‹ Leçons cliniques sur les maladies du foieChapitre 98 sur 104 · VII. — Troubles des organes de la respiration · texte numérisé non relu

VII. — Troubles des organes de la respiration

1° An'gin'e catarrhale chronique. — Les gens affectés de goutte ou d'uricémie sont très-sujets à une hypersécrétion muqueuse habituelle du pharynx et de l'arrière-cavité des fosses nasales, qui s'accumule d'ordinaire pendant la nuit et peut s'accompagner d'une toux fatigante. Les écarts de régime augmentent généralement cette hypersécrétion, et peuvent provoquer une extension du catarrhe, avec raucité de la voix; ces faits expliquent donc cette opinion de Scudamore, tà savoir qu'un accès de goutte est parfois précédé de toux et d'hypersécrétion muqueuse delà trachée (2),

(1) On Gouly and some olhers forms of phlehilis, Saint-Bar Iholom. IIosp. Hep., 1866, t. II,' p. 83. (lleproduit aussi diins les Lei'ons de clinique chirurg., trarl. par le docteur Petit, 1877.)

(2j Scudamore, op. cit., pp. 17, 376.

2° BnoNCiiiTE CHRONIQUE. — Les recherches de Trousseau (1), de notre collègue le docteur Greenhow (2), et celles faites par d'autres observateurs, ont prouvé nettement que, dans beaucoup de cas, la bronchite chronique a la même pathogénie que la goutte et par suite procède d'un trouble fonctionnel du foie. La goutte et la bronchite sont trèscommunes dans une même famille. La goutte est on ne peut plus commune chez les bronchitiques, et ces deux maladies alternent souvent chez le même individu, la goutte disparaissant quand vient la bronchite et celle-ci cédant à l'apparition de la goutte; l'une et l'autre se trouvant bien du même traitement. On peut ajouter que les personnes qui n'ont jamais eu la goutte et qui ne sont pas de race goutteuse, mais qui sont sujettes à l'uricémie, sont également très-disposées à la bronchite.

3° Asthme spasmodique. — Bien que l'asthme spasmodique consiste essentiellement en une tendance morbide du système musculo-nerveux des divisions bronchiques à entrer violemment en activité, le stimulus de la contraction paraît chez quelques malades être d'origine toxique, ou être déterminé par la présence de quelque principe morbide dans le sang. « Lorsque, dit le docteur Todd, la materies morbi de l'asthme a été engendrée, elle a pour effet d'irriter le système nerveux, non pas en entier, mais dans certaines parties, telles que les nerfs qui président à la respiration, le pneumogastrique et les nerfs des muscles respiratoires, soit à leur extrémité périphérique, soit à leur extrémité centrale dans la moelle allongée et spinale (3). » La nature de cette materies morbi parait être bien analogue à celle de la goutte, et comme elle, provenir de troubles dans les modifications sanguines dont le foie est le siège principal. L'asthme, comme la goutte, est une m.aladie héréditaire : il est fréquent parmi les individus de souche goutteuse; chez le même individu il est souvent associé à la goutte, aux calculs biliaires ou autres troubles hépatiques; on, sait aussi que les attaques d'asthme alternent périodiquement avec les attaques de goutte. En outre, un accès d'asthme, de même qu'un accès de goutte, de vertige ou d'insomnie est souvent provoqué par une indigestion et par l'ingestion de certains aliments. Notre ancien collègue le docteur Hyde Salter, qui a jeté tant de lumière sur la pathologie de l'asthme, admettait que l'accès, dans les cas dont il s'agit, était déterminé par la « présence momentanée dans les vaisseaux des poumons (le principes provenant de l'estomac et des intestins (4) »; mais il me

(1) Op. cit., t. III, p. 341

(2) On Chronic DronchiUn, (59, p. 55.

(3) Médical Gazetle, doccmhrft 1850.

(4) On Asthma, 1860, pp. -iO, 117.

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