaines personnes, ce sont les diverses formes de la dégénérescente (graisseuse, calcaire, etc.) qui prédominent, tandis que, chez d'autres, on observe une simple usure. Dans ce dernier cas, la force qui s'opposait à l'usure de l'organisme pendant l'enfance et la jeunesse, et qui maintenait la balance dans la vigueur de l'âge mûr, fait défaut maintenant, et l'usure, dès lors, l'emporte sur l'accroissement. Considérant le rôle important que joue le foie dans la nutrition générale, il n'est pas surprenant que sa diminution de volume chez les vieillards soit en avance sur celle de l'organisme en général, si bien que, dans l'atrophie sénile, on voit parfois le poids et le volume de la glande hépatique réduits de moitié.

b. L'inaniiion peut aussi amener l'atrophie simple, par défaut d'apport nutritif qui compense l'usure incessante de l'économie. Si vous vous rappelez l'augmentation dans le volume du foie qu'amène chaque repas (v. p. 13i), vous comprendrez aisément comment, dans les cas d'inanition, le foie s'use souvent hors de proportion avec le reste du corps. Il est difficile d'expliquer pourquoi telle maladie consomptive amènera chez certaines personnes une usure, un dépérissement du foie, et chez d'autres une accumulation de quantité de graisse dans cet organe (v. p. 49). L'inanition peut survenir de deux façons, soit par une nourriture insuffisante, ou bien par une assimilation défectueuse des matériaux nutritifs. Par suite, vous rencontrerez très-fréquemment l'atrophie simple du foie chez les personnes qui ont succombé à un rétrécissement du pylore, ou de l'œsophage, ou du cardia. Je vous rapporterai tout k l'heure l'histoire l'un malade, âgé de cinquante-quatre ans, alîccté de tumeur cancéreuse de l'extrémité inférieure de l'œsophage, chez lequel l'aire de la matité hépatique normale était réduite de moitié et dont le foie ne pesait, après la mort, que 32 onces, au lieu de 54, poids moyen à cet âge (obs. CI). Vous vous rappellerez également le cas de Samuel N., âgé de soixante-

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